Czeiiny, Wien. Acad. Sitzwigsbciicht
site croissante, constata la destruction des bâtonnets et des cellules pigmentaires, puis celle des cellules visuelles, et finalement la transformation de toute la rétine en un tissu cicatriciel infiltré de pigment. Les lésions étaient les mêmes lorsqu'il interposait entre la lumière et l'œil un vase rempli d'eau, preuve que les rayons calorifiques n'ont aucune influence.
Les données physiologiques modernes sur le pourpre rétinien sécrété par l'épithélium pigmentaire, expliquent suffisamment les troubles fonctionnels et nutritifs de cet ordre.
Lorsque la lumière agit directement sur la macula, il s'ensuit un scotomc central qui se dissipe par le repos en partie ou en totalité : sauf dans les cas où il s'ajoute une apoplexie maculaire.
Contre le surmenage de la rétine, l'application d'un bandeau noir et le séjour dans une pièce obscure sont indispensables; ultérieurement on prescrira le port de lunettes fumées. S'il y a congestion du globe et des paupières, on pratique de légères saignées locales et l'on administre du calomel, de l'antipyrine ou d'autres agents analgésiques. Les courants continus et les injections de strychnine ne conviennent qu'à la fin, après disparition des signes réactionnels.
Les connexions du nerf optique avec les centres infra-corticaux et la moelle expliquent la communauté des affections qui atteignent ce vaste système.
Comme parmi les maladies qui vont nous occuper, les unes se traduisent par des signes ophtalmoscopiques et les autres par de simples troubles fonctionnels, force nous est d'établir deux groupes : le premier comprenant les lésions bien définies du nerf; le second, les états morbides désignés sous les noms vagues d'amblyopies et d'amauroses.
NÉVRITES OPTIQUES
Les inflammations du nerf optique sont rarement primitives; le plus souvent, elles dérivent de lésions intra-cràniennes ou orbitaires.
D'après leur siège, on les distingue en papiUites et en névrites rétrobulbaires.
Toutefois si, dans le premier cas, il s'agit nettement d'une inflammation localisée à l'extrémité périphérique, rien ne prouve que dans
NEVRITES OPTIQUES. 683
la névrite rétro-bulbaire la lésion ne remonte plus ou moins haut vers les centres. Cela est vrai en particulier pour certaines amblyopies toxiques.
A. — NÉVRITE INTRA-OCULAIRE OU PAPILLITE
L'inflammation de l'extrémité terminale du nerf optique revêt deux formes : la première caractérisée par le gonflement œdémateux de la papille et la dilatation variqueuse des vaisseaux centraux, appelée depuis Graefe papillite par étranglement ou par stase; la seconde où la simple hyperhémie domine, et que cet auteur envisageait comme une névrite descendante.
Bien que ces deux types ne soient pas toujours aussi tranchés, ils méritent d'être distingués, vu leur signification différente.
La papillite par stase est constituée par une hydropisie des gaines bien étudiée par Stelhvag1 et Manz2. Le liquide, habituellement clair et contenant peu de cellules, s'accumule au niveau du renflement terminal du nerf, qu'il fait doubler et parfois tripler de volume. Généralement bilatérale, l'hydropisie est inégalement répartie, ce dont on se rend compte, en liant le tronc nerveux avant de le couper; sans cette précaution, on pourrait conclure faussement à l'absence d'épanchement.
Tandis que la portion orbitaire apparaît saine, la papille fortement injectée proémine dans l'intérieur de l'œil, sous la forme d'un champignon strié de rouge et de blanc: ce qui s'explique par le gonflement œdémateux des fibres nerveuses et la distension des capillaires. A part l'engorgement des gaines périvasculaires par des cellules migratrices, le stroma de la papille ne présente au début aucune altération importante. Les fibres réduites à leur cylindre-axe sont augmentées de volume, étranglées par places, ce qui constitue la métamorphose dite gangli forme. Les parties renflées sont d'un blanc brillant et contiennent parfois des mollécules graisseuses, à quoi s'ajoutent des taches hémorrhagiques provenant de la rupture des capillaires.
A la seconde période, on trouve une infiltration de globules blancs et l'épaississement du stroma. La saillie du disque optique est à son maximum, et empiète sur la rétine principalement en haut et en bas dans le sens des vaisseaux.
Plus tard, les cellules immigrées s'organisent, deviennent fusiformes; les parois vasculaires s'épaississent, et l'on trouve tous les signes d'une endo-vasculite proliférante. Les fibres nerveuses s'atrophient à leur tour, même au delà des bords de la papille ; ce qui permet de porter le diagnostic rétrospectif de papillite par stase.