I. Stellwao, Traité d'ophtalmologie, II, p
•.'. JIasz, Sied. Cenlralb., 1870, et Deuisch. Arch. f. Med., 1871.
Lorsque la rétine participe davantage aux altérations, ses couches externes se détruisent; d'où il résulte des décollements partiels. Même à la période atrophique, le disque optique reste quelque peu. proéminent, et c'est alors aussi qu'il se produit une atrophie ascendante allant en décroissant jusqu'au chiasma.
Dans les formes mitigées, tous les caractères précédents sont moins accentués et l'affection revêt le type de la papillite simple.
Les signes ophtalmoscopiques correspondent à ce que l'anatomie pathologique nous enseigne. Forte saillie de la papille; distension excessive des vaisseaux enfouis dans la masse; bords absolument flous du disque optique: tels sont les caractères pathognomoniques. A la période d'atrophie, la papille s'aplatit et se décolore, principalement dans sa moitié temporale, et les vaisseaux, devenus filiformes, sont bordés d'un liséré blanc dû à la sclérose de leurs parois et à celle des fibres nerveuses adjacentes.
Dans la papillite simple, envisagée par de Grsefe comme une névrite descendante et par d'autres comme une périnévrite, l'aspect est différent. Ici, point de saillie notable; coloration uniformément rouge; peu ou pas de stase vasculaire et délimitation beaucoup plus nette des bords du disque optique. A la dissection,, les gaines sont congestionnées, souvent épaissies, et dans leur intérieur on trouve un léger exsudât granuleux contenant des cellules lymphoïdes, des détritus endothéliaux et parfois du sang. Dans certaines formes, celle d'origine syphilitique surtout, l'exsudat s'organise au point de représenter une pachyvaginalite véritable; alors la sclérose s'étend jusque dans les cloisons qui séparent les faisceaux nerveux.
L'atrophie des fibres par désagrégation des gaines myéliniques et des cylindres-axes en est la conséquence, ce qui donne à la coupe une couleur blanc mat. La papille n'est pas excavée et présente des bords nets; plus tard, de blanche elle devient souvent grise, par suite de la transformation cirrhotique du slroma. C'est là un point qu'il faut retenir, pour ne pas attacher une importance exagérée à la distinction entre les atrophies blanche et grise.
Les signes ophtalmoscopiques varient suivant la période et la marche aiguë ou chronique de la névrite. Dans la forme aiguë, une simple hyperhémie est la règle, et s'observe, d'après Allbut1, dans les trois quarts des cas se rattachant à la méningite tuberculeuse; à cela s'ajoute un reflet miroitant le long des vaisseaux, principalement des veines. Dans la forme chronique, la papille plus ou moins saillante revêt quelques-uns des caractères de la papillite par stase, sauf que la saillie esL moindre. A la période atrophique, elle s'en distingue
1. Allbut, On the use o'f Ihc ophth. in Deseases of the nerv. syst., p. 95, 1871.
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par la délimitation plus nette des bords, et l'absence de rétrécissement des vaisseaux.
Les symptômes fonctionnels de la papillo-nêvrile en général sont en rapport avec la nature et la gravité des lésions dont elle dépend. C'est ainsi que, dans celle par stase, la vision reste parfois indemne au début, et seul l'examen ophtalmoscopiquc nous en révèle l'existence. Inversement, il peut exister des troubles visuels d'origine centrale, alors que l'ophtalmoscope ne décèle rien du côté de la papille.
Sauf dans la période atropbique, le sens lumineux pour le blanc et les couleurs est à peine altéré. Souvent les malades accusent des sensations lumineuses entoptiques colorées ou blanches. Un signe de valeur est l'apparition d'une cécité périodique qui témoigne presque à coup sûr de l'existence d'un néoplasme intra-crànien ; dans certains cas, il s'ajoute du coma, des convulsions ou des paralysies; ensemble symptomatique décrit par Jackson1 sous le nom iïamaurose épilepti forme.
Comme caractères servant à préciser le siège de la tumeur, il faut noter la perte de l'odorat, la surdité et la paralysie de certains nerfs moteurs. Un œdème papillaire prononcé doit faire songer à un néoplasme; d'après les statistiques d'Annuski2 et de Reich3, sur 100 cas de tumeurs cérébrales, il n'y en avait pas moins de 95 où ce symptôme existait.
A la période atropbique, le champ visuel pour le blanc et les couleurs se rétrécit de la périphérie au centre, jusqu'à l'amaurose définitive. Cependant, on assiste parfois au retour de la vision, bien que la papille garde son aspect atropbique.
Le siège et la nature du néoplasme ne semblent pas exercer d'influence sur l'apparition de la papillite. C'est ainsi que des tumeurs du cervelet et de la convexité des hémisphères la produisent, au même titre que celles de la base.
Les néoplasmes les plus fréquents sont les sarcomes, le myxome, le gliôme, les gommes syphilitiques, les tubercules, plus rarement les kystes à entozoaires, les exostoses et les ostéites suppurées de la base. Parmi ces dernières, la plus commune est celle du sinus sphénoïdal souvent affecté dans le cours de l'ozène et autres maladies des fosses nasales. L'inflammation partie de l'os détermine une méningite basilaire plastique ou suppurative qui s'accompagne de papillite par stase des plus caractérisées. Il nous a été donné d'observer un fait de ce genre chez un adulte où l'on avait diagnostiqué, à cause
•1. Jacksos, Opht. H. 7Î., V, 1866.