‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 463 sur 547 · Pakinadd, Ann. d'ocul · texte numérisé non relu

Pakinadd, Ann. d'ocul

NEVRITES OPTIQUES. 689

jusqu'à L'extrémité du nerf optique et non d'une papillite. De son côté Ulrich' pense que l'œdème papillaire est la conséquence de l'hydropisic primitive de la gaine.

Deutsehmanir, sans nier l'épanchcment séreux des gaines, attribue le principal rôle à l'inflammation de l'extrémité périphérique du nerf, provoquée par la migration de germes pathogènes venus des méninges. Pour le prouver, il inocule du tubercule clans la cavité méningitique et, quelque temps après, il voit apparaître une papillite par stase des plus prononcées, alors qu'il n'obtient rien de semblable en poussant une grande quantité d'eau stérilisée dans le crâne. Pour lui, toute papillite. quelle qu'en soit la forme, serait d'origine infectieuse, et suivant qu'il s'ajoute ou non l'hydropisie des gaines, on a la papillite par stase dans le premier cas, et celle purement hyperhémique simple dans le second. Ce qui semble lui donner raison, c'est qu'entre ces deux types bien tranchés il en existe de mixtes; de plus, les altérations régressives éprouvées par le nerf sont toujours les mêmes, ou ne se distinguent que par des caractères ophtalmoscopiques peu importants. Sans doute, tout épanchement hydropique dans le crâne en exagérant la tension favorise la migration des éléments phlogogènes, bacilles ou autres, jusque dans l'extrémité terminale des gaines nerveuses, et exagère la stase veineuse; mais ce sont là des conditions secondaires, et par cela même sujettes à varier.

Les atrophies primitives de la papille ne se rattachent à aucun des processus précédemment énumérés, et l'on doit invoquer la compression directe, du nerf dans sa portion intra-crànienne par une tumeur, une exostose, ou, comme le veut Turk, la distension hydropique du troisième ventricule.

Le pronostic des papillites varie suivant les lésions dont elles dépendent. Toute chose égale, plus l'amblyopie et la réduction du champ visuel sont marquées, et moins on doit compter sur la guérison. Dans la période d'atrophie, la perte du sens chromatique, la décoloration totale de la papille et le rétrécissement des vaisseaux centraux ont une signification fâcheuse, et l'on ne doit plus espérer le rétablissement de la vue, sitôt que le disque optique subit l'atrophie grise.

Le traitement s'adresse à la lésion des centres, et pour être efficace doit être institué avant la phase d'atrophie. Seules les lésions syphilitiques gommeuses et certaines pachyméningites chroniques sont susceptibles de résolution, alors que les sarcomes et les tubercules font le désespoir du clinicien.

1. Ulrich, Arch. f. Auqenh., XVII, p. 30, 1886; XVIII, p. 259, 1887; XXII, p. 32, 1891.

Page 1