NÉVRITE BLENNORHAGIQUE
Une variété encore peu comme, et dont nous avons observé récemment un exemple, est la névrite blennorrhagiquc.
Le fait que la gonof.rhée est capable de provoquer des désordres médullaires a été noté depuis longtemps. Déjà, en 1803, Everardïïome1 rapporte l'observation d'un malade pris de sciatique et de spasme horriblement douloureux à retours offensifs, à chaque nouvelle poussée de sa blennorrhagie. Deux cas identiques furent signalés par Stanley2 et Gull chez des blennorrhagiques invétérés qui subitement furent pris d'élancements dans les membres inférieurs, avec paralysie complète de la moitié sous-ombilicale du corps. Ils moururent l'un au quinzième jour, l'autre au seizième, et à l'autopsie on trouva, chez le premier, la moelle entièrement ramollie jusqu'à la sixième dorsale; chez le second, une injection des méninges avec une grande quantité de liquide sous-arachnoïdien.
En 1866, Peter communiqua à la Société médicale des hôpitaux une ( bservation de sciatique double symptomatique. Pidoux cita également un cas de méningite spinale purulente, et Ricord affirma, sans autres détails, avoir vu une fois, pendant le cours d'une arthropathie blennorrbagique, une hémiplégie avec paraplégie qui semblait suivre la marche des épanchements articulaires. Ultérieurement parurent sur le même sujet la thèse inaugurale deTixier3, un mémoire deFournier4 et les thèses de MorcP, Delprat0 et Mesnet7.
Dans la Revue de médecine de 1888, Ilayem, Chavier et Février rapportent plusieurs cas de rhumatisme blennorrbagique, accompagnés de méningo-myélite grave, et en 1890 Dufour8 relate un nouveau fait.
1. Home, Praclical observations on ihe ireaiment of strictilres in the uretkra.
-i. Stanley, Med. Chir. Transact., XVII, p. 260, 1856.