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MESURE DE L'ACUITÉ VISUELLE V OU S

Dans l'évaluation de l'acuité visuelle, que Donders exprime par S et Snellen par V, il s'agit de déterminer le plus petit angle sous lequel les objets sont reconnus par un œil emmétrope ou rendu tel au moyen de verres correcteurs.

La valeur de cet angle minimum, dont Y acuité visuelle est nécessairement l'inverse, varie suivant un certain nombre de conditions, à savoir :

Le degré de transparence des milieux.

L'état de réfraction statique de l'œil.

Le plus ou moins de perceptibilité rétinienne, qui est à son maximum dans l'enfance, et va en décroissant avec l'âge.

Les variations de l'éclairage, dont l'action est des plus manifestes ; d'où le précepte de se servir d'une même source lumineuse, si l'on veut arriver à des résultats comparables.

Il va sans dire que tout obscurcissement pathologique des milieux réfringents exclut l'intégrité de l'acuité visuelle.

Pour ce qui est des divers étals de la réfraction statique, nous savons que les emmétropes et les hypermétropes aperçoivent les objets sous un angle visuel plus grand que les myopes munis de verres concaves.

Une fois les conditions qui précèdent établies, on s'adresse à des objets de dimensions voulues, en même temps qu'assez compliqués pour ne pas être devinés trop facilement. C'est ce qu'ont réalisé Sméc. puis Snellen et d'autres avec leurs échelles typographiques désignées sous le nom à'optotypes.

Celle de Snellen est la plus généralement employée. Les lettres d'imprimerie qui la composent offrent une épaisseur représentant le { de leur hauteur. Elles sont disposées suivant une progression croissante d'après la distance métrique à laquelle elles doivent être vues. Toutes sous-tendent invariablement un angle de 5' que Snellen envisage comme Yangle limite de la perceptibilité rétinienne. Les tableaux ainsi dressés portent les numéros 6, 9, 12, 18, 24, 56 et 60, destinés à être vus aux distances métriques correspondantes par un œil normal.

Dans la pratique, on commence par faire déchiffrer le numéro 6 de

l'échelle graduée, à 6 mètres de distance. Si l'individu supposé emmétrope ou rendu tel par des verres correcteurs lit couramment, il possède une acuité visuelle entière, qu'on exprime par la fraction f = I .

Inversement, si le sujet parvient à déchiffrer le numéro 6, à 7 ou 8 mètres, son acuité est en excès et a pour mesure i> = | et £.

Au lieu de faire varier la position du sujet, il est plus simple de lui présenter, toujours à la même distance de 6 mètres, des lettres de plus en plus grosses, telles que celles des numéros 9, 12, 18, etc., jusqu'à ce qu'il arrive à lire couramment. Dans ce cas, l'acuité visuelle est expriméee par f, ^, ■£$, etc., ce qui correspond auxf. -f-, {de l'acuité normale. En désignant par D le numéro des optotypes, par d la distance à laquelle l'individu parvient à lire, on établit la formule

générale v = -•

Pour les illettrés et les enfants, on substitue aux lettres des lignes disposées en carré, et ouvertes d'un côté. On demande simplement d'indiquer le sens de l'ouverture de chaque carré, qu'un intervalle blanc des trois cinquièmes de la hauteur sépare de ceux adjacents.

Une fois l'acuité visuelle pour les grandes distances déterminée, il reste à savoir si la lecture de près, alors que l'accommodation entre en jeu, se fait facilement. Des livres à optotypes, fondés sur le même principe que les pancartes murales, sont nécessaires.

L'édition de Jseger comprend vingt numéros pouvant être déchiffrés par un œil normal à 40 centimètres pour les plus petits caractères, et à 12 mètres pour les plus grands. Les premiers mesurent -^ de millimètre, les derniers 17 millimètres. Tous sous-tendent un angle de 5'.

Parinaud adopte l'angle unité de 4', et dispose 12 séries qui doivent être lues entre 0 ,25 et 7 mètres. Chacune d'elles est surmontée d'un chiffre exprimant l'acuité visuelle d'un œil donné pour la distance invariable de 0m, 25. Lorsque l'œil exploré ne commence à déchiffrer qu'à partir du numéro 10, on saura que l'acuité visuelle V se trouve réduite à -~.

Pour déterminer l'aptitude des conscrits au tir à la cible, Snellen, Longmore et Burchard ont confectionné des échelles composées de points dont le diamètre égale la distance qui les sépare. Ces points doivent être vus sous un angle inférieur à 6'.

En cas d'amblyopie forte, on se contente de faire compter au malade les doigts à des distances variables. Il est préférable de disposer d'un cercle brisé noir ouvert tenu à une distance invariable, et dont on rapproche ou l'on éloigne les deux extrémités.

La méthode subjective en général est passible d'un grave reproche, celui de s'adresser à la fois à la réfraction statique et à l'accommodation.

OPTOMETRIE ET OPTOMETRES. 119

S'il s'agit d'yeux amétropes, on commence par les corriger au moyen des verres, ou en usant du trou sténopéique, qui a toutefois l'inconvénient d'assombrir les images. L'acuité visuelle demande à être déterminée successivement sur chaque œil, attendu qu'elle peut varier de l'un à l'autre.

OPTOMETRIE ET OPTOMETRES

Partant du principe que l'œil emmétrope réunit en foyer sur sa rétine les rayons parallèles, que l'œil myope utilise ceux divergents et l'hypermétrope les convergents, on comprend qu'il suffise du jeu d'une seule lentille convexe pour déterminer la réfraction statique.

Suivant que l'objet visé occupe le plan focal principal du verre, qu'il est en deçà ou au delà, on disposera de rayons parallèles, divergents ou convergents, correspondant aux trois modalités de la réfraction.

C'est sur ce principe qu'est fondé l'optomètre de Badal, constitué par un tube en laiton de 50 centimètres de longueur et une lentille collective de 65 millimètres de foyer fixée à une égale distance de l'œilleton. Derrière la lentille se meut, à l'aide d'un pignon et d'une crémaillère, une plaque de verre dépoli portant à gauche une réduction photographique d optotypes de Sncllen, à droite à l'usage des illettrés, des figures de cartes à jouer, et au milieu un système de lignes parallèles pouvant servir à la mesure de l'astigmatisme. Une graduation extérieure du tube fait reconnaître l'emplacement qu'on imprime successivement à la plaque mobile de verre. Le zéro de la graduation qui est au milieu correspond au foyer principal de la lentille, par conséquent à l'emmétropie. En deçà, il s'agit de divisions correspondant aux rayons divergents, tels qu'ils conviennent à l'œil myope; au delà, de degrés en rapport avec des rayons convergents, et qui ne sauraient être utilisés que par l'œil hypermétrope.

A chaque déplacement du porte-objet de 4 millimètres, on a une dioptrie en plus ou en moins. L'échelle commence en arrière par -H 15 pour aboutir en avant à — 20, passant par 0. Ajoutons que sur la circonférence postérieure du tube se trouve la graduation de l'astigmatisme.

Pour déterminer l'acuité visuelle à l'aide de l'optomètre, Badal et Burchard font coïncider le foyer de la lentille avec le centre optique de l'œil. Il serait préférable, d'après Landolt, de le confondre avec le foyer antérieur de l'œil o placé à 15 millimètres en avant de la cornée. Delà sorte, l'angle visuel, et partant la grandeur des images rétiniennes, seraient les mêmes pour tout œil exploré, quel que fût sa réfraction statique.

L'optomètre d'Hirschberg diffère de tous les autres, en ce sens qu'il est fondé sur le principe de la lunette astronomique et par cela même composé de deux lentilles convergentes, l'une objective de 40mm,5 de loyer, l'autre oculaire de 27 milimètres. En faisant varier la distance des deux lentilles entre 60,5 et 82 millimètres, on obtient une myopie ou une hypermétropie comprise entre 0 et± 12,35 dioptries. L'espace entre les points extrêmes du parcours, qui est de 21mm,5 se trouve divisé en demi-millimètres correspondant à une demi-dioptrie. Pour s'en servir, on regarde avec l'instrument des échelles typographiques de Snellen à une distance de 5 à 6 mètres. Au point 0, les foyers des deux lentilles coïncident et les rayons émis sortent parallèles. Ils deviennent au contraire convergents ou divergents, suivant que l'on écarte ou que l'on rapproche l'objectif de l'oculaire. Cet optomètre essentiellement portatif et qui n'exige aucun dispositif spécial au point de vue des optotypes, offre la difficulté de la mise au point à cause de la graduation par | millimètres.

Partant de l'expérience bien connue de Scheiner, Thompson pratique sur un diaphragme opaque deux trous d'épingle séparés entre eux par un intervalle moindre que le diamètre de la pupille. En recouvrant l'un d'eux d'un verre rouge, l'individu qui regarde par les deux trous fixe une bougie placée à 5 mètres de distance. S'il est emmétrope, il la verra simple, tandis qu'elle sera dédoublée en cas d'amétropie; homonyme chez l'hypermétrope, elle sera croisée chez le myope. Comme l'espace de séparation croît nécessairement avec l'amétropie, on peut en déterminer de la sorte le degré.

Le défaut principal de ce procédé est la nécessité où l'on se trouve de tenir compte de la distance variable du plan de projection des images dédoublées.

Pour y obvier, Landolt a proposé de se servir d'un ophtalmoscope à réfraction dont on remplace le miroir par le diaphragme de Thompson, percé de deux petits trous de 0,5 de millimètre de diamètre et séparés entre eux par une distance de 4 millimètres. L'individu à examiner regarde, à travers, la flamme d'une bougie placée à 5 mètres. S'il est emmétrope, il la voit simple, et, en cas d'amétropie, elle apparaît dédoublée. On fait alors passer devant l'œil une série de verres jusqu'à ce que les deux images se fusionnent.

Signalons en terminant l'optomètre chromatique de Helmholtz.

Lorsqu'on interpose entre l'œil et la lumière du jour un verre violet foncé, celui-ci laisse passer les deux rayons extrêmes du spectre, le ronge et le violet. De même en recouvrant d'un verre bleu foncé, soit un trou, soit une fente sténopéique, éclairés par une flamme, seuls les rayons bleus et rouges traversent l'appareil. Pour que le phénomène apparaisse avec plus de netteté, on a soin d'interposer un verre blanc

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