‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 496 sur 547 · CrtARcoi, Gaz. des hôpitaux · texte numérisé non relu

CrtARcoi, Gaz. des hôpitaux

est le nystagmus lié aux mouvements volontaires des yeux, principalement pendant l'élévation e! l'abaissement.

Les paralysies musculaires associées, inconnues dans le tabès, sont communes et donnent au regard une expression hébétée ; seule l'ataxie héréditaire ou maladie de Friedreich offre quelque chose d'analogue. Par contre, les paralysies isolées sont rares et intéressent aussi souvent, sinon plus, la sixième paire que la troisième; la diplopie qui en résulte est peu accentuée, et pour la mettre en évidence il faut recourir à l'artifice du verre rouge.

D'après la remarque de Parinaud, les réflexes pupillaires tant lumineux qu'accommodateurs sont conservés, et c'est à peine si au début il existe une certaine inégalité des pupilles.

En fait d'association névropathique, on a signalé un léger embarras de la parole, qui devient scandée, la paraplégie spastique et parfois l'hémiplégie apoplectiforme.

Le diagnostic différentiel doit se faire avec le tabès et la névrite rétro-bulbaire toxique.

Les caractères précédemment indiqués concernant la conservation habituelle du champ visuel périphérique, le siège commun de l'affection sur un seul œil, et la marche par attaques successives avec retour intégral de la vision après un certain temps, suffisent pour distinguer l'amblyopie par sclérose de celle résultant d'une atrophie tabétique. Par surcroit, on tiendra compte du peu d'altérations du côté des papilles, de la conservation des réflexes pupillaires, du nyslagmus fonctionnel et du tremblement volitionnel des membres.

La névrite rétro-bulbaire aiguë à évolution rapide et sans signes ophtalmoscopiques au début, pourrait prêter à confusion. Mais en se rappelant qu'ici le scotome central est plus prononcé, souvent même absolu, la distinction sera facile. De même, dans l'amblyopie toxique pure, on tirera, parti de la bilatéralité du scotome, qui, d'après la statistique d'Uhthoff, est constante et n'a fait exception qu'une fois sur 158 cas.

En présence d'un rétrécissement périphérique du champ visuel, on pourrait hésiter entre la sclérose en plaques et l'amblyopie hystérique, affections qui parfois s'accouplent. La recherche d'autres tares de celte dernière névrose est alors nécessaire pour nous éclairer.

Sans entrer dans l'étude de l'étiologie de la sclérose en plaques, disons que, d'après Uhthoff, celte maladie serait deux fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme, et que c'est entre vingt et cinquante ans qu'elle sévit surtout.

Le pronostic est, à tout prendre, favorable, étant donné le rétablissement habituel de la vision.

Pour ce qui est du traitement, nous n'avons rien à ajouter qui ne

soit du ressort de la névrologie pure; c'est dire qu'il n'y a aucun moyen local à proposer.

AMBLYOPIES TOXIQUES

Les arnblyopies toxiques, reconnaissant pour cause l'action délétère de certains agents chimiques, particulièrement de l'alcool, du tabac et du plomb, méritent d'être classées entre les névrites optiques et les arnblyopies pures, dont celle hystérique est le type.

Il est à peu près certain qu'elles dépendent d'une phlegmasie chronique du nerf, peut-être aussi d'une modalité survenue dans les centres. Mais, vu la rareté des nécropsics complètes et la difficulté très grande de dévoiler la nature des lésions au microscope, nous ne pouvons rien affirmer quant à présent.

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