‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 495 sur 547 · Bouicli, Thèse de Paris, et Progrès médical · texte numérisé non relu

Bouicli, Thèse de Paris, et Progrès médical

9. Charcot, Phénomènes oculaires dans la sclérose en plaques et dans l'ataxie, forme fruste de la sclérose en plaques (Recueil d'ophtalmologie, 1887).

10. Uhtiioff, Sclérose en plaques et troubles oculaires, Berlin, 1889.

11. Weigert, Centralb. f. Algem. Pathol. u. Pathol. Anat., Iena, t. I, 1890.

En somme, ce qui semble dominer dans la sclérose en plaques, c'est l'hyperplasie du stroma, avec conservation des cylindres-axes et destruction de leur gaine myélinique. Le fait de l'intégrité habituelle de la papille, composée exclusivement de fibres cylindraxiales, confirme les résultats fournis par l'anatomie pathologique. Une autre preuve non moins convaincante est celle donnée par Charcot1 concernant la régénération des gaines myéliniques primitivement détruites, et le retour de la fonction visuelle momentanément troublée ou abolie. On comprend, d'après cela, que l'examen de la papille reste longtemps négatif: la décoloration, lorsqu'elle existe, n'est que partielle et limitée à la moitié temporale; les vaisseaux sont réduits et l'on aperçoit au-devant du disque optique une sorte d'exsudat nuageux. La teinte générale dans les cas avancés est d'un blanc jaunâtre, toujours avec prédominance du côté temporal. Le trouble visuel peut acquérir un degré prononcé alors que la papille est normale ou légèrement décolorée.

Les deux yeux ne sont pas fatalement atteints; l'amblyopie dure quatre à cinq mois au plus, et au bout de ce temps il survient une amélioration. Uhthoff, sur 100 observations, n'a signalé qu'un seul exemple de cécité permanente datant de six mois.

Charcot insiste sur l'apparition fréquente de perceptions lumineuses précédant les troubles de la vue. Ceux-ci consistent presque toujours en un scotome central relatif, rarement absolu, qui, d'après Uhthoff, se montre dans la moitié des cas sur un seul œil ; quand il est bilatéral, on le trouve également étendu à droite et à gauche. Très souvent il apparaît périodiquement pendant des mois et se répète plusieurs fois par jour, sans compromettre la vision d'une façon définitive. La fatigue corporelle ou toute autre cause déprimante physique et morale contribuent à accélérer les attaques.

Au niveau de la partie scotomateuse, la lumière blanche est généralement bien perçue, tandis que le sens chromatique est fortement compromis; le bleu et le jaune disparaissent les derniers.

L'acuité visuelle est réduite, et les malades se plaignent d'un nuage grisâtre plus ou moins foncé qui les empêche de distinguer les objets avec leurs contours nets. Le trouble peut survenir brusquement ou d'une façon progressive.

D'ordinaire, le champ visuel n'est guère rétréci périphériquement, ce qui tend à prouver que la lésion occupe le centre du nerf, mais sans se borner au faisceau maculaire seul comme dans l'amblyopie alcoolique. Lorsque par exception la partie excentrique devient défectueuse, c'est toujours par l'extension du scotome central.

Un symptôme pathognomonique que l'on rencontre 58 fois sur 100

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