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B. — AMBLYOPIE DIABÉTIQUE

L'amblyopie diabétique mérite d'être rapprochée de celle d'ordre toxique, non seulement à cause de la similitude des symptômes, mais aussi par l'action délétère qu'exerce sur la vision la présence dans le sang d'une grande quantité de glucose.

Comme dans l'amblyopie alcoolique, on retrouve le scotome central pour les couleurs et l'absence de signes ophtalmoscopiques marqués. Plus tard la décoloration de la papille apparaît sur la moitié temporale. La seule particularité à signaler, c'est qu'ici on rencontre plus souvent le scotome central absolu et le rétrécissement périphérique du champ visuel; preuve qu'il existe une atrophie plus étendue du nerf. Pour expliquer ce fait, on a invoqué la continuité d'action de l'agent toxique, alors que les buveurs et les fumeurs se trouvent à l'abri de l'intoxication au moins pendant le sommeil. On peut objecter à cela que la polyurie ou diabète insipide, s'accompagne parfois du môme genre d'amblyopie. Dans un cas de cet ordre relaté par de Grsefe, il s'ajoutait de l'hémianopsie hétéronyme, ce qui porte à penser que la lésion avait un siège basilaire.

Étant donné que l'amblyopie glycosurique s'attaque d'une façon très inégale aux deux yeux, on a supposé l'hémorrhagie des gaines; mais ce n'est là qu'une hypothèse, et il serait plus rationnel, croyons nous, d'admettre avec Th. Leber une altération du système nerveux central.

On ne possède qu'un seul examen anatomique, celui de Nettleship1 et Edmunds, concernant un individu de cinquante-deux ans, diabétique avancé et fumeur depuis son enfance. Les altérations du faisceau maculaire étaient les mêmes que sur la pièce de Samelshon. L'auteur anglais ayant observé une femme diabétique de trente ans atteinte du

1. Nettleship, Trans. of Ihe Opht. Soc. U. A'., 1881, I, p. 124.

même scotome chromatique, incrimine dans les deux cas la glycosurie.

Le diagnostic ne saurait être douteux lorsque l'analyse démontre l'existence du sucre dans les urines; c'est pourquoi il faut toujours procéder à cet examen chaque fois qu'on est en présence d'une amblyopie de cause indéterminée.

Le pronostic varie suivant les cas :

S'agit-il d'un simple scotome central relatif avec conservation des forces, on peut espérer la guérison, alors même qu'il existe une certaine décoloration de la papille. Par contre, lorsque le disque optique est entièrement décoloré, et surtout s'il s'ajoute un rétrécissement périphérique du champ visuel, l'état doit être considéré comme très grave.

A côté des moyens usités en pareils cas, suppression des aliments amylacés, administration de l'iodure et du bromure de potassium, nous croyons devoir recommander l'antipyrine, qui, à la dose de 4 à 5 grammes par jour, procure un abaissement rapide du sucre. Contre l'atrophie optique, ce sont encore les courants continus et les injections hypodermiques de strychnine qui fournissent les meilleurs résultats. Étant donnée l'influence du système nerveux sur la glycosurie, on conseillera au malade de mener une vie régulière et d'éviter toute secousse morale vive.

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