‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 500 sur 547 · Sahelhsos, Arch. f. Opht.. 1882, 1, p · texte numérisé non relu

Sahelhsos, Arch. f. Opht.. 1882, 1, p

5. ÏSettlesuip, Transacls of Ihe Ophlh. Soc. t. II. 1882. i. Yossids, Arch. f. Ophth., t. XXXIII, 3, p. 201.

5. Bunge, Ueber Gesichtsfcld u. Faserverlauf. im oplischen. Leitungs. Appâtai., 1884.

6. Uhthoff, Arch. f. Ophth., 1887, t. XXXII. i, p. 05. et t. XXXIII, i, p. 257.

7. Crisïiann, Vcber Intoxications. Amblyopic Inang. Dissei-t., Zurich, 1887.

présenté plusieurs attaques de délirium tremens avec attaques épileptoïdes. Les papilles se montraient décolorées dans leur moitié temporale et l'acuité visuelle était réduite au tiers, sans rétrécissement périphérique du champ visuel. A cause de l'état mental du malade, il avait été impossihle de savoir s'il y avait scotome central pour les couleurs. L'examen des pièces anatomiques colorées par le Weigert montra tout près du globe le faisceau maculaire atrophié et disposé sous forme de coin temporal périphérique. Vers le milieu de la portion orbitaire et au niveau du trou optique, le faisceau revêtait l'aspect

Fig. 157. — Coupe du nerf optique prés du globe.

AU, porlion atrophiée inféro-exlcrne teintée en sombre. — .10, coté supéro-inlerne du nerf, non altéré, eu clair. — S, gaine sclérale.

d'un disque central ovalairc, à grand axe vertical. Dans la portion intracrànienne, l'ovale à grand axe horizontal occupait le centre du donc nerveux, tandis qu'au voisinage du chiasma le faisceau atropliique devenait semi-lunaire, et, dans les bandelettes, de nouveau central. Le processus pathologique n'était pas partout le même : dans la portion intra-orbitaire, il y avait hyperplasie du tissu interstitiel avec prolifération des noyaux et une grande quantité de vaisseaux néoformés disposés parallèlement: du côté de la papille et de la rétine, seules les fibres nerveuses étaient intéressées.

Tout autres étaient les lésions en arrière du trou optique jusqu'au

AMBLYOPIES TOXIQUES.

chiasma et aux bandelettes. Ici, comme clans le cas de Vossius, l'altération se réduisait à une atrophie simple des fibres nerveuses sans aucune hyperplasie interstitielle, ni augmentation du nombre des vaisseaux. Chose importante, au milieu du tissu atrophié, on trouvait çà et là des fibres saines entourées de gaines de myéline.

De cette description, ainsi que de celles de Vossius et de Samelshon. il résulte que, dans l'atrophie alcoolique, il s'agit d'une lésion du stroma conjonctif; celle-ci se limite au faisceau maculaire formé comme on sait de deux ordres de fibres nerveuses chiasmatiques, les

Fig. 158. — Siège central de l'atrophie dans la moitié orbitaire postérieure du nerf; prédominance de la lésion du côté temporal.

unes croisées allant à l'hémisphère du côté opposé, les autres directes aboutissant à l'hémisphère du même côté.

Le siège périphérique de la névrite ressort clairement de la sclérose de toute la portion orbitaire, alors que dans le chiasma et les bandelettes, la simple atrophie descendante, due à l'étranglement du nerf au niveau du trou optique, domine.

Sauf dans certains cas exceptionnels, la marche de Pamblyopie est essentiellement lente. Ce n'est qu'au bout de plusieurs mois que l'acuité visuelle baisse, au point de ne plus mesurer que ~ ou jô de son chiffre normal.

Lorsque l'atrophie entraine l'amaurose totale, ou s'accompagne

d'un rétrécissement périphérique du champ visuel, on est en droit d'admettre une altération d'origine centrale, venant se surajouter à celle du faisceau maculaire.

Le diagnostic, grâce aux caractères précédemment indiqués, ne saurait être douteux, surtout si l'on se rappelle qu'il s'agit d'individus âgés faisant des excès d'alcool et de tabac ; seule la névrite rétro-bulbaire chronique pourrait en imposer. Pour Uhthoff, cette dernière se distingue par l'étendue du scotome souvent absolu, au moins au centre; Grœnouw ajoute le rétrécissement périphérique anguleux du champ visuel et l'atrophie précoce du disque optique. Dans le doute, le traitement peu efficace lors de névrite, aura une action rapide s'il s'agit d'amblyopie toxique pure.

Le pronostic est, à tout prendre, favorable. Il suffit la plupart du temps que le malade cesse ses habitudes alcooliques pour voir l'amblyopie se dissiper. L'existence d'un scotome central absolu ou d'un rétrécissement périphérique aggrave la situation.

Le traitement consiste avant tout dans la suppression de l'agent toxique. Pour atteindre ce but, le mieux sera de surveiller attentivement le malade, et de le placer au besoin dans un établissement spécial. On relèvera les forces digestives languissantes à l'aide d'un régime approprié, de la vie en plein air, de l'hydrothérapie, de la gymnastique et de l'administration de préparations toniques, principalement des amers. Contre l'atrophie, on aura recours aux injections sous-cutanées de strychnine, à la dose de 1 à 5 milligrammes par jour, que l'on suspendra sitôt l'apparition de crampes dans les membres.

L'application des courants continus n'est pas moins utile; on se servira de 6 à 9 éléments laissés en place pendant un quart d'heure, à une demi-heure au plus. Les électrodes seront placées sur les tempes ou encore le pôle positif sur les paupières fermées, et le négatif sur les parties latérales du cou. En cas d'atrophie prononcée, Le Fort a employé avec succès un seul élément de la pile de Daniell au sulfate de cuivre, à la condition de ne laisser passer qu'un faible courant, fournissant 1 volt 15. Pour éviter que l'oxyde de cuivre n'obstrue à la longue les orifices du vase poreux, le fabricant Morin conseille de plonger le bâton de zinc dans un mélange de Heur de soufre et de pierre ponce.

Samelshon, considérant que l'affection réside dans un processus cirrhotique ou scléreux du nerf, préconise l'iodure de potassium à la dose de 2 à 5 grammes par jour. Depuis longtemps nous employons avec succès une solution composée d'eau 500 gr., iodure de potassium 15 gr., biiodure de mercure 0,05 cent., à l'exemple de Schmidt- Rimpler qui, dans les cas de névrite rétro-bulbaire, dit s'être bien trouvé des frictions mercurielles.

AMBLYOPIES TOXIQUES. 723

Lorsqu'au début il existe un état congestif marqué de la papille et des phénomènes d'excitation générale, tels qu'insomnie et hallucinations nocturnes, on devra prescrire des sédatifs du système nerveux, le bromure de potassium, le chloral, le sulfonal et surtout l'opium.

Les saignées locales et les purgatifs, y compris le calomel, ne répondent qu'à des cas spéciaux, et doivent être employés avec la plus grande réserve.

A mesure que l'amélioration s'accentue, on voit le scotome central se rétrécir, puis disparaître, et l'acuité visuelle remonter. Il faut toutefois se mettre en garde contre les supercheries des malades qui, dans le désir d'échapper aux rigueurs du traitement, ont de la tendance à nous tromper.

Page 1