Sciiroder, Arch. f. Opht., XXXI. 1, p
AMBLYOPIES TOXIQUES. 725
Dans certains cas, il s'ajoute un scotome central pour le blanc et les couleurs, ce qui témoigne de la participation du faisceau maculai re. Une névrite rétro-bulbaire pure sous ses deux formes, aiguë et chronique, est fort rare (Stood1), tandis que la paralysie de l'un ou des deux droits externes s'observe souvent. Le pronostic de cette variété n'est réellement grave qu'à la période d'atrophie, et au début le traitement du saturnisme est efficace.
La troisième forme consiste en une rétinite albuminurique développée sous l'influence de lésions rénales. En pareils cas, l'amblyopie ne dégénère en perte totale de la vue qu'autant qu'il se joint de la névrite.
On est encore peu fixé sur le mode d'action du plomb. Il est certain que les paralysies sensitivo-motrices et l'atrophie optique méritent d'être rattachées à l'action délétère de cet agent sur le système nerveux. Leber pense que le manque d'excrétion par les reins devenus malades provoque une accumulation de plomb dans le sang et active ainsi les effets toxiques. Du'montpallier, Renaud et Vulpian2 ont trouvé des traces de ce métal dans le cerveau et la moelle. De leur côté, Jaccoud3; Weber (l. c.) et Stood (/. c.) admettent l'action spastique du poison sur la musculature des artères. Kussmaul et Maier*, également partisans de la théorie vasculaire, incriminent la périartérite et la dégénérescence hyaline des vaisseaux.
L'amaurose transitoire, qui débute brusquement et disparaît de même, fait exception. Hirschberg5, Haase6, Hirschler7 et Gunsburg (/. c), en tenant compte des autres signes cérébraux, céphalalgies, coma, convulsions, et de la présence de l'albumine avec tubes épithéliaux dans les urines, l'attribuent à l'urémie symptomatique des lésions rénales déterminées par le plomb. Même origine en ce qui concerne la rétinite albuminurique, qui par exception existe sans urine albumineuse, ainsi que cela a été établi par Lehmann8.
De tous les moyens mis en usage contre l'amblyopie saturnine, l'iodure de potassium, seul ou combiné au mercure, en frictions ou injections hypodermiques, a fourni les meilleurs résultats. A la période d'atrophie, alors même qu'on ajoute l'électricité et les injections de strychnine, on ne saurait espérer que des améliorations relatives. Hirschberg s'est bien trouvé de la pilocarpine; Breuer9, des