Bull, Amer. Journ. of Med. Sciences, 1877, p
AMBLYOPIES TOXIQUES. 729
maladie, ce qui, pour lui, est caractéristique. Le champ visuel était faiblement rétréci pour le blanc et les couleurs, excepté dans les cas relativement rares terminés par atrophie.
Outre la forme clinique précédemment décrite, il en admet une autre qu'il dit avoir rencontré dans { des fièvres tierces. Elle est caractérisée par l'hyperesthésie rétinienne avec photopsie et scolome maculaire relatif. A l'ophtalmoscope, on constate une hyperhémie du disque optique et de. la rétine avec léger brouillard vitréen, rappelant celui de la myopie progressive.
Les lésions anatomiques consistent en une accumulation de globules blancs dans l'intérieur des capillaires, ce qui explique les extravasalions sanguines et séreuses au milieu des éléments nerveux et autour des vaisseaux. Poncet a rencontré des altérations analogues dans la choroïde et la partie ciliaire de la rétine.
D'après ce qui vient d'être dit, le diagnostic ne saurait être douteux. Seules, les formes larvées de l'impaludisme pourraient être méconnues; mais il suffit d'être averti pour éviter l'erreur.
Le traitement n'est autre que celui de l'affection paludéenne. Le quinquina, la quinine, l'arsenic, les amers, l'hydrothérapie, le tout aidé d'une bonne hygiène et, au besoin, du changement de climat, procureront presque toujours la guérison.
S'il s'y joint de l'albuminurie ou des altérations de la rate, on devra instituer une médication appropriée.
F. — AMBLYOPIES TOXIQUES DIVERSES
Nous étudierons brièvement un certain nombre d'arablyopies toxiques peu communes, mais dont la connaissance est importante au point de vue du diagnostic différentiel avec les autres variétés.
Il existe actuellement une douzaine d'observations d'amblyopie par le sulfure de carbone. D'après Galemaerts', c'est surtout dans l'industrie du caoutchouc qu'on la rencontre.
La forme chronique, qui est la plus fréquente, se caractérise par un scotome central avec achromatopsie, sans lésions ophtalmoscopiques apparentes. Chez un malade que nous avons observé, jeune homme de seize ans, il s'ajoutait la décoloration de la moitié temporale de la papille; dans le cas de Hirschberg2 on voyait au niveau de la macula des nodules réfléchissant fortement la lumière, et dans celui de Dumont3 le sens des couleurs était conservé. Fréquemment on a