Kuel, Wecker et Landolt, t. III, p
Uasthénopie nerveuse a pour caractère fondamental de s'accentuer, à mesure que le malade fixe les objets. En explorant alors attentivement le champ visuel supposé normal, ou, ce qui est plus commun, légèrement rétréci, on constate le déclin progressif de la vision dans les divers méridiens.
Lorsqu'au contraire on laisse l'œil se reposer vingt minutes ou une demi-heure, et que l'on procède à un nouvel examen, on voit, ainsi que l'a noté Wilbrand, les méridiens surmenés reprendre leur fonctionnement physiologique, avec cette particularité que le retour à la vision se fait toujours du premier méridien exploré au dernier. On obtient le même résultat en commençant l'expérience par n'importe quel méridien, preuve qu'il s'agit de purs troubles fonctionnels.
Ordinairement il s'ajoute de la migraine avec scintillements, des névralgies oculaires et péri-orbitaires, de l'éblouissement, parfois une diploplie passagère et de l'insomnie.
En présence de ces signes on a songé à AeYhyperesthésie rétinienne, bien qu'il ne soit nullement démontré que la rétine soit en cause plutôt que toute autre partie du tractus optique.
L'examen à rophtalmoscope est toujours négatif, à moins qu'on ne veuille tenir compte d'un faible degré de congestion signalé ça et là.
Il est des cas où, des le début, il survient un affaiblissement de l'acuité visuelle et même de la dyschromatopsie ; à la parésie ou à la crampe accommodalive s'ajoutent le spasme de l'orbiculaire, un léger ptosis et aussi de la diplopie monoculaire, très bien étudiée par Parinaud. Même alors, la pupille conserve sa réaction physiologique, preuve que la lésion siège en arrière des centres réflecteurs.
Généralement l'asthénopie est bilatérale et toujours plus prononcée sur un œil. Sa marche est sujette à des variations nombreuses, particularité importante au point de vue du diagnostic. Malgré la longue durée de l'affection, le pronostic en tant que conservation de la vue reste favorable.
Le spasme et la parésie du muscle accommodateur ont été décrits sous les noms divers de kopiopie hystérique (Fôrster), de douleur oculaire hystérique (Schenkel), A'hyperesthésie du muselé ciliaire (Nagel) et à' accommodation douloureuse (Donders); ious font ressortir les sensations pénibles accompagnées de photophobie qu'éprouve le malade.
Les douleurs siègent dans l'œil et au pourtour de l'orbite, mais sans points névralgiques au niveau de l'émergence des nerfs. Les malades, des femmes pour la plupart, se plaignent de brûlures et de tension intra-oculaire; à l'approche des règles, tous ces symptômes s'aggravent. Après une durée de quelques heures, d'une journée au plus, les douleurs et la photophobie s'amendent, pour s'exaspérer à