PANA
nouveau avec une ténacité désespérante. Ce n'est qu'à la longue et par les progrès de l'âge que l'application au travail devient possible.
Chibret et Augiéras1 se sont occupés spécialement des troubles asthénopiques du jeune âge. Plus de la moitié des cas, 66 pour 100. ont été observés de dix à vingt ans, principalement chez les filles. L'amplitude accommodative oscillait entre 2 et 5D, l'acuité et la réfraction restant normales ou à peu près. Souvent ils ont constaté un notable degré d'inertie dans la réaction de la pupille à la lumière incidente. La durée de l'affection est longue et l'examen de l'étal général leur a fait découvrir des tares nerveuses, pouvant se rappor- ' ter à l'hystérie.
Les verres amendent les troubles accommodateurs, mais sans les faire disparaître. Quant aux douches, à l'électricité, aux exercices corporels et aux antispasmodiques, ils sont peu efficaces.
L'amblyopie et Yamaurose hystériques ont été bien étudiées par Charcot et ses élèves. Elles se lient de préférence aux formes graves de la névrose, bien qu'on puisse en observer des exemples chez des jeunes femmes n'offrant qu'une susceptibilité nerveuse. Elles procèdent par attaques précédées le plus souvent d'une aura ayant pour point de départ habituel l'ovaire. La pression sur les annexes de l'utérus peut les faire apparaître, et d'autres fois les atténuer, ou même amener leur disparition complète.
Les malades présentent en outre de l'analgésie ou de l'hémianesthésie, y compris la conjonctive et la cornée. L'odorat, le goût, l'ouïe, peuvent être intéressés, et la force musculaire est affaiblie du même côté. Il n'est pas rare d'observer des troubles gastriques, la perversion du goût et des insomnies persistantes. Une seule fois Kramer9 a noté l'aphasie, à laquelle succéda quelques jours après du bégaiement.
Au début, l'amblyopie, ordinairement unilatérale, se caractérise par le rétrécissement prononcé du champ visuel pour le blanc et les couleurs. Ce rétrécissement est régulièrement concentrique de la périphérie au centre, et, lorsqu'il est bilatéral, le même pour les deuxyeux. C'est toujours le bleu et le violet qui se perdent tout d'abord, puis viennent le jaune et le vert, enfin le rouge, qui persiste seul pendant très longtemps. D'après Déjerine et Tuiland3, ce mode de disparition des couleurs ne s'observerait, en dehors de l'hystérie spontanée ou traumatique, que dans la syringomyélie. Lorsque à un stade plus avancé l'amblyopie devient double, elle garde une certaine prédominance pour l'œil du côté hémianesthésique, où' le rétrécissement peut envahir la totalité du champ visuel.