Verrey, Arch. d'opht., 1888, p
AMBLYOPIE ET AMAUROSE DITES FONCTIONNELLES. 1kl
sèment circulaire partiel ou total de la périphérie du champ visuel, avec conservation des parties intermédiaires. D'après Wemiche, la symétrie de ces scotomes ne se montre que vers leur limite méridienne ; dans le reste de leur contour, l'asymétrie est la règle. Comme dans l'hémianopsie typique, on a ici affaire à des ictus apoplectiformes d'intensité moindre qui passent souvent inaperçus.
-2. — HÉIVIIANOPSIE HÉTÉRONYME TEMPORALE
Comparativement au type précédent, l'hémianopsie hétéronyme ou incongrue est rare; tout au plus en rencontre-t-on, d'après Mauthner, un cas sur cent. Elle se caractérise par l'obscurcissement des deux parties temporales des champs visuels droit et gauche. L'hémiamhlyopie ou l'hémiamaurose peuvent être considérées dès lors comme appartenant de préférence aux deux faisceaux entre-croisés des bandelettes optiques.
Les particularités à noter sont : l'asymétrie du scotome pour les deux yeux, la coexistence fréquente d'un rétrécissement périphérique de la partie du champ visuel restée normale et l'apparition plus précoce des troubles sur un œil, ce qui contraste avec la bilatéralité du scotome dans l'hémianopsie homonyme apparaissant simultanément des deux côtés.
Au déhut, il s'agit d'une lacune qui, située latéralement en dehors du point de fixation, gagne rapidement la moitié temporale du champ visuel. D'autres fois, l'affection s'annonce par unecécité complète laquelle rétrocède et aboutit à une hémianopsie temporale. Toujours est-il qu'à l'inverse de la variété homonyme, celle-ci offre une tendance marquée à envahir la totalité du champ visuel binoculaire et à se terminer par atrophie optique. On a également signalé la fréquence de diverses paralysies motrices des muscles de l'œil, tenant au siège de la lésion près du chiasma. Il n'est pas rare non plus de rencontrer la glycosurie ou la polyurie.
Lorsque l'hémianopsie hétéronyme est transitoire, elle a été rattachée sans preuves suffisantes à l'hystérie, comme dans les faits cités par Galezowski, Rosenthal et de Wecker.
A part certains cas exceptionnels, la marche est fatalement progressive. Des retours offensifs, après une période d'accalmie, sont toujours à craindre.
Dans deux autopsies publiées, l'une par E. Millier', l'autre par Sœmisch2, il s'agissait de sarcome comprimant le chiasma. Chez le