‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 539 sur 547 · Kodbli, Revue russe d'opht., juin · texte numérisé non relu

Kodbli, Revue russe d'opht., juin

Reich1 observa de l'érythropsie qui, deux à trois mois plus tard, se transforma en xantho-cyanopie, laquelle disparut à son tour complètement au bout de huit mois.

L'apparition de la vision rouge, chaque fois que l'individu passe d'un endroit fortement éclairé dans une obscurité relative, concorde avec la fréquence des attaques d'érythropsie vers le coucher du soleil. Rappelons à cet égard le fait observé la veille de la Saint-Barthélémy par Henri IV et le duc d'Alençon jouant aux échecs. Les deux joueurs, placés à côté d'une fenêtre éclairée par le soleil, virent à plusieurs reprises des taches de sang sur l'échiquier; cette particularité s'explique parle phénomène de contraste simultané.

Chibret pense que si les yeux aphakes sont plus exposés à l'érythropsie, c'est qu'ils sont plus facilement éblouis et perçoivent avec plus d'intensité les rayons actiniques et la partie froide, vert violacé, du spectre. D'après lui la vision rouge serait l'expression de la fatigue de la rétine par les vibrations ultra-violettes.

Les avis sont partagés sur le siège des phénomènes de l'érythropsie. Chez les nerveux, Benson et Dimmer2 admettent qu'il s'agit d'un trouble central d'ordre psychique; mais, comme les causes provocatrices sont les mêmes que celles signalées plus haut chez les aphakes, il y a lieu de penser que la rétine hyperesthésique et surmenée en est le siège principal. Telle est du reste l'opinion de Hirschler,PurtscheretHilbert.

Cyanopsie. — La xanlhopsie, la chloropsie et surtout la cyanopsie constituent des raretés. Pour ce dernier défaut de perception chromatique, nous ne connaissons que les cas de Szokalski3, Hirschberg4, Baas5, Rosenthal6 etHilbert7.

Le malade de Szokalski, sujet à des congestions céphaliques, apercevait les objets en jaune toutes les fois que ses yeux étaient vivement impressionnés par la lumière du jour; bientôt il les voyait dans leur couleur normale, puis teintés en bleu.

Dans le cas de Ilirschberg, il s'agissait d'un homme de cinquantecinq ans, goutteux et irritable. Après une iridectomie antiglaucomateuse, il survint, un an plus tard, de la cyanopsie qui dura plusieurs mois.

L'observation de Baas est relative à une forme larvée de fièvre intermittente. La vision bleue se montrait tous les deux jours, et dis-

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