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Bjemium, Édit. allemande, Leipzig

SKIOPOSCOPIE. 133

clair ou sombre d'après le degré d'inclinaison du miroir, mais le phénomène de l'ombre fait défaut. C'est là ce que l'on est convenu d'appeler le point neutre que l'on retrouve lorsqu'on se sert du miroir concave. Nous en donnerons plus loin l'explication.

Pour un œil myope de plus d'une dioptrie, l'ombre fournie par le miroir plan tenu à 1 mètre de distance se meut en sens opposé de l'ophtalmoseope, et cela d'autant plus vite que la myopie, est faible. Le croisement dont il s'agit tient à ce que notre œil perçoit non la partie éclairée de la rétine, mais son foyer aérien, que nous supposerons se déplacer de L' en L".

Une fois la myopie reconnue, il reste à en déterminer le degré. Pour cela, on place devant l'œil exploré sur la monture d'essai, des verres concaves de plus en plus forts jusqu'à ce qu'on assiste au phénomène du point neutre. En supposant qu'il ait fallu une lentille de — 5, on en conclut à une myopie de 4L1. En effet, puisque le verre a laissé subsister 1 D négative, en l'ajoutant on a 5 H- 1 = 4.

On obvie à la gène qui résulte du reflet du miroir sur le sommet de la cornée, en invitant le malade à regarder de côté ou en se plaçant dans une direction un peu oblique. Il ne faudrait pas toutefois s'écarter trop du centre, vu que la réfraction des méridiens change à mesure que l'on se rapproche de la périphérie.

On neutralise autant que possible le jeu de la réfraction du patient, en l'engageant à regarder au loin.

Le fait que grâce aux verres on transforme toute myopie forte, en M = 1 D, permet à l'observateur placé à un peu plus de 1 mètre de saisir les moindres écarts du punctum remotum. Le point neutre serait-il réellement en deçà ou au delà d'une quantité ne dépassant pas 10 à 20 centimètres, que l'erreur oscillerait entre -^ et ■§■ de D, ee qui est peu de chose. En procédant à la détermination du point neutre sans verres correcteurs, on risque dans les degrés élevés de myopie de se tromper beaucoup, vu le peu d'écart d'un remotum à un autre.

Lorsqu'un rétrécissement pupillaire prononcé, comme cela se rencontre chez les tabétiques et les individus fortement presbytes, rend l'exploration difficile, on doit recourir aux mydriatiques.

Dans Phypermétropie et la myopie forte le reflet de la pupille est beaucoup plus faible que dans l'emmétropie. Cela tient à ce que les cercles de diffusion sont grands proportionnellement à la petitesse de l'angle visuel sous lequel apparaît la pupille. L'application d'un verre correcteur donne aussitôt à cet orifice un vif éclat.

Le fait du déplacement beaucoup plus lent des ombres dans les forts degrés d'amétropie que dans ceux faibles et dans l'emmétropie, tient à ce que plus le remotum est éloigné, plus l'image est grossie et les mouvements parallactiques étendus.

Tout ce qui vient d'être dit s'applique exactement à la détermination de l'hypermétropie, à cette différence près qu'au lieu de verres correcteurs concaves on en interpose de convexes, jusqu'à transformer l'hypermétropie en myopie H- 1D. Si le verre est de 5D, par exemple, l'œil exploré possède 5 — 1 = 2D d'hypermétropie.

Le miroir concave contrairement au plan possède un foyer qui devient la source éclairante pour l'œil observé. Comme ce foyer se déplace dans le même sens que le miroir, l'inverse se passe sur la

rétine de l'individu exploré.

Le contraire n'arrive que lorsque le fond de l'œil du patient se trouve au devant du foyer du miroir.

Avec le miroir concave de 25 centimètres de foyer tenu tant soit peu au delà d'un mètre, on voit à chaque inclinaison de celui-ci une ombre pupillaire qui se déplace en sens inverse.

Cela résulte de ce que le foyer, situé en L' lorsque le miroir est tenu dans la position 1, se porte en L" avec l'inclinaison 2. Dès lors, l'image lumineuse rétinienne s'achemine vers l" pendant que /' s'obscurcit.

Dans toute myopie supérieure à 1D, l'observateur Fig. 64. ' perçoit le foyer conjugué

antérieur de .l'œil, et comme ce foyer marche dans le sens de celui du miroir concave, de m en ni', l'ombre pupillaire se trouve nécessairement inversée, autrement dit, elle se déplace dans la même direction que le miroir. Ce n'est qu'avec la myopie de 1 D que nous atteignons le point neutre.

Pour comprendre ce qui se passe alors, quelques explications sont nécessaires. Nous avons dit que, lorsque le punctum remotum correspond au plan pupillaire de l'observateur, la pupille de l'observé apparaît uniformément claire, tant qu'elle est traversée par les rayons incidents. Son éclat décroit progressivement à mesure qu'on tourne le miroir pour disparaître finalement tout à coup, sans jeu d'ombre et de lumière. L'observateur 0 en explorant l'oeil P accommode pour le plan

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