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SPASME DE L'ACCOMMODATION. — MYOTIQUES

et Frankel l'ont vu survenir après une paralysie du grand sympathique cervical, et Stiliing dans le cours d'une fièvre intermittente.

Le traitement consiste à combattre la cause présumée, cl à prescrire en môme temps l'usage de l'atropine en collyre ainsi que le repos des yeux. De plus, il faut attacher une attention particulière à tout ce qui touche à l'amétropie statique et à l'insuffisance des muscles droits, en donnant au malade, après atropinisation prolongée, des verres appropriés.

Comme nous l'avons dit plus haut, ce spasme du muscle ciliaire peut être produit artificiellement par certaines substances, que l'on appelle myotiques.

L'alcaloïde extrait de la fève fie calabar, connu sous le nom de physostigmine ou ésérine, eu constitue le prototype. La calabarine n'est en réalité qu'un produit de décomposition de l'ésérine, dont elle se distingue par son insolubilité dans l'éther et une altérabilité moindre.

Le sulfate d'ésérine est généralement employé dans la pratique eu solution aqueuse de 1, '2 à 5 pour 100. Mais, comme il se décompose en partie sous l'influence de l'air et d'autres agents chimiques en rubrescéine, substance ne possédant aucune action myotique, il serait préférable de le remplacer par le salicylate d'ësérine de Merk, moins irritant et plus stable.

Outre son action sur la pupille qu'elle rend rapidement punctiforme, l'ésérine agit sur l'accommodation.

D'après Doyer, un individu soumis à. une instillation d'ésérine au 100e avait avant l'expérience :

d'où : «=8D.

Au bout d'un quart d'heure, le maximum de l'action myotique étant atteint, il y avait :

donc : a = 17,5 !).

Après une heure et quart, le punctum remotum ayant repris sa position normale, le maximum d'accommodation était encore :

d'où a = 12,5D.

Cette crampe accommodative allait en décroissant par la suite, bien que le myosis pupillaire continuât à subsister après 72 heures.

Une solution très atténuée t , * „ „■ détermine encore du myosis, mais

sans exercer aucune influence sur le muscle accommodateur. Ce n'est qu'avec la proportion de -^ que le punctum remotum commence à se rapprocher. Une propriété importante et que partage à un moindre degré la pilocarpine est celle de l'abaissement du tonus de l'œil. Pour la plupart des auteurs, cela tient au dégagement de l'angle de fîltration par le fait du myosis, alors que pour C. Staderini1 il faut invoquer le déplissement des cryptes de l'iris qui servent à l'excrétion des liquides ainsi que des poussières injectées dans la chambre antérieure.

La pilocarpine, retirée du jaborandi en 1875 par Hardy, s'emploie à l'état de chlorhydrate, de nitrate ou de salicylate. Son action sur le muscle ciliaire est la même que celle de l'ésérine, à la condition de se servir d'une solution deux fois plus forte. Elle atteint son maximum au bout de 50 minutes, et n'agit guère plus de 24 heures sur la pupille et de 2 heures sur l'accommodation.

La muscarine, extraite de Vamanita muscaria, possède, d'après les expériences de Krenchel, une action très inconstante sur la pupille; contrairement aux autres myotiques, elle agit d'abord sur l'accommodation. Cinq à dix minutes après l'instillation d'une solution de 1 à 5 pour 100, le spasme accommodatif commence. Il atteint son maximum entre 15 et 30 minutes et cesse aubout de 2 heures environ. Le premier effet de cette substance est de tétaniser le muscle ciliaire, d'où il résulte que r se raccourcit notablement, sans que;} se rapproche d'une façon sensible. Aussi l'amplitude d'accommodation n'est jamais complètement abolie.

Tous les myotiques nous font paraître les objets plus grands qu'ils ne le sont en réalité. Cette mégalopsie dépend de ce que, le muscle ciliaire n'agissant plus dans la vision de près, les objets sont supposés plus éloignés, et par conséquent agrandis. Il s'agit d'une erreur de jugement et non d'un agrandissement véritable des images rétiniennes.

Disons enfin, que l'action des myotiques sur le muscle ciliaire, indépendante de celle exercée sur le sphincter de l'iris, subsiste dans les cas d'aniridie.

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