‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 96 sur 547 · Wedl, Atlas d. Auges, pi. V, f. 47, 1S · texte numérisé non relu

Wedl, Atlas d. Auges, pi. V, f. 47, 1S

larisation prononcée de la cornée, alors que la photophobie et les autres signes réactionnels restent au second plan.

A part une sensation de chaleur, de gravier, et un larmoiement parfois abondant, rien ne rappelle les souffrances vives qu'accusent les individus atteints de kératite phlycténulaire. C'est à peine s'il existe une faible sécrétion muqueuse.

Tout au contraire, l'acuité visuelle devient rapidement défectueuse, au point de se réduire à la simple perception de la lumière.

Comme le pannus est presque toujours consécutif à d'autres lésions, la première indication à remplir consiste à s'adresser aux causes qui lui ont donné naissance. C'est ainsi qu'on s'attaquera aux granulations, à la kératite phlycténulaire, au trichiasis, à l'entropion et à l'ectropion. Lors de pannus sarcomateux, cela ne saurait suffire, et il convient de s'adresser à la lésion cornéenne elle-même. D'une façon générale, il vaut mieux s'abslenir des caustiques. L'emploi du mélange d'une partie d'essence de térébenthine et de deux parties d'huile d'olive, préconisé par J.-J. Chisolm1, n'est pas exempt de dangers.

Dès 1862 Fournari proposait contre le pannus la tonsure de la conjonctive bulbaire, opération appelée depuis péritonite ou syndectomie. C'est là une pratique excellente, qu'on ne saurait trop recommander. L'auteur italien faisait du reste suivre la tonsure d'une cautérisation vigoureuse au crayon de nitrate d'argent. Pour que cette méthode soit efficace, on ajoute l'application de compresses chaudes souvent renouvelées. En amenant la fonte suppurative du tissu pathologique, elles contribuent puissamment à la résorption, pourvu qu'on en prolonge l'emploi.

Pour Fournari et la plupart des opérateurs, on doit exciser la conjonctive sur une largeur d'au moins cinq millimètres, y compris le tissu épiscléral.

Ce procédé a l'inconvénient de sacrifier inutilement une partie de la muqueuse presque toujours rétractée. Aussi préférons-nous la détacher simplement du pourtour de la cornée, puis abraser l'épisclèrc sous-jacent dans toute l'étendue du large sillon mis à nu.

L'expérience clinique nous a appris qu'on obtient le même résultat qu'en retranchant une portion de la conjonctive.

Malgré l'efficacité incontestable de la péritomie, il est des cas, principalement ceux de pannus sarcomateux, où elle échoue. C'est alors que d'autres moyens ont été mis en œuvre : la cautérisation péri-cornéenne ignée, le jéquirity et l'inoculation blennorrhagiquc. Pour la péritomie ignée, nous ne saurions la préconiser, vu qu'elle ne vaut pas mieux que celle précédemment décrite.

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