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J.-J. Chisolm, Ami. d'ocul

ULCERE TRANSPARENT DE LA CORNEE. 231

En ce qui concerne le jéquirily, avec la plupart des observateurs nous lui reconnaissons une action indéniable sur le pannus sarcomateux. Nous en dirons autant de l'inoculation blennorrhagique pour certains cas exceptionnellement invétérés et graves. Nous nous [imposons d'en parler longuement à propos de la conjonctivite granuleuse.

Les collyres ne sont indiqués que s'il survient des poussées glaucomateuses, ce qui est rare, ou lors de complications du côté de l'iris. Dans le premier cas, on recourra aux myotiques; dans le second, aux mydriatiques .

Une fois la guérison du pannus obtenue et la dévascularisation à peu près complète, il subsiste, avons-nous dit, des plaques selérosiques opaques qui nuisent considérablement à la netteté de la vision et réclament l'iridectomie.

Cette opération, faite au niveau de la partie restée transparente, a non seulement pour but de créer une pupille artificielle et d'améliorer la vue, mais encore de favoriser l'éclaircissement des opacités. Une autre indication découle de la nécessité de parer à des accidents glaucomateux, alors surtout que l'emploi longtemps prolongé des collyres myotiques a été impuissant à les faire disparaître.

Grâce à la mise en œuvre de tous ces moyens thérapeutiques, on obtient le plus souvent la guérison, et l'on s'oppose, dans la mesure du possible, à la production de staphylomes dont les suites sont désastreuses.

Sous cette dénomination, on décrit une forme de kératite caractérisée par la présence au centre de la cornée de dépressions cupuliformes, en général transparentes, qui semblent résulter de la disparition partielle du stroma cornéen, d'où le nom d'u/cère par résorption qui a été encore donné à la maladie.

L'épithélium qui tapisse la cupule est intact et en rend les parois fortement miroitantes.

Cette affection accompagne très souvent la kératite phlycténulaire et s'observe presque toujours chez de jeunes enfants, rarement chez des adultes. Sans un examen attentif, elle passe, ordinairement inaperçue. On est mis sur la voie par la tendance de l'œil à larmoyer et à rougir sous la moindre influence, et le trouble visuel résultant de la dispersion des rayons lumineux incidents. Une fois l'attention éveillée, il suffit de pratiquer l'éclairage oblique avec la loupe ou

le miroir plan, pour ne plus douter de l'existence de l'ulcère, dont la marche est excessivement traînante.

Au début, alors que la cornée n'est pas encore vascularisée, le traitement consiste en topiques quelque peu irritants, tels que : lecalomel en poudre ou en pommades, le bioxyde d'hydrargyre incorporé à la vaseline le collyre à parties égales de laudanum et d'eau distillée, ou, encore, le mélange d'essence de térébenthine et d'huile d'amandes douces préconisé par Chisolm.

Dès que le fond de l'ulcère commence à s'opacifier et que la cornée devient vaseulaire, on cesse ces applications, pour leur substituer les compresses chaudes, les collyres mydriatiques et l'emploi persévérant du bandage ouaté sec.

KERATITE VESICULAIRE. — HERPES DE LA CORNÉE

Cette variété de kératite se caractérise par l'apparition d'une ou de plusieurs vésicules absolument transparentes, groupées le plus souvent à la périphérie de la cornée.

A rencontre de la kératite phlycténulairc, l'herpès cornéen ne s'accompagne pas de vascularité anormale et reste ordinairement limité à un seul œil. De plus, les vésicules ont un contenu purement séreux sans mélange de cellules lymphoïdes. Leurs parois sont formées par Pépithélium et la membrane de Bowmann, d'où leur siège plus profond que dans la kératite phlycténulaire.

Il est rare de voir les vésicules ainsi constituées se résorber ou se flétrir sur place. Le plus souvent, les parois éclatent et laissent subsister des ulcérations superficielles à fond grisâtre, qui ne tardent pas à se réparer et à se recouvrir d'un épithélium nouveau. Les légères nébulosités qui en résultent s'éclaircissentà leur tour, au bout de trois à six semaines au plus.

La prolongation de la maladie s'explique par de nouvelles poussées, qui parfois revêtent le type régulièrement périodique.

Il survient généralement des douleurs névralgiques ciliaires et circumorbitaires vives, qui privent le malade de sommeil. Un larmoiement abondant et une photophobie intense en sont le complément inévitable. La sensibilité tactile de la cornée est tantôt émoussée et d'autres fois exagérée. Ces variations s'observent non seulement dans les différents cas, mais d'un stade à l'autre de la kératite.

Lorsque l'herpès cornéen se complique d'inflammation des autres branches du nerf nasal, il s'ajoute une éruption vésiculeuse le long du nez, et la maladie revêt le caractère du zona ophtalmique.

KERATITE VESICULAIRE. — HERPES DE LA CORNEE. 233

Règle générale, la sécrétion de la conjonctive est peu marquée, et c'est à peine si une faillie quantité de mucus se mêle aux larmes.

Un caractère à peu près constant est l'abaissement très prononcé de la tension intra-ocnlairc.

L'étiologie de la kératite herpétique n'a rien de fixe; ce qui explique, sans doute, la diversité des types cliniques.

Dans le zona ophtalmique en particulier, les vésicules cornéennes font souvent défaut. D'après Hibord1 et Rocks', on ne les rencontre que six ou sept fois sur cent, alors que l'ulcération avec trouble du tissu cornéen représente le cinquième des cas. L'anesthésie complète ou très prononcée de la cornée et une hypotonie notable accompagnent constamment la kératite liée au zona fronto-nasal.

Un second type d'herpès cornéen est celui décrit par Ilorner3. Il coïncide avec diverses phlegmasies catarrhales des voies respiratoires. Dans le tiers des cas environ, l'éruption cornéenne s'accompagne d'herpès naso-labial, et généralement c'est dans la période aiguë de la maladie broncho-pulmonaire que la cornée se trouve affectée. L'anesthésie cornéenne et l'abaissement du tonus sont peu prononcés. La durée de l'affection est rarement inférieure à deux septénaires, et d'habitude un seul œil est atteint.

La malaria a été également classée parmi les causes de cette affection. Nagel* en cite un exemple, Godo5 quatre, et Isoukatcheff6 rapporte une véritable endémie chez les aborigènes de Samarcande. Le fait de kératite huileuse de Tangeman7 rentre dans cette catégorie.

Des observations il ressort que l'éruption vésiculeuse apparaît pendant les accès et se répète avec eux. Le sulfate de quinine a pour effet constant de faire disparaître la lésion au bout de dix à quinze jours, alors que, si l'on manque d'intervenir, elle persiste. Dans tous les cas cités par l'auteur russe, le volume de la rate était considérablement augmenté. Comme collyre, il s'est borné aux instillations d'atropine.

D'après Nagel8, on doit admettre une variété d'herpès consécutif à un traumatisme .en apparence peu important; on l'observe particulièrement chez les nourrices, à la suite de coups d'ongle portés directement sur la cornée par le nourrisson. La réaction est peu prononcée au début, et ce n'est que quelques jours plus tard qu'on voit apparaître

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