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DIAGNOSTIC DE L'HYPERMÉTROPIE AU MOYEN DE L'OPHTHALMOSCOPE

Le procédé indiqué page 297 pour déterminer le degré de Thypcr-* métropie exige und vision encore assez nette j car les caractères de réchelle de Snellen doivent être déchi£trés à 20 pieds de distance ; cet examen suppose aussi une entière franchise dans les réponses du sujet examiné. En outre, si le diagnostic doit être établi aved un certain degré de précision, il est nécessaire de paralyser TaCcommodation par Tinstillation de quelques gouttes d'atropine pour démasquer la partie latente de Fhypermétropie.

Or, comme ces conditions ne sont pas toujours réalisées, il est de la plus haute importance de pouvoir reconnaître cette anomalie de la réfraction d'une façon purement objective.

On y arrive aisément, par un peu d'exercice et avec une approximation suffisante pour la pratique, en se servant uniquement de Vophthabnoscope.

Voici le raisonnement qui doit nous guider dans cette étude cli-» nique.

La rétine étant située au foyer principal du système dioptrique dans Tœil emmétrope, les rayons qui en émanent prennent à leur sortie de la cornée une direction parallèle à Taxe optique. Quand un observateur également emmétrope^ et dont Taccommodation est relâchée, examine un tel œil avec le simple miroir de Tophthalmoscope (procédé de Timage droite), comme il est en mesure de réunir en foyer sur sa rétine les rayons parallèles, il voit distinctement le fond de Toeil placé devant lui. Mais supposons maintenant que Tœil observé soit hypermétrope, ce qui revient à dire que la rétine se trouve située entre le foyer principal et le centre optique : dans ces conditions, les rayons qui en émergent sont divergents (voyez fig. 50) et Fobservateur supposé emmétrope n^est plus à

même de les réunir sur sa rétine. Pour y parvenir il faut qu'il place au-devant de son œil un verre convexe destiné à rendre parallèles les rayons divergents, ou bien encore qu'il fassse un certain effort d'accommodation approprié à la distance d'où semblent venir ces rayons.

La réciproque de cette proposition est vraie, c'est-à-dire que, si les rayons provenant de la rétine de l'œil observé en sortent à l'étal de divergence, c'est parce que cette membrane se trouve entre le foyer principal et le centre optique ; donc toutes les fois que l'observateur ne pourra distinguer nettement l'image de la papille qu'au moyen de verres convexes ou en faisant un certain effort d'accommodation, ce sera une preuve certaine que l'œil obser\'é est hypermétrope.

Il s'agit à présent de déterminer le degré de l'hypermétropie. Les rayons provenant de l'œil hypermétrope divergent d'autant

plus que le degré d'hypermétropie est plus élevé. A-t-on affaire, par

exemple^ à une hypermétropie -, cela veut dire que les rayons à

leur sortie de l'œil ont la même direction que s'ils étaient issus d'un point situé à 6 pouces en arrière de son centre optique.

Pour rendre ces rayons parallèles et les faire converger sur la rétine de l'observateur, il faut donc que celui-ci place au-devant de son œil (supposé un instant en contact avec l'œil observé) un verre convexe de 6 pouces de foyer. En effet, les rayons, tombant sur cette lentille avec la même incidence que s'ils émanaient de son foyer principal, deviendront parallèles après Tavoir traversée.

De même, évidemment; pour rendre parallèles les rayons lumi-

neux sortant d'un œil ayant une hypermétropie -, il faudrait

faire usage d'une lentille convexe de 8 pouces de foyer, et ainsi de suite.

Donc, d'une façon générale, le degré d'hypermétropie est donné par la puissance focale de la lentille convexe, qui permet à Tobservateur d'apercevoir nettement le fond de l'œil observé. II y a pourtant ici une cause d'erreur dont il faut tenir compte. Pour simplifier l'exposé qui précède, nous avons supposé que Fœil de l'observateur était en contact avec l'œil observé ; en réalité il en est toujours à une certaine distance, 3 pouces environ.

Soit une hypermétropie -, les rayons sortant de cet œil semblent

provenir d'un point situé à G pouces en arrière de son centre optique;

DlAGNOSTrC DE L'HYPERMÉTROPIE.

donc, poar les rendre paraUèIes,i1 faudrait que la lentille convexede Spoocesdefoyerfûtplacéeprôcisémeot au centre optique lui-mi>me. En réalité, elle en est distante d'au moins 2 pouces, puisqu'elle se trouve devant l'œil de l'observateur; dès lors, elle est à 6 + 2 pouces du point d'DÎi les rayons lumineux commencent h diverger ; et pour rendre ceux-ci parallèles, elle doit avoir une distance focale égale à 6 + 3 pouces, c'est-îk-dire égale à 8 pouces. La longueur focale de la lentille qui rend les rayons de sortie parallèles doit donc être diminaée de la distance qui sépare les yeux des deux sujets an moment de l'examen, et le degré d'hypermétropie est par conséquent toujours uu pou plus fort que celui qui eal exprimé par la puissance focale de la lentille, qui permet d'apercevoir nettement le fond de l'œil observé. Dans l'exemple choisi la puissance réfringente de la len-

lille était de - et Vhypermélropie -.

Comme il serait fort long et fort incommode, quand on recherche la réfraction au moyen de l'ophthalmoscope, de placer devant l'œil, les uns après les antres, tous les verres des bottes d'essai, M. Grétès, opticien à Paris, a construit sur les indications du docteur de Wecker un ophthalmoscope (désigné sous le nom d'ophthalmoscope à réfraction) qui porte avec lui tous les verres nécessaires pour la détermination de la réfraction. Cet instrument, représenté flg. 69, se compose du miroir ordinaire, sur la face postérieure duquel se trouve adapté un disque circulaire muni d'ouvertures ; une seule est libre, les autres sont garnies de verres convexes et concaves f'?- ' de force progressive. Ce disque , mobile autour d'un axe horizontal , est disposé de telle sorte qu'en le faisant tourner, chacun des verres vient successivement M placer derrière le trou du miroir et par conséquent devant l'œil de l'obserrateur.

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Quand il ne s'agit que de reconnaître Thypermétropie sans en mesurer exactement le degré, les verres convexes et les ophthal' moscopes spéciaux deviennent inutiles ; il suffit de regarder à travers le trou du miroir ordinaire et de constater que l'image du fond de l'œil observé est droite, agrandie et virtuelle : c'est une preuve certaine que la rétine est située entre le centre optique et le foyer principal (voir fig. 50).

L'image du fond de l'œil est droite, quand, en exécutant avec la tête des mouvements de déplacement latéraux, elle semble se déplacer relativement à l'ouverture pupillaire, dans le même sens que l'observateur.

En effet, si l'image des vaisseaux du fond de l'œil est agrandie, virtuelle et droite, elle se trouve derrière le plan de F iris. Imaginons, par la pensée, deux droites qui, partant de l'œil de l'observateur, rasent les deux bords droit et gauche de l'ouverture pupillaire; ces deux droites circonscrivent évidenmient dans le plan horizontal le champ de vision occupé par l'image virtuelle de la rétine et de ses vaisseaux.

Supposons, à présent, que l'observateur se déplace légèrement vers la droite : les deux lignes qui se rendent à son œil se déplacent avec lui vers la droite, tandis que le champ de vision qu'elles circonscrivent se déplacera, au contraire, vers la gauche. Les vabseaux seront donc successivement [cachés par le bord de la pupille du côté où se portera l'observateur, tandis que du cdté opposé apparaîtront de nouveaux vaisseaux auparavant invisibles. Ceux-ci sembleront donc se mouvoir devant l'observateur dans le même sens que lui.

Dans cet examen^ la papille paraîtra d'autant motns grande que le degré d'hypermétropie sera plus considérabley c'est-à-dire que la rétine sera plus éloignée du foyer principal et plus rapprochée du centre optique.

Nous verrons dans le chapitre suivant que, dans la myopie, où l'image est réelle, renversée et située en avant de l'iris, l'image semble se déplacer en sens inverse de l'observateur.

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