‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 115 sur 146 · MUSCLES DE L'CEIL. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

MUSCLES DE L'CEIL. ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

Le globe oculaire est mis en mouvement dans la cavité orbitaire

au moyen de six muscles, quatre muscles droits et deux obliques.

Quelle que soit la contraction de ces muscles, Toeil ne se déplace

pas dans Tespace, il subit uniquement un mouvement de rotation

autour d*un point fixe, désigné sous le nom de centre de rotation.

D'après les recherches de Donders et de Doijer, ce centre de rota^

tton ne coïncide pas exactement avec le centre de figure du globe

ocol^re. Dans Toeil emmétrope, il est situé h i 3,557 derrière le

sommet de la cornée ; sa position varie avec les changements de

courbure du segment postérieur de Toeil, plus celui-ci est aplati dans

le sens antéro-postérieur, et plus le centre de rotation se trouve

transporté en avant, aussi chez les hypermétropes il est plus près

de la cornée que chez Temmétrope, tandis que le contraire a lieu

chez le myope.

Les quatre muscles droits et le grand oblique ont leur insertion fixe en arrière sur le pourtour du trou optique ; ils se dirigent en ayant en s'élargissant légèrement et vont slnsérer sur le segment antérieur de Tœil suivant une ligne circulaire placée à égale distance à peu près du bord de la cornée et de Téquateur de l'œil. Avant de s'insérer sur la sclérotique ces muscles traversent la capsule de Tenon ou aponévrose orbito-oculaire qui sépare le globe de l'œil du tissu cellulo-graisseux de l'orbite. Les ouvertures à travers lesquelles ils passent jouent le rôle de poulies de renvoi; grâce à elles les mouvements de déplacement en arrière qui seraient imprimés au globe oculaire sont transformés en mouvements de rotation ; quant à la capsule elle-même, elle se moule sar la surface du globe oculaire et forme une cavité sphérique

dans laquelle s'exécutent les mouvements. Le jeu de cet appareil est donc comparable à celui du genou à coquille de certaine instruments de physique, il rappelle aussi jusqu'à un certain point la rotation de la tête du fémur dans la cavité cotyloïde^

Le droit interne^ après un trajet à peu près parallèle à la paroi interne de Torbite, s'insère sur la sclérotique par un tendon de 7 à 8 millimètres environ de largeur. Cette insertion affecte la forme d'une ligne courbe dont les deux extrémités sont à égale distance du bord de la cornée et dont le sommet se trouve sur le même plan horizontal que le centre de cette membrane, à une distance de 4 ou 5 millimètres de son pourtour.

Le droit externe est plus long que le droit interne, son trajet est oblique de dedans en dehors et d'arrière en avant. Son insertion, distante de 7 à 9 millimètres environ du centre de la cornée, est donc sensiblement plus en arrière que celle du précédent. Elle se fait également par un tendon de 6 à 7 millimètres de large suivant une ligne courbe dont le sommet est dans le même plan horizontal que le centre de la cornée et dont les extrémités sont également distantes du bord de cette membrane.

Ces deux muscles exercent donc leurs tractions dans un plan horizontal passant par le centre de la cornée, c'est-à-dire suivant un grand cercle méridien horizontal ; l'axe d'évolution perpendiculaire à ce plan est l'axe vertical de l'œil. En se contractant, il^ déplacent ainsi le centre de la cornée en dehors ou en dedans, sans produire de déviation en hauteur et sans incliner le méridien vertical.

Le droit inférieur s'insère sur la sclérotique par un tendon de 7 millimètres de largeur environ. Cette insertion affecte aussi la forme d'une petite ligne courbe ; seulement, son sommet ne se trouve pas exactement sur le plan vertical passant par le centre de la cornée, mais à i millimètre en dedans; de plus, l'extrémité interne du tendon n'est qu'à 5 millimètres du bord coméen, alor? que l'extrémité externe en est éloignée de 7 millimètres.

Le droit supérieur s'insère à la sclérotique par un tendon d'environ 7 millimètres, suivant une ligne courbe dont le sommet se trouve sur le méridien vertical de l'œil, à 6 millimètres du bordée la cornée ; mais l'extrémité interne du tendon est à 5 millimètres de ce bord, tandis que l'extrémité externe s'en écarte de 7 millimètres.

Comme il est facile de le pressentir d'après ces données, le* lignes suivant lesquelles s'accomplissent les tractions des musdes droit supérieur et droit inférieur, ne se trouvent pas, comme on k

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croyait autrefois, dans le plan vertical de Tœil ou méridien vertical. Le plan de traction passant parles sommets des courbes d'insertion de ces muscles, en haut et en bas, forme avec Taxe antéro-postérieur de Tœil un angle de 20 degrés, et comme il s'écarte en dedans du centre de l'œil, il coupe la surface sphérique de Tœil, suivant un arc de petit cercle, et non plus suivant un méridien. L'axe d'évolution, perpendiculaire à ce plan, forme, avec le diamètre horizontal, un angle de âO degrés, et avec l'axe antéropostérieur un angle do 70 degrés.

Le plan musculaire des droits supérieur et inférieur ne coïncidant pas avec un méridien de l'œil, il semble, au premier abord« que la contraction de ces muscles devrait imprimer au globe oculaire des mouvements de déplacement dans l'espace ; pourtant il n'en est rien, et l'expérience démontre qu'elle ne détermine que des mouvements de rotation.

Mais lorsque le droit supérieur se contracte, non-seulement il élève le centre de la cornée en haut, mais il l'attire encore en dedans ; de plus, il agit sur l'extrémité supérieure du méridien vcr* tical et par conséquent incline ce méridien en dedans.

Le droit inférieur abaisse le centre de la cornée et l'attire en dedans, mais il dévie l'extrémité inférieure du méridien vertical en dedans, et par conséquent incline ce méridien en dehors. Quand ces deux muscles se contractent ensemble, leurs tractions en haut et en bas se neutralisant, le centre de la cornée ne change pas de situation en hauteur, mais se déplace légèrement en dedans.

Les contractions des droits supérieur et inférieur produisent des effets différents, suivant la position occupée par le méridien vertical au moment où ces muscles entrent en jeu. Si, par exemple, l'œil est dirigé un peu en dehors, de telle sorte que leur plan de traction coïncide presque avec le méridien vertical, leur action se réduira à déplacer le centre de la cornée en haut ou en bas» et aura peu d'influence sur l'inclinaison du méridien vertical.

Si, au contraire, l'œil est déplacé en dedans, leurs insertions se trouvant alors très-obliques par rapport au méridien vertical, ils auront surtout pour effet d mcliner ce méridien, et n'auront au contraire que peu d'action sur le déplacement de la cornée en haut ou en bas.

Le muscle grand oblique a son insertion fixe, de même que les quatre droits, sur le pourtour du trou optique ; de là, il se dirige vers l'angle supéro-inteme de l'œil, où il se réfléchit sur une petite poulie fibreuse, pour se diriger ensuite en arrière, en dehors et en bas, et aller s'implanter sur le quart supéro-externe du globe oculaire.

Au niveau de son insertion, son tendon a environ 6 millimètres de largeur; son extrémité interne est à 7 ou 8 millimètres du nerf optique, tandis que son extrémité externe en est à 13 ou 14 milli* mètres.

L'insertion fixe du petit oblique a lieu sur le bord orbitaire da maxillaire supérieur, un peu en dehors du sac lacrymal. Etalé d'abord sur le plancher de Torbile, ce muscle passe entre le droit inférieur et le globe oculaire, puis se recourbant en haut et en arrière il va s'insérer par un tendon de 9 à 10 millimètres de largeur sur le quart supéro-externe de Tceil, l'extrémité postérieure de ce tendon est de 4 à 5 millimètres du nerf optique, tandis que l'extrémité antérieure en est éloignée de 14 millimètres.

Le plan de traction des muscles obliques ne coïncide pas, comme on l'a cru longtemps, avec le plan équatorial de Toeil ; laissant le centre de Fœil en dedans, il forme avec le plan équatorial un angle plus ouvert en avant et en dedans qu'en arrière et en dehors. L'axe de rotation perpendiculaire k ce plan ne se confond donc pas non plus avec l'axe optique, mais forme avec celui-ci un angle de 35 à 40 degrés ouvert en dehors.

La situation particulière du plan des obliques fait que ces muS" des ont des actions multiples. Le grand oblique abaisse le cent»! de la cornée, et le déplace légèrement en dehors ; il est donc à la fois abaisseur et abducteur ; de plus, il incline le méridien yettical en dedans. Le muscle petit oblique élève le centre de la cornée et le déplace en dehors; il est donc élévateur et abducteur; de plus, il agit aussi sur le méridien vertical, dont il dévie l'extrémité inférieure en dedans et qu'il incline par conséquent en dehors. Quand ces deux muscles se contractent simultanément, leurs actions antagonistes sur le déplacement en hauteur de la cornée et sur l'inclinaison du méridien vertical s'annihilent et ils entraînent simplement le centre de la cornée en dehors, en portant l'œil dans Tabduction.

Les* effets de la contraction des muscles obliques diffèrent Bui* vant la position du globe oculaire au moment où elle se produit* Si l'œil est dirigé en dedans, le plan musculaire des obliques se rapproche du méridien vertical ; le grand oblique n'a alors qac peu d'influence sur l'inclinaison de ce méridien, il a, au contraire) son maximum d'action sur les mouvements du centre de la cornée. Pour des raisons analogues, dans la même position du regard, Taclion du petit oblique se concentre surtout sur le déplacement du centre de la cornée en haut.

Si, au contraire, l'œil est dirigé en dehors, l'insertion desobii*

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