‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 116 sur 146 · DU REGARD · texte numérisé non relu

DU REGARD

Quand l'œil regarde droit en avant, dans un plan horizontal pas^ sant p€Lr son centre de rotation, les muscles droits et obliques se font équilibre. Si le regard se dirige en dedans, le muscle droit interne est le seul qui provoque le déplacement, et le méridien vertical, sur lequel il n'a aucune action, conserve sa position normale. Si Toeil regarde en dehws, en restant toujours dans le plan horizontal, le droit externe se contracte également seul et le méridien vertical ne subit encore aucune inclinaison. Dans les mouvements de latéralité qui s'accomplissent dans le plan horizontal il n'y a donc que deux muscles qui se contractent, le droit externe et le droit interne.

Que se passe-t-il quand Tœil regarde directenient en haut ? Si ce mouvement était uniquement produit par le droit supérieur, le méridien vertical devrait s'incliner en dedans pendant que la cornée se déplace en haut ; or les expériences de Donders démontrent qu'en réalité ce méridien reste vertical ; il est donc nécessaire qu'un autre muscle contre-balance la déviation qui lui est imprimée par le dtoii supérieur; ce muscle, c'est le petit oblique, qui élève la cornée en haut, mais qui, en outre, a do la tendance à incliner le méridien vertical en dehors, action qui neutralise l'efTet inverse du droit supérieur. Donc, quand le regard se dirige directement en haut, deux muscles entrent enjeu, le droit supérieur et le petit oblique.

De même, quand l'œil regarde directement en bas, ce sont les muscles droit^Sypérieur et grand oblique qui se contractent ; leur action commune s'ajoute pour abaisser le centre de la cornée, et leurs actions inverses sur rinclinaison du méridien vertical s'annihilent de telle sorte, que celui-ci reste immobile.

L'œil regarde en haut et en dehors. Les recherches de Donders ont démontré que dans cette position le méridien vertical est incliné en dehors. Trois muscles entrent ici en jeu : d'abord le droit supérieur et le droit externe, qui déplacent le centre de la cornée, en haut et dehors ; mais, si ces muscles agissaient seuls^ le méridien

verticaly subissemt l'action du droit supérieur, serait incliné en de- AiâMi. MaL dm ymix, t. ii. 1<&

dauî*. S'il est incliné en dehors, c*est que le petit oblique se contracte en même temps, et que, dans cette position de l'œil, ce muscle a précisément son maximum d'action sur le méridien vertical, tandis que le droit supérieur, agit, au contraire, sur lui au5?i peu que possible.

L'œil est dirigé en bas et en dehors. Dans cette position, le méridien vertical est incliné en dedans^ le droit interne et le droit inférieur se contractent ; de plus, le grand oblique, qui se trouve placé dans des conditions favorables pour agir sur le méridien vertical, se contracte aussi, et son action contre-balance et au delà celle du droit inférieur sur ce méridien et l'incline en dedans.

L'œil est dirigé en haut et en dedans. Dans cette position le méridien vertical est incliné en dedans. Le droit externe et le droit supérieur produisent le déplacement du centre de la cornée; mai5, comme dans cette situation du globe oculaire le droit supérieur agirait très-énergiquement sur le méridien vertical et l'inclinerail trop en dedans, le muscle petit oblique se contracte, et modère, sans toutefois la contre-balancer complètement, l'inclinaison du méridien vertical, qui reste légèrement incliné en dedans.

L'œil est dirigé en bas et en dedans. Ici le méridien vertical ^ trouve incliné en dehors. Trois muscles encore entrent en actton: le droit externe, le droit inférieur et le grand oblique ; ce dernier modère l'inclinaison du méridien produite par le droit inférieur, qui, dans cette position de l'œil, serait portée à son maximum.

Rappelons, en terminant, que les positions du méridien vertical restent constcunment parallèles dans les deux yeux ; par conséquent, quand le méridien vertical d'un côté est incliné en bas et en dedans, il est incliné sur l'autre œil en bas et en dehors. A part les mouvements qui s'accomplissent dans le plan horizontal et dans le plan vertical passant par le centre de l'œil, tous les déplacements intermédiaires des deux yeux exigent, pour se produire, le concours de six muscles.

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