‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 119 sur 146 · DIMINUTION DE LA MOBIUTE DU GLOBE OCULAIRE · texte numérisé non relu

DIMINUTION DE LA MOBIUTE DU GLOBE OCULAIRE

La diminvUion de la mobilité du globe oculaire, dans le sens du muscle paralysé, est un symptôme également propre à toutes les paralysies musculaires.

Pour apprécier ce défaut de mobilité, pendant qu'un œil est fermé avec la main, on engage le malade à fixer axec l'autre un doigt que l'on promène dans les diverses parties du champ visuel.

Sur un œil normal, dans l'extrême abduction, le bord externe de la cornée doit au moins atteindre la commissure externe des paupières et, dans l'adduction forcée, son bord interne doit être recouvert par la caroncule lacrymale. Bnfin, dans les mouvements en haut et en bas, la moitié de la cornée environ doit être cachée par la paupière supérieure ou inférieure.

Quand la paralysie sera assez accusée, l'afTaiblissement du muscle . pourra être ainsi directement apprécié par la comparaison de l'amplitude des mouvements des deux yeux. Mais^ s'il n'y a qu'une légère parésie, elle peut échapper à l'observation la plus minutieuse, et il est alors indispensable de recourir à la recherche des images doubles. ^

Il est encore un autre moyen de mettre en évidence une para- Ij'sie commençante, qui semble, au premier abord, ne se manifester par aucun s}Tnptôme appréciable. On cache avec la main, ou mieux sous un verre dépoli, l'œil supposé malade et on fait fixer l'extrémité du doigt avec l'œil sain. On supprime ainsi la vision

4i2 MALADIES DES MUSCLES DE L'ŒIL.

dullaires. Or, quand les lésions occupent la partie supérieure de l'axe spinal, et s'étendent jusqu'au bulbe et aux corps restiformes, les symptômes céphaliques deviennent prédominants.

Ceux-ci consistent principalement dans des troubles moteurs de Tœil, qui portent habituellement sur les muscles innervés par la troisième paire. Ces troubles paralytiques, quelquefois passagers au début de ]a maladie, reviennent souvent plus tard, pour rester définitifs.

A ces paralysies viennent s'ajouter des douleurs très-vives qui se font sentir sur le territoire du trijumeau et dans les globes oculaires.

Ces douleurs sont tout k fait comparables aux douleurs fulgurantes ressenties dans les membres ; elles apparaissent subitement avec. une intensité extrême, pour disparaître spontanément quelques instants après. Ce qui rend les recherches de Pierret encore plus intéressantes, c'est qu'il a trouvé sur le prolongement des zones radiculaires postéHeures de la moelle, dans les points où naissent les nerfs trijumeaux, des plaques de sclérose et des altérations analogues à celles de Tataxie.

Il existerait donc une forme céphalique d'ataxie qui serait caractérisée par des troubles moteurs oculaires, par des douleurs caractéristiques ressenties le long des branches du trijumeau, et souvent aussi par l'atrophie des nerfs optiques.

Pierret, comparant ce qui se passe du côté des membres dans l'ataxie vulgaire aux troubles oculaires de Tataxie céphalique, explique ainsi l'incoordination des mouvements , phénomène considéré si longtemps comme le signe classique du tabès dopsalis.

Lorsque les troubles moteurs surviennent du côté des yeux, il n'est pas question d'incoordination de leurs mouvements, mais simplement de paralysie de tel ou tel de leurs muscles. Pourquoi? Parce que le jeu des muscles de l'œil est si précis, si délicat, le trouble fonctionnel correspondant à la moindre perturbation est tellement net, qu'on peut porter aussitôt le diagnostic de parésie de tel ou tel muscle.

Mais quand dans les masses musculaires du membre inférieur ou supérieur quelques muscles seulement sont atteints, leur paralysie, difficile à mettre en évidence, passe inaperçue. Elle n'en existe pas moins, et, l'action opposée des muscles antagonistes n'étant plus contre-balancée, le jeu du système tout entier n'a plus lieu que d'une façon irrégulière, et de là résulte. précisément l'incoordination des mouvements.

FAKAllSES lies MUSCLES DE L'GEIL. 4i3

snoToias £7 i£iâ»:iïT>: des paralysies des muscles

DE L XEIL.

Daiir c( rtuqihre. niicr >t nous occuperons que des symptdincs commimf aux jmrh^^t* des mosclcs de Tueil en général. Plus tard, en èiuàism k piinÎ7«H de chacun d*eux en particulier, nous siçniJeriiii^ i» camoëf^ spéciaux qui nous permettent de recoiinaitre c^ini oassrt «ex qai est alteint.

L« jirisci}iœ friLf-i'kDtr? communs aux paralysies des musr!»-r d*- 1 œij et mhtïI î.>nl les suivants : diminution de la mobilité du ^vht L^cniiiîirt : i^î'Tûtî'i-n primitive de Tœil malade, et déviation "wondairt ôt Icl, sàJa: di£Bculté de l'orientation et phénomène de U fai»» îCi^»«âHi: dîplûpic: rotation et inclinaison de la lete.

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