PARALYSIE DE L'ACCOMMODATION
mr le muscle accommodatenr. Ainsi d'après les recherches de Donlers, une solution très-faible au — rj^ dilate la pupille après quarante-cinq à cinquante minutes, et réduit le pouvoir accommodatenr de l'œil, sans l'anéantir. Ce fait est important à connaître, il nous fournit le moyea de dilater la pupille pour explorer le fond de l'œil sans être obligé de soumettre le malade à tous les ennuis d'une paralysie de Taccommodation persistant pendant plusieurs jours.
Il nous paraît également bon de noter que Tatropine semble agir non-seulement sur les fibres circulaires de Tiris, mais aussi sur les fibres radiées, qui seraient excitées et contracturées ; il en résulte que rélargissement si considérable de la pupille dépasse toujours celui qu*on observe dans la paralysie pathologique du sphincter de Viris. Nous avons vu à propos de Tamaurose simulée que cette dilTérence fournit un signe souvent utilisé pour reconnaître la dilatation provoquée artificiellement, de celle qui est réellement spontanée.
La paralysie de Taccommodation s'observe fréquemment à la suite de la diphthérie, elle apparaît habituellement pendant la convalescence, tantôt seule, tantôt^ accompagnée d'autres paralysies et en particulier de la paralysie du voile du palais.
Dans ce cas elle est habituellement bilatérale, ce qu'on observe rarement quand elle est due à une autre cause. En outre Jacobson qui a eu l'occasion d'observer de nombreux exemples de paralysie dipbthérique du muscle ciliaire, a signalé quelques particularités qui lui sont propres : ainsi l'état de la réfraction de l'œil se trouve modifiée ; tant que la paralysie persiste, on trouve un certain degré d'hypermétropie qu'il n'est plus possible de retrouver plus tard une fois la guérison obtenue, même en paralysant complètement l'accommodation au moyen de l'atropine. Ce changement dans l'état de la réfraction n'a pas encore reçu d'explication bien satisfaisante. 11 semble rationnel d'admettre qu'en pareil cas, le relâchement du muscle, est plus complet encore que dans la paralysie provoquée par les mydrîatiques, et que par suite, l'aplatissement du cristallin est plus prononcé, d'où l'apparition de l'hypermétropie.
On a signalé des cas de. paralysie de l'accommodation, à la suite d'une angine stmpley et j'en ai observé moi-même quelques-uns. Ces faits tendraient à prouver que dans la paralysie diphthérilique le siège de la lésion a peut-être autant d'importance que sa nature.
La paralysie isolée de raccommodaiion s*observe assez souvent chez les individus ayant eu la syphilis. Bien qu'elle apparaisse presque toujours sans autres accidents spécifiques concomittants, on la considère généralement comme une manifestation de cette diathèse. Pourtant Texpérience clinique a démontré que, dans ces cas, Taffection résiste aux traitements antisyphilitiques les mieux dirigés et les plus scrupuleusement suivis. Du reste, Tanatomie pathologique de cette affection est encore tout à fait inconnue.
J'ai observé plusieurs fois, et particulièrement chez les femmes, des paralysies de l'accommodation qui^ survenant brusquement le matin, au réveil, s^accompagnaient d'un certain malaise, d*un léger mal de tète, d'une injection péri-kératique assez vive. Le trouble de Taccommodation survenu ainsi subitement sans cause appréciable sur les deux yeux est ordinairement passager. Quelques pédiluves, quelques légers dérivatifs sur le tube intestinal, 50 centigrammes de sulfate de quinine administrés pendant quelques jours, quelques séances d'électricité, suffisent généralement pour le faire disparaître. .
La paralysie de Taccommodation peut être incomplète, il y a alors simplement parésie. Le muscle ciliaire est encore en état de faire quelques efforts, et Taccommodation est encore possible dans certaines limites, mais son amplitude est réduite, et la vision de près s'accompagne de troubles et de phénomènes douloureux tout à fait comparables à ceux de l'asthénopie accommodative. Nous renvoyons à ce qui a été déjà dit sur ce sujet.
La parésie de l'accommodation est généralement bilatérale^ car elle reconnaît presque toujours pour cause un état de faiblesse de l'économie ; on l'observe dans l'anémie, la chlorose, et la convalescence des maladies graves.
Traitement, — En raison des causes nombreuses qui peuvent anéantir la contractilité du muscle ciliaire, le traitement de cette affection devra nécessairement varier selon les cas.
La paralysie provoquée par des instillations d'atropine, ou par la belladone donnée à l'intérieur, ou administrée sous forme de pommade, disparaîtra en général dès que le malade cessera de faire usage de ces diverses substances.
Contre la paralysie isolée de l'accommodation qu'on rencontre chez les syphilitiques, on prescrira les frictions mercurielles etTiodure de potassium, mais ce traitement est généralement impuissant pour amener la guérison.
La cause déterminante est-elle la dipbthérie, ou la faiblesse consécutive à une maladie grave, ou bien une anémie essentielle.