‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 20 sur 146 · DES ATROPBIBS DU NERF OPTIQUE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DES ATROPBIBS DU NERF OPTIQUE EN GÉNÉRAL

rraU&mini. ^^Ontstttop souvent impuissant à enrayer la marche de la maladie. Pourtant, dans ces derniers temps, la thérapeutique s^est enrichie de quelques agents dont Tinfluenoe sur la nutrition des nerfe optiques semble incontestable. Les applications de courants continus, préconisées par Remak, Benediot, Onimus, Dor, etc., ont exercé parfois une heureuse action sur les progrès de l'afTection, et, dans quelques cas, la dégénérescence atrophi que a pu non-seulement être arrêtée, mais une partie de la vision déjà perdue a été restituée.

On fait généralement usage de 8 à iO couples de la pile de GaiCTe. Le courant, tout en ayant une certaine intensité, doit toujours être supportable ; il existe à cet égard des susceptibilités individuelles dont il faut tenir compte : tel malade ne peut endurer 6 éléments, tel autre en supportera le double, et il faudra aller jusqu'à iO ou 13 pour quUl éprouve l'effet voulu. Le pôle positif est appuyé derrière Toreille sur Tapophyse mastoïde, le pôle négatif sur le globe oculaire au-dessous de Tarcade sourcilière. Chaque séance sur un œil doit être d'environ cinq minutes.

Quelques praticiens font passer le courant à travers le chiasma et 61eotrisent simultanément les deux nerfs en plaçant chaque électrode sur une des tempes; mais ce mode d'application provoque quelquefois des vertiges qui obligent à suspendre les ma- . nœavres; nous aimons mieux, quant à nous, électriser isolément chaque nerf. Au moment de rétablissement et de Tinterruption du courant, le malade éprouve des sensations lumineuses d'autant plus vives, que la sensibilité rétinienne est moins afiTaiblie.

Un autre moyen préconisé pai' Nagel, Yoinow, etc., consiste à faire des injections sous-cutanées de strychnine à la tempe. On injecte avec une petite seringue 10 gouttes de la solution suivante, soit 1 milligramme de str>xhnine.

Sulfate do itrychiiiuo 00(,ou

Eau distillée 30v,00

Ge4 injections sont faites tous les deux jours ; la dose peut être portée h 15 gouttes ou 1 milligramme et demi. Mais si, au bout d'un mois et demi à deux mois, on constate qu elles sont restées sans effet, il est inutile de les continuer.

A une époque où les préparations de nitrate d'argent jouissaient d'une grande vogue dans les affections spinales, ataxie locomotrice, etc., on les a recommandées également (Mooren) contre les atrophies des nerfs optiques ; les pilules, qu'on donne à la dose

d*une [M.r jour, renferment 1 centigramme de nitrate d'argent; elles s'ont aujourd'hui beaucoup moins employées qu'autrefois. Enfin dans les cas obscurs où la cause de l'atrophie parait liée à des troubles cérébraux mal définis et s'accompagne de douleurs de tête continuelles sans localisation précise, on peut essayer l'application d'un séton à la nuque ; quelques praticiens en ont obtenu de bons efTets. Ce moyen était très en vogue avant la découverte de l'ophthalmoscope, probablement à cause des succès qu'il donne dans de:? affections tout autres (jue l'atrophie.

ATUUPU1£ SIMPLE, ESSËNTIJbILLK, U£S NERFS OPTIQUES.

L'atrophie simple, essentielle, est de toutes les variétés d'atro* phie la plus fréquente. On l'obseiTC surtout de vingt-cinq à trentecinq ans. Le plus souvent elle survient sans cause appréciable, d'où le nom d'atrophie idiopathique que lui donnent certains au* teurs. Quelquefois elle est précédée ou accompagnée de violents maux de tête, de migraines, sans qu'aucune autre perturbation fonctionnelle de l'encéphale permette de la rattacher à une lésion nettement déterminée.

Le plus souvent les deux yeux sont atteints simultanément, mais l'affaiblissement de la vision est presque toujours plus ac* cusé d'un côté que de l'autre.

Les signes ophthalmoscopiques consistent dans une décoloration très-prononcée de la papille qui devient complètement blanche; au fur et à mesure que l'affection fait des progrès, les vaisseaux centraux diminuent de calibre ; ils deviennent parfois filiformes. En même temps, la papille paraît plus petite à l'ophthalmoscope ; parfois elle s'affaisse en subissant un mouvement de retrait sur elle-même, et il se forme une excavation infundibuliforme, toujours facile à distinguer de Texcavation abrupte du glaucome chronique simple.

Les troubles fonctionnels s'annoncent par un rétrécissement régulier du champ visuel autour de la macula. Ce symptôme est des plus importants. Nous verrons, en effet, que le champ visuel se rétrécissant tout différemment dans les autres formes d*atrophie, la recherche de ses limites est plus utile que l'examen ophthalmoscopique pour reconnaître la variété à laquelle on a affaire. En outre, l'état du champ visuel nous renseigne sur la marche de la maladie ; conserve-t-il ses limites, c'est une preuve qu'elle est dans une phase stationnaire ; vient-il à se rétrécir, c'est qu'elle progresse.

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