‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 21 sur 146 · ATROPHIE SIMPLE DU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

ATROPHIE SIMPLE DU NERF OPTIQUE

Le champ de perception des couleurs diminue le premier d*éiendoe. Avec le périmètre on trouve d'abord que les limites du vert se rapprochent de la macula; puis vient le rouge, dont le champ se rétrécit à son tour, et enfin le bleu, qui se réduit le dernier. Les limites de ces trois couleurs, tout en se rapprochant raccessivement de la région centrale, restent toujours concentriques.

L'atrophie simple essentielle des nerfs optiques a, en général, une marche progressive , aboutissant finalement à la cécité. La durée de son évolution est variable, mais elle est toujours trèslente. 11 est rare qull y ait moins de deux à trois ans d'intervalle entre Tapparition des premiers symptômes et la cécité complète. Ses causes sont des plus obscures ; sauf quelques maux de tête, les malades ne présentent d'habitude aucun trouble cérébral et leur santé générale semble parfaite. Cependant, Gharcot a fait sur ce sujet une remarque importante dont il faut tenir gi*and compte. Placé à la tète d'un service hospitalier où il a pu suivre pendant de longues années des malades devenus aveugles par suite d'atrophies simples des nerfs optiques, il a constaté que, tôt ou tard, la plupart de ces malades étaient atteints d'autres accidents nerveux (ataxie, affections cérébrales, etc.), auxquels ils snccombaient.

L'atrophie des nerfs optiques serait donc, en quelque sorte, une première manifestation, bien anticipée parfois, d'un état pathologique du système nerveux, et, à ce titre, elle serait fatalement suivie pins tard d'autres lésions. L'intervalle considérable qui existe quelquefois entre l'apparition de ces divers effets d'une même cause, et la difficulté de suivre pendant longtemps ces malades, avaient empêché jusqu'ici de grouper ces diverses manifestations ainsi échelonnées et de les rattacher à une affection commune des centres nerveux.

Le plus souvent, en dépit de tous nos efforts, et quel que soit le traitement employé, la maladie se termine par l'atrophie complète et par la cécité. 11 est pourtant un point à retenir dans la thérapeutique de cette redoutable affection , c'est l'influence incontestablement nuisible exercée par les débilitants, les purgatifs drastiques, la diète, les saignées, etc.

Sous l'influence de ces divers agents, la marche de la maladie semble se précipiter, tandis qu'elle paraît être modérée au contraire par un régime tonique et des soins hygiéniques.

Gomme médication curative, on a préconisé les courants continus et les injections sous-cutanées de strychnine à la tempe, em-

ployés suivant le mode indiqué plus haut (voir p. 71); mais il Caut avouer que ces moyens, d'une efûcacité réelle dans les autres variétés d'atrophie, ont loi peu d'effet.

L'application d'un séton à la nuque, tentée bien souvent, i rarement donné des succès ; elle peut pourtant rendre quelques services en débarrassant les malades des douleurs de tête continuelles qu'ils éprouvent parfois. Enfin, il va de soi que lorsque l'atrophie est complète et que toute trace de perception lumineuse a disparu, on doit renoncer à tout traitement.

ATROPHIE TABÉTIQUE.

L'atrophie des nerfs optiques se rencontre fréquemment dans le tabei dorsalis; d'après Gharcot, elle en serait souvent la première manifestation, précédant longtemps à Tavance les autres symptômes caractéristiques de cette affection.

Les iignei ophthalmoicopiquei de l'atrophie tabétique sont analogues à ceux de l'atrophie simple, essentielle; ils consistent dans une décoloration delà papille, qui perd peu à peu sa nuanoe rosée pour prendre une teinte blanchâtre ; tout en subissant oas altérations le disque optique conserve des contours très-nets^ de telle sorte qu'il se détache vigoureusement sur le fond rouge de rœil.

Quelques ophthalmoiogistes ont voulu assigner à l'atrophie grise tabétique des caractères spéciaux qui la distingueraient de l'atrophie essentielle ; c'est ainsi que, d'apràs eux, la coloration de la papille dans l'ataxie serait plutôt grise que blanche, les vaisseaux centraux de la papille conserveraient leur calibre, enfin on ne remarquerait pas ce retrait, cet affaissement du tissu nerveux qui se produit h la dernière période de l'atrophie essentielle. Quoi qu^on en ait dit, ces caractères à eux seuls no suffisent pas pour permettre d'affirmer la nature do latrophie, et, au point de vue do diagnostic différentiel, les signes fournis par Yexploration du champ visuel ont plus de valeur.

Dans l'atrophie simple progressive, le champ visuel se rétréoit concentriqueraent autour de la macula. Il n'en est plus de même dans l'atrophie tabétique, oii le champ de la vision présente de véritables lacunes, des scotûtnes irréguliers en secteurs^ oorrospon- (lant, sans aucun doute, aux points où les nerfs optiques ont été envahis par la dégénérescence grise.

Latrophie tabétique apparaissant à unt» époque où il n'existe

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