‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 31 sur 146 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

La rétine a été considérée longtemps comme un simple épanouissement des nerfs optiques; on avait constaté, sans aller plus loin, que sur le cadavre cette membrane offre une coloration blanchâtre lactescente, et semble on effet constituée par les fibres prolongées du nerf optique. Mais depuis quelques années cette partie du corps humain a été étudiée avec le plus grand soin, et Von a vu que sa structure est en réalité beaucoup plus compliîuée. L'exposé des travaux nombreux dont la rétine a été Tobjet nous entraînerait beaucoup trop loin , aussi nous contenteronsi^ous d'exposer brièvement Tétat actuel de la science sur ce sujet.

U rétine renferme deux sortes d'éléments : des éléments conjonetifsei des éléments ne9'veux;\es premiers forment une sorte <lo charpente destinée à soutenir les seconds.

Ces éléments se distribuent en plusieurs couches. Ce sont, en partant du corps vitré :

^* La membrane limitante interne ;

^ La couche des fibres nerveuses formée par Vépanouissement ^« nerf optique ;

^ Une couche de cellules ganglionnaires ;

^* Une couche moléculaire ou granulée interne ;

^* Lia couche interne des grains ;

"* Ia couche granulée externe ;

'* Ia couche externe des grains ;

^ l« membrane limitante externe ;

O** La couche des cônes et des bâtonnets (membrane de Jac

^0* La couche des cellules pigmentaires.

La membrane limitante est une membrane amorphe, transluc appartenant à la catégorie des membranes vitreuses, d'env Qmm QQii d'épaisseur; elle occupe toute retendue do la rét recouvrant Tépanouissement du nerf optique et se confondan avant avec la zonule de Zinn.

En dedans elle est en contact immédiat avec le corps viti non avec la prétendue membrane hyaloïdienne , décrite j comme enveloppant les milieux de Vœil, et qui, d'après recherches d'Iwanoff, n'existe pas. Sa face externe est ado à la couche des fibres nerveuses, et afTecte un rapport intime i les extrémités terminales des fibres de Millier, dont elle est ce dérée par quelques histologistes comme l'épanouissement.

De même que les autres membranes vitreuses, elle réî longtemps à l'action des agents chimiques et des processus o bides ; on Ta trouvée souvent intacte sur des yeux désorgar depuis longues années.

La couche des fibres nerveuses est formée par répanouissen du nerf optique ; en traversant la lame criblée, ces fibres per« leur myéline et deviennent transparentes. Cette propriété, parti du reste par tous les autres éléments de la rétine, permet d'à] cevoir la couleur rouge de la choroïde lorsqu'on examine le i de l'œil à l'ophthalmoscope.

Les anciens, qui n'examinaient la rétine que sur le cada croyaient cette membrane opaque et blanchâtre ; dans ces co tiens, en efifet, elle présente une teinte laiteuse, mais une e rience bien simple prouve que c'est là un efTet de Timbibitioi reuse cadavérique. Qu'on prenne un lambeau de la rétine i animal fraîchement tué, on constate qu'il est translucide et r tel tant qu'on le maintient dans le corps vitré ; si au conti on le plonge dans de l'eau pure, on le voit devenir lonch opalescent au bout d'un temps très-court.

La distribution des fibres nerveuses rétiniennes est loin d' uniforme. Il y en a peu en dehors de la papille et pas du toul niveau de la macula. En haut, en bas et en dedans, au centrai] existe de gros faisceaux qui s'étalent en suivant la direction vaisseaux ; leurs fibres se recourbant en arc de cercle au-de et au-dessous de la région de la macula vont se répandre vei périphérie.

La couche des cellules nerveuses ganglionnaires est composée cellules analogues à celles des centres nerveux. Leur diam

ANATOUIE ET PHYSIOLOGIB DE LA RÉTINE. It

Tarie de 0"",0(H à 0"",0O!5 ; elles renferment un noyaa et u nucléole.

}. Mllulnginglionniim: l.couchsnialéduliln ou gninolin int«n>«: i, liu; 1. coatbe itrinulée externe : T, conclic externa dca giaini; S. m DDobt àa cimt et d» bltonnela ; I D. cancha âtt cellalea pi

Ces oellnles sont multipolaires, rarement bipolaires ; leurs pro> longements interoes se dirigent vers ta couche des fibres ner- Tfinses soua-jacenles et vont se mettre en connexion, ainsi que l'a iléinontré Gorti, avec les cylindres-axes de cette couche. Les autres, ploi nombreux et plus grêles, se dirigent en dehors et vont se répuidre dans la couche granulée interne.

Ces eellnles sont placées au milieu d'une substance fondamen-

taie, où Ton trouva également de nombreuses fibrilles et des pla« ques membraneuses de nature conjonctive, émanées des fibres de Miiller.

La couche granulée interne est formée par de fines fibrilles Irrégulièrement enchevêtrées au milieu d'une substance grise amorphe, et paraissant être, les unes dénature ner>'euse, les autres de nature cellulaire. Les premières ne sont autre chose que les prolongements des cellules ganglionnaires, subdivisés en un grand nombre de ramifications. Les secondes proviendraient des fibres de Mtiller (fibres de soutien), qui traversent perpendiculairement la rétine. Cette couche a environ 0°°,03 à 0"",04 d'épaisseur.

La couche granuleuse interne, ou couche interne des grains, renferme deux espèces d'éléments cellulaires et deux espèces de fibres.

Les cellules les plus volumineuses, appelées aussi quelquefois grains de cette couche, sont de nature nerveuse. Elles présentent une grande analogie avec les cellules ganglionnaires bipolaires, sauf que leur substance cellulaire est fort peu abondante, tandis que leur noyau, très-volumineux, remplit presque complètement l'enveloppe ; ce noyau renferme un nucléole très-petit, mais trèsbrillant.

De chacune de ces cellules partent deux prolongements : l'un externe, Tautre interne, qui constituent le premier ordre de fibres. L'externe, plus volumineux que l'interne, se dirige vers la couche granulée externe, où il s'anastomose avec les fibrilles nerveuses de cette couche. L'interne vase perdre dans la profondeur de la couche granulée sous-jacente.

La surface lisse de ces fibres et leur dégénérescence variqueuse sous rinfiuence de Timbibition dénotent leur nature nerveuse.

Les autres cellules de cette couche sont de nature conjonctive ; les fibres qui leur correspondent sont "rugueuses, se décomposant en fibrilles ; la plupart émanent des fibres de soutien de la rétine (fibres de Mûlter).

La couche granulée extetme offre la plus grande analogie avec la couche granulée interne. Elle est composée également d'une matière amorphe granulée, dans laquelle s'épanouissent des fibrilles lisses nerveuses et des fibrilles de tissu conjonctif. Schultze a décrit récenmient dans cette couche de belles cellules étoilées.

La couche granuleuse externe se compose de cellules ou noyaux de nature nerveuse, présentant la même structure que ceux de la couche granuleuse interne ; on y trouve aussi des cellules de nature conjonctive. Les premières sont plaxïées sur le trajet des fibres qui vont se mettre en connexion avec les cônes et les bâton-

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