TROUBLES CIRCULATOIRES DE LÀ RÉTINE
ffections oculaires qui s'accompagnent d'un excès de tension, n le voit survenir avant le pouls artériel, n semble quelquefois lié à des troubles circulatoires de Tencéthale; c'est ainsi qu'on a signalé sa fréquence chez les paralytiques lénéraux, assertion que j'ai eu moi-même l'occasion de confirmer L l'asile Sainte- Anne. Enfin je l'ai observé assez souvent chez des oalades atteints d'affections cardiaques.
POULS autériel.
Dans un travail sur lequel nous aurons h revenir tout à l'heure, )tto Becker a cherché à déterminer les conditions qui favorisent l'apparition du pouls artériel dans l'œil normal. On sait qu'après ladéccaverte de l'ophthalmoscope, Helmholtz chercha vainement k l'apercevoir. Donders, au contraire, prétendit l'avoir rencontre dans certains cas. Les expériences d'Otto Becker expliquent la contradiction apparente de ces faits.
Ed examinant à un grossissement de \6 diamètres les artères da mésentère de la grenouille, qui ont à peu près le volume de l'artère centrale de la rétine. Ton constate bien à chaque contraction an cœur une accélération du courant sanguin, mais pas de battement. Toutefois, les mêmes artères, dans les points où elles se divisent pour donner naissance à plusieurs branches,subissent des diangements de calibre, et il se produit là de véritables pulsations.
Quand dans un œil physiologique où il n'existe aucun trouble bmetionnel on observe des battements artériels et que le sujet n'a pas d*afrection cardiaque, l'origine de ces battements peut tonir à deux causes dépendant toutes deux d'une disposition ^aatoroique locale : ou bien ce sont simplement des mouvements Bommuniqués par les pulsations physiologiques des veines du voisinage, et dans ces cas les battements artériels succèdent à ceux les veines ; ou bien le tronc principal artériel fournit des rameaux lui s'écartent presque à angle droit au niveau de la bifurcation. Le pbénomène est alors tout à fait analogue à celui que l'on observe Hir le mésentère de la grenouille.
Chex deux malades cités par Otto Becker, l'artère centrale se présentait dans une direction perpendiculaire à la surfat^e de la papille) Bt se divisait là en quatre rameaux également perpendiculaires. «^ battements étaient manifestes dans les deux cas au niveau de •^bifurcation. L'un des deux sujets n'accusait aucun trouble foncfionnel; l'autre se plaignait de mouches volantes, bien que les ^lieox de Fœil fussent parfaitement transparents. Ce symptôme AiABu. UtU. de$ yauB, t. ii. 8
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subjectif devait-il être rattaché aux battements? Otto Becker s'est posé la question sans la résoudre.
Le plus souvent le pouls artériel n'existe donc pas à l'état normal, mais il peut se montrer dans plusieurs conditions pathologiques différentes.
1° Lorsque la pression intra-oculaire s'élève ; elle s'oppose alors à la pénétration continue de l'ondée sanguine dans la cavité oculaire et les artères ne se remplissent plus qu'au moment où la systole ventriculaire fait augmenter la pression dans les vaisseaux .
Ainsi s'explique le pouls artériel qu'on observe dans le glaucome^ symptôme important sur lequel de Grœfe appela le premier l'attention. Dans cette affection, l'apparition du pouls artériel est encore favorisée par la rigidité de la sclérotique résultant de ses transformations séniles; le pouls spontané fait cependant souvent défaut dans le glaucome, mais il suffit toujours d'augmenter très-légèrement la pression au moyen du doigt pour le faire apparaître.
2* L'artère centrale est-elle comprimée, soit par le fait d'un gonflement du nerf lui-même, soit par une tumeur voisine, son calibre rétréci offre à la circulation une résistance qui n'est vaincue qu'au moment de la contraction énergique du ventricule gauche; c'est dans cette catégorie de faits qu'il faut ranger les battements artériels signalés dans quelques cas de tumeurs de T orbite et dans les inflammations du nerf optique*
3° La pression intra-oculaire restant la même, les battemenU artériels peuvent se produire quand, par suite d'un manqM d'énergie des contractions cardiaques, la tension vient à faiblir dans le système vasculaire.
Telle est la cause des pulsations qu'on observe dans la synco/e^ pendant la période asphyxique du choléra et dans Vinsuffisanei aortique. Au point de vue du diagnostic de cette dernière affection, le symptôme dont nous nous occupons peut avoir une valeur clinique importante, aussi croyons-nous utile d'entrer dans quelque»: détails à ce sujet.
C'est au congrès ophthalmologique d'Heidelberg en 1871 qtt« le docteur Otto Becker attira l'attention des observateurs surTap-i paritiou des battements spontanés de Tarière centrale de la rétint dans les cas d'insuffisance aortique. Pourtant Quinck (I) avtf déjà publié des recherches sur le même sujet, et c'est à lui ?* revient en réalité le mérite d'avoir signalé le premier ce fait.
(1) KlinUche Wochenschrift, 1868, 11034.
HYPERTROPHIE DES PAttOiS DES VAISSEAUX. 115
Le iravail d'Otto Becker(i) est basé sur dix-sept observations de malades atteints d'affections cardiaques.
Dans tous les cas d'insuffisance aortiquepw^e avec ou sans hypertrophie notable du ventricule gauche, l'on a pu constater des pulsations spontanées sur les artères de la papille.
^observation portant le numéro 11 fait seule exception. Mais il importe de noter qu'au moment de l'examen le malade était très* faible, très-anémique et le pouls radial très-petit. Cette faiblesse générale était peut-être la cause de l'absence des pulsations.
L'observation n" 14 mérite de fixer l'attention : à l'examen ophtbalmoscopique il ny avait pas de battements spontanés dans l'artère centrale de la rétine . Le diagnostic porté pendant la vie était pourtant insuffisance des valvules aortiques et de la valvule mitrale. Mais l'autopsie démontra quil s'agissait d'un anévrysme de l'aorte ascendante, accompagné d'endartérite chronique et d'hypertrophie du cœur ; les valvules étaient saines.
L'observation n* iC est aussi des plus intéressantes. Le diagnostic fait avant l'examen ophthalmoscopique avait été ainsi formulé : Anévrysme de la crosse de l'aorte, siégeant entre le tronc brachio-céphalique et la carotide gauche. Otto Becker examina le malade à l'ophthalmoscope sans connaître l'état du cœur, et constata des battements très-prononcés de l'artère centrale dans l^œil gauche^ à peine sensibles au contraire dans Vœil droit.
4^ Enfin, la contraction spasmodique, tétanique des parois des vaisseaux, en produisant la diminution de leur calibre, peut apporter à la circulation de l'œil un obstacle suffisant pour provoquer l'apparition du pouls artériel. Les battements des artères de la papille observés par Galezowski dans l'asphyxie locale des extrémités doivent être expliqués de cette façon.