TROUBLES CIRCULATOIRES DE LA RÉTINE
FOULS V£INEUX.
Il est dit dans la plupart des ouvrages d'ophthalmologie qu'on peut, dans les conditions normales, apercevoir dans les veines de la papille des pulsations spontanées synchrones avec la systole ventriculaire. Cette assertion est erronée; on peut affirmer an contraire que dans la grande majorité des cas, même en faisant usage d'un fort grossissement, il est impossible de constater le moindre battement dans les troncs principaux dont la réunion constitue la veine centrale de la rétine. Pourtant il est incontes* table que ce phénomène peut se montrer sur des yeux absolument sains, et en pareil cas on est forcé de le considérer comme physiologique.
Ce pouls veineux se montre dans les grosses ramifications veineuses. Celles-ci, qui occupent la surface de la papille, semblent se contracter sur elles-mêmes ; au moment de la systole ventriculaire et, par conséquent, de la diastole artérielle, elles pâlissent et se vident du centre vers la périphérie ; puis, pendant la systole artérielle, le sang les remplit de nouveau de la périphérie vers le centre.
Mais du moment où Vendée sanguine artérielle pénètre dans la cavité oculaire, elle produit nécessairement un excès de tension et, par suite, une compression des veines. Or, les gros troncs veineux, où la tension vasculaire est plus faible que dans les veinules, se laissent aplatir plus facilement, et le sang semble refoulé du centre vers la périphérie. L'ondée sanguine artérielle projetée dans le globe, continuant son mouvement de propulsion, arrive dans les capillaires, refoule de nouveau le sang veineux en avant, et le calibre de la veine se rétablit.
Si le pouls veineux n'apparaît qu'exceptionnellement dans les conditions physiologiques, par contre, on le rencontre assez fréquemment dans certains états morbides. Il est d'abord facile de provoquer son apparition en comprimant légèrement avec le doigt le globe oculaire ; dans cette expérience le pouls veineux précède constamment le pouls artériel, qui exigé pour se montrer une compress^ion plus forte. De même dans toutes les