‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 51 sur 146 · RAMOLLISSEMENT DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

RAMOLLISSEMENT DU CORPS VITRÉ

ttsage d'un faible verre convexe placé derrière le trou du miroir, de façon à voir distinctement avec un plus fort grossissement. Ces opacités sont remarquables par leur grande tendance aux récidives.

Les corps flottants du corps vitré dépendant de processus pathologiques fort différents les uns des autres, leur traitement devra varier aussi suivant leur cause. Les opacités fines, diffuses, qui s'observent dans Tirido-choroïdite séreuse , céderont aux tnmspirations, aux purgatifs, à la teinture de colchique, à la paracentèse de Tœil, etc.

Les mouches volantes des myopes, qui semblent être en rapport avec le développement progressif d'une scléro-choroïdite postérieure, seront combattues par les moyens déjà indiqués à propos de cette dernière affection : soins hygiéniques de la vue, ehoix de verres correcteurs convenables, ventouses Heurteloup, pilules de sublimé, etc.

Les fines opacités qui accompagnent les rétiniles ou choriorétinites syphilitiques seront justiciables d«»s préparations mercurielles et en particulier des frictions.

RAMOLLISSEMIiNT DU CORPS VITRÉ.

Los nouvelles recherches d'anatomie pathologique, et en particulier les travaux d'iwanoff et de Pagenstecher, sont venus modifier profondément l'opinion qu'on s'était faite jadis sur le ramollissement du corps vitré. C'est ainsi que dans les ectasies du globe oculaire accompagneras di» scléro-choroïdite postérieure, état pathologique si fréquemment associé aux forts degrés de myopie, l'ap- |«irition d<ï mouches volantes extrêmement mobiles faisait croin» autrefois au ramollissement de ce milieu. Or, comme nous le verrons plus tard, en pareille circonstance, le corps vitré se détache d^s membranes sous-jacent«*s, et l'espace perméable ainsi produit eslc^jmblé par un liquide séreux dans lequel flottent les opacités apparentes à l'ophlbalmoscope ; quant au corps vitré lui-mùme, il subit au contraire une sorte de tassement, un commencement ^organisation surtout marqué dans le voisinage de la surfaces décollée.

Schwalbe et Pagenstecher ont démontré que des lésions analogues se produisent quelquefois dans le segment antérieur de l'œil. Ainsi, dans la scléro-choroïdite antérieure, dans l'hydrophthalmitî

et les diverses affectioDs qui intéressent la région ciliaire et aboutissent à son ectasie, il peut survenir une hypersécrétion d'un liquide séreux qui refoule le corps vitré et s'interpose entre ce milieu et la face postérieure du cristallin.

Jadis, le tremblement de Cirù était considéré comme un signe pathognomonique du ramollissement du corps vitré. Ce sj-mptôme, qu'on observe d'ordinaire dans les luxations complètes ou incomplètes du cristallin, peut tenir uniquement à la production d'un exsudât séreux au-devant des couches antérieures de l'humeur vitrée, et il ne nous renseigne nullement sur l'état de ce milieu lui-môme. On attachait aussi une grande importance à la consistance du globe oculaire, mais des recherches d'anatomie pathologique ont démontré que dans ces cas de phthisie commençante de l'tBil, dépendant d'une irido-choroïdite chronique, il y a plutôt décollement du corps vitré accompagné de décollement rétinien; quant à la trame du corps vitré, elle paraît au contraire condensée.

En somme , un seul signe clinique permettrait d'apprécier le degré de liquéfaction du corps vitré : ce serait la facilité avec laquelle les opacités renfermées dans ce milieu se déplacent pendant les mouvements de l'œil. Pour se rendre compta de la mobilité des corps flottants, il faut se mettre très-près de l'ouverture pupillaire et se servir du miroir seul ; le malade étant invité à regarder alternativement en haut et en bas, on aperçoit sur le fond rouge de l'œil ces petits corpuscules noirâtres se déplaçant et voltigant avec une facilité d'autant plus grande que le milieu dans lequel ils se trouvent est plus ramolli. Si l'on veut faire un diagnostic précis, cet examen exige une grande attention ; il faut en effet s'assurer, avec l'ophthalmoscope, que les opacités mobiles occupent le centre même du globe oculaire et non pas seulement les couches profondes ou superficielles, sans cela on court le risque de se méprendre et do croire à un ramollissement général du corps vitré, alors qu'il s'agit d'un décollement limité aux parties antérieures ou postérieures.

Le véritable ramollissement do l'humeur vitrée se rencontre dans les afTections caractérisées par une hypersécrétion des liquides intra-oculaires qui s'infiltrent dans ce milieu et le désorganisent ; ainsi on le trouve porté au plus haut degré dans les états glaucomateux. On l'observe encore assez fréquemment à la suite do la pénétration d'un corps étranger dans le globe oculaire, ou do la luxation spontanée ou provoquée du cristallin (cataracte par abaissement), précisément à cause des accidents

DÉCOLLEMENT DD CORPS VITHË. 203

liUneonuit«ux déterminés par l'irritation mécanique des nerfs ci- Uatres.

Ia liquéfaction du corps vitré, symptôme de la déchéance de l'organisme, n'est pas rare rlioz les vieillards qui présentent des itrophtes senties de la choroïde. Elle est alors, sans aucun doute, la conséquence d'un épaississement verruquetix de la lame élastique de cette membrane, 16sion qui apporte évidemment un obstacle considérahlo aux phénomènes ondosmo-cxosmotique^ dont dépend la nutrition des milieu:; de l'œil.

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