MOUCHES VOLANTES SUBJECTIVES
Elles n'ont aucune importance et leur cause réelle nous échap^^ pe encore complètement. Faut-il Jes attribuer à quelque cellule p^Hus volumineuse et moins transparente qui projette une ombre sur la rétine? s'agit-il de la rupture d'un vaisseau capillaire, ou de la d truction de quelques cônes ou bâtonnets? C'est ce qu'il est di cile de dire, I'ophthalmoscope restant muet à cet égard. Quoi qt :3'il en soit, un nombre considérable d'individus se plaignent d'é'^-re incommodés par un ou plusieurs points noirs apparus subitement dans le champ visuel ; ceux-ci tantôt semblent flotter dans la cavSté oculaire, et après une brusque impulsion de l'œil continuent à ^^ mouvoir lentement alors que celui-ci est déjà au repos ; tantôt î/^=^ sont fixes et leurs mouvements sont solidaires des déplacemen/^^ du globe oculaire. Le plus souvent on les observe sur des y eu dont l'acuité visuelle est parfaite et qui ne présentent aucun antre trouble fonctionnel ; de préférence pourtant ils se montrent chez les myopes.
Bien que nos connaissances sur la nature de ces phénomènes entoptiques soient peu précises , nous savons toutefois qu'ils n'ont aucune gravité, qu'ils sont compatibles avec une intégrité absolue de l'aûl et qu'ils persistent souvent, quels que soient les moyens employés pour les faire disparaître. En conséquence, on se contentera de rassurer les personnes qui s'en plaignent, on les engagera à ne se préoccuper aucunement de leur état ; il serait complètement inutile de les soumettre aune médication qui n'aurait le plus souvent aucun efTet,
.MOUCHES VOLANTES OBJECTIVÉS, OPACITES DU CORPS VrTHE.
Les mouches volantes objectives sont celles qui sont dues à des opacités du corps vitré visibles h I'ophthalmoscope; elles nous révèlent non-seulement une altération plus ou moins considérable de ce milieu, mais aussi une lésion plus ou moins prononcée des membranes profondes. Elles sont provoquées par des corps flottant dans le corps vitré, dont le noml^re et la forme sont des plus variables.
Très-communes chez les myopes d'un fort degré atteints de scléro-
cboroîdite postérieure, elles apparaissent h rophthalmoscope sous forme de petits corps floconneux grisâtres ou noirâtres extrêmement mobiles dans le corps vitré, dont le ramollissement et la liquéfaction facilitent leur déplacement. Comme elles siègent h la partie déclive du globe oculaire, il faut pour les amener dans le champ pupillaire inviter le malade à regarder succes- MTement en haut et en bas pendant qu'on explore le champ pnpillaire avec le miroir de rophthalmoscope (procédé de l'image droite), on aura la précaution de se tenir tn*s-près de Touverture papOlaire, de façon à pouvoir embrasser d'un coup tVœil la plus grande étendue possible du fond de Fceil.
Chez les myopes, ces flocons restant le phis souvent isolés, peu Dwnbreux, n'apportent qu'une gêne insignifiante à la vision et ne méritent guère qu'on s'en inquiète ; mais, s'ils augmentent sensiblement, s'ils viennent à gêner la vision, il faut y prendre garde : ils «ont souvent alors un symptôme précurseur de complications plu« graves et en particulier du décollement de la rétine.
Dans certaines formes de cboroîdite où la conservation du pigment de la couche épithéliale et le trouble des milieux mettent obstacle aux investigations ophlhalmoscopique:^, l'apparition do nombreux corps flottants dans le corps vitré est le seul symptôme qui permette de diagnostiquer les lésions inflammatoires de la cboroïde. Ces opacités sont quelquefois tellement ténues, qu'il est impossible de les isoler les unes des autres ; elles forment comme un brouillard à travers lequel la papille apparaît comme un disque rougeâtre dont les contours sont efl*acés.
Celte apparence rougeâtre de la papille ne tient pas à une hyp«rémie réelle, elle est due à ce que la lumière composée, réfléchie isa surface, revient à l'observateur en traversant un milieu trouble. Tout le monde a remarqué la coloration rouge des flammes des ^>ec8de gaz par un temps brumeux ; le phénomène qui modifie la teinte du fond de Tœil est du même ordre. Il importe de savoir distinguer ce voile nuageux occasionné par de fines opacités du corps vitré, des troubles diffus localisés dans la papille ou la rétine par suite d'une infiltration pathologique de ces organes, dans la névrite, la rétinite, etc. Pour établir ce diagnostic diff'érentiel, on wplorera avec soin les parties équatoriales de l'œil. S'agit-il i'une infiltration péripapillairc, les vaisseaux rétiniens recouvrei^ut leur netteté aux abords de la zone ciliaire ; a-t-on affaire, *tt contraire, à un trouble du corps vitré, les vaisseaux seront vus Presque aussi confusément dans les régions j)ériphériques qu'au voisinage de la papille.
Dans les formes graves de choroïdite, le nombre et le volume des corps flottants augmentent tellement qu'il est quelquefois irapossible d'apercevoir la moindre lueur rougcâtre du fond de Topil. Vue à Topbthalmoscope, la pupille prend alors une couleur noire qui pourrait en imposer pour une cataracte. Mais l'examen à l'éclairage oblique lèvera aisément nos doutes ; si le cristallin est transparent, les trois images de Purkinje seront parfaitement distinctes et le trouble des milieux devra être alors nécessairement attribué aux opacités du corps vitré. Quelquefois celles-ci, au lieu de rester floconneuses, deviennent membraneuses ; elles sont alors comparables à des toiles d'araignée, et comme elles contractent des adhérences entre elles et avec les parties voisines, elles ne se déplacent que très-lentement pendant les mouvements du globe oculaire.
Des épanchements sanguins, soit spontanés, soit traumatiques, peuvent aussi déterminer l'apparition de corps flottants dans le corps vitré. Ceux-ci proviennent alors et du reliquat de Textravasation sanguine et du trouble nutritif résultant de la dilacération des milieux de l'œil. En général les opacité de cette nature dispa* raissent spontanément, et dès que l'exploration des membranes profondes est redevenue possible, on aperçoit quelque part à la surface de la choroïde ou de la rétine les lésions vasculaires qui ont donné naissance à l'hémorrhagie.
Les altérations du corps vitré dépendent, dans l'immense majorité des cas, de troubles nutritifs survenus dans le tractus uvéal, qui contribue dans une large mesure h la nutrition de ce milieu. Est-il possible qu'elles puissent se produire aussi spontanément, indépendamment de tout état morbide concomitant de la choroïde? L'observation clinique répond à cette question d'une manière affirmative. Certaines maladies de la rétine seule peuvent entraîner des désordres dans les couches adjacentes du corps vitré. Ainsi, les fines opacités qui accompagnent la rétinite spécifique, les flocons membraneux qui apparaissent à la dernière période de la rétinite pignientaire, semblent être sous la dépendance exclusive des lésions rétiniennes ; la choroïda ne prend, en pareille circonstance, aucune part au processus.
Les opacités symptomatiques des inflammations de la rétine sont comparables à une fine poussière qui se soulève en tourbillon au moindre mouvement de l'œil ; elles sont tellement ténues qu'elles échappent scmvent à un examen superficiel ; il est nécessaire, pour les découvrir, d'agrandir le champ pupillairc en instillant de l'atropine, de se tenir très-près de l'œil et de faire