ÂNBSTHËSIE DE LA RÉTINE
néliorée par les verres foncés ou lorsque le malade se trouve lEcé dans une demi-obscurité.
En général, la diminution de la vision centrale est peu considéible; elle s'abaisse rarement au-dessous d'un tiers à un quart; e n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels que la cécité st presque complète.
L'affection se développe subitement et atteint son apogée en [uelques heures ou en quelques jours.
De Grœfe a signalé un symptôme important de l'anesthésie rétilienne : c*est Vintégriié des phospkènes dans la zone rétinienne où a sensibilité à la lumière est complètement émoussée. I^a commssion mécanique des fibres nerveuses dans ces points étant nhrie de sensations lumineuses subjectives, cela prouve que les iiêments conducteurs des impressions lumineuses sont intacts et lo'il y a simplement ou bien altération des éléments sensoriels cônes et bâtomiets), ou bien interruption de communication entre ieox-ei et les éléments conducteurs (fibres du nerf optique). D'ha- !)ihide, la gnérison survient au bout de quelques semaines ; excepionnellement pourtant, le rétrécissement du champ visuel et l'hy- )ereflthésie rétinienne persistent » mais jamais raffcction ne se Màne parla cécité.
Le traitement consiste d'abord à éliminer toutes les causes sus- Septibles d'infiuencer l'état de la sensibilité générale.
Chez les personnes faibles, nerveuses, les toniques, fer, quinquina, l'hydrothérapie, sont particulièrement indiqués. Quand l'hyperesthésie rétinienne domine, on fera séjourner ces malades pendant quelque temps dans une chambre obscure où la lumière ne pénétrera que progressivement. On prescrira des verres bombés iuDés d'une teinte foncée. Tai obtenu quelquefois de bons résultats du bromure de potassium à la dose de 2 à 4 grammes par jour. DeGnefe a préconisé le lactate de zinc à dose croissante, depuis ! centigramme jusqu'à 3 centigrammes par jour.
240 AMBLYOPIES ET AHAUROSES.
AMAUROSE CHEZ LES SATURNINS, LES ALCOOLIQUES, LES FUMEURS, LES DIABÉTIQUES.
L'amaurose avait été signalée chez les saturnins par Tanqu rel des Planches, Romberg, etc., mais les lésions oculaires qui 1 déterminent n'avaient pu être reconnues, lorsque Hutchinson e Toccasion de constater chez un malade atteint d'intoxication satui^"""^"
nine la présence de név7*ùes optiques. Ce fait important a été con
firme depuis par d'autres praticiens. Stricker a observé à la cli-^ nique de Traube un malade intoxiqué par le plomb, qui, chaqu^^^ jour, à plusieurs reprises, éprouvait une obnubilation général^^^ dans toute l'étendue du champ visuel. L'examen ophthalmosco pique révéla la présence d'une double névrite optique, qui disparu en même temps que le trouble fonctionnel, après deux mois des traitement.
Si de nouvelles observations viennent s'ajouter aux précédentes, ce sera au chapitre des névrites optiques qu'il faudra désormai»décrire les troubles de la vision qui nous occupent.
L'amaurose saturnine est constamment précédée des autres symptômes habituels de l'intoxication plombique : tantôt ce sont des coliques, tantôt des phénomènes paralytiques du côté des extenseurs, tantôt de l'encéphalopathic, attaques épileptiformes, etc. Elle survient aussi habituellement chez les individus que leurs professions exposent le plus à cet empoisonnement, tels que peintres, ouvriers employés à la fabrication de la céruse, etc.
Récemment, on a émis l'opinion que Tamaurose saturnine serait due à Valbuminurie concomitante. Il n'est pas rare, on le sait, de trouver de l'albumine dans les urines des saturnins cachectiques ; cette albuminurie secondaire déterminerait les mêmes lésions que d'habitude sur le fond de l'œil et serait la cause de Tamblyopie.
Cette théorie est séduisante, et je puis dire, pour mon compte, qu'ayant examiné, dans les hôpitaux de Paris, plusieurs saturnins affectés d'une diminution de la vision, j'ai trouvé le plus souvent les signes ophlhalmoscopiques de la rétinite albuminurique. Ce sujet réclame donc de nouvelles recherches, et chaque fois qu*un saturnin éprouvera des troubles visuels, il sera bon d'examiner ses urines.
AIUUROSB GHBZ LES SATURNINS. 241
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Uackenzie et surtout Siebel (1) appelèrent les premiers Tattention sur l'amblyopie qui atteintles personnes faisant un usage immodéré de tabac. Pour Siebel, tout bomme qui fume plus de 20 grammes de tabac par jour peut éprouver des altérations du côté de la vue et de la mémoire. Il parle d*un fumeur enragé qui , non content d* avoir la pipe à la boucbe toute la journée, fumait encore pendant la nuit pour se distraire pendant ses insomnies. Cet bomme devint complètement aveugle^ et recouvra ensuite la vue grâce à un traitement antipblogistique et à l'abandon complet de sa funeste habitude.
La plupart des fumeurs dont la vision commence à diminuer pressentent déjà d'autres signes manifestes d'une intoxication générale chronique : leur boucbe, imprégnée de tabac, cxbale une odeur caractéristique ; ils n'ont plus d'appétit ni de sommeil, leurs nuits sont agitées, leur mémoire est moins bonne, ils ont du tremble* ment. Ces accidents doivent être attribués, pour une certaine part^ à Tabus de l'alcool, qui est presque toujours le complément babitnel de Tabus du tabac.
D'après Forster, le trouble de la vision serait surtout occasionné par la présence d'un scotome central s'étendant vers le côté temporal du cbamp visuel. Avec le périmètre, on réussit quelquefois à déterminer les limites de ce scotome. Dans cette zone, où la sensibilité rétinienne est surtout émoussée, il existe babituellement une perversion considérable dans la faculté de perception des couleurs ; le vert cesse d'être perçu le premier, puis le rouge, (nfin le jaune ; c'est le bleu qui persiste le dernier. Sauf la lacune correspondant au scotome, le cbamp visuel conserve toute son étendue.
Ces malades distinguent généralement mieux le matin ou le soir aa crépuscule qu'eq pleine lumière ; des lunettes fumées qui tamisent le» rayons lumineux leur procurent aussi une amélioration notable.
L'examen du fond de l'œil ne révèle aucune altération importante; la pupille parait quelquefois rouge, bypérémiée, et les veines semblent engorgées de sang ; dans d'autres cas, elle est au contraire plus pftle qu'à l'ordinaire ; mais ces lésions sont insufiO-
(1) iifHHOM aoeuJUUtiquÊ, t. LUI, p. iS2.
AtAiff. Mal, des yeux, t. ii. 1G
14t AMBLY0PIK8 BT AHADIlOlBi.
santés pour expliquer la diminution considérable de Tac suello.
Cette variété d'amblyopie, en somme relativement ran nombre considérable de fumeurs, exige probablement, ] manifester, quelques conditions particulières; d'abord» nous Tavons déjà dit, le plus souvent, ces grands fumet aussi grands buveurs ; en outre, ils s'alimentent mal, soitp de la perte d'appétit et de sommeil que détermine à la l'usage immodéré du tabac, soit par le fait des mauvaise tiens hygiéniques dans lesquelles ils vivent. L'âge a aussi i taine importance ; presque jamais cette forme d'annUy s^observe au-dessous de vingt-cinq ans.
L'amblyopie des akooliques présente à peu près les même tères cliniques que celle des fumeurs; du reste, Tabus de et l'abus du tabac marchant souvent de pair, et il n'est ] jours facile de discerner laquelle de ces deux causes exeroe fluence prépondérante sur les troubles visuels.
Le pronostic n'est grave que si raffection est méconnii< le malade n'a pas assez d'énergie pour renoncer à ses i habitudes. On a dit en pareil cas, mais sans en fournir des absolument positives, qu'il pourrait survenir une atrophie à optiques. Le plus souvent, le scotome central dont nous avo persiste à un degré plus ou moins prononcé.
Le traitement consisté évidemment à supprimer toat d^i cause manifeste de la maladie. L'usage du tabac et des ] alcooliques sera rigoureusement interdit. Des pilules d'opl dose de i centigramme par jour, le vin de quinquina* les in sous-cutanées de strychnine aux tempes* à la dose de gramme, pourront être employés avec quelque avantaf toujours à la condition expresse que le malade ait rem préalable à ses funestes habitudes.
Leber a réuni quelques cas d'amblyopie sans lésion , s dans le cours du diabète. L'examen ophthalmoscopique éfa que toujours négatif, c'est à peine si on trouve notée qu< une très-légère décoloration de la papille. Les troubles de présentaient des formes variables et des degrés divers, t centrale était tantôt à peine atteinte, tantôt complétemen Dans quelques cas le champ visuel présentait des lacnii)
AlIBLYOPIES DANS LES INTOXICATIONS. 243
d'antres il était intact. S*il existait des scotomes, c'étaient platôt des sootomes négaiifê (Forster), sans altérations dans la région eorrespondante de la rétine ; au lieu d'apparattre au malade comme de véritables taches , ils ne se révélaient qu'à l'exploration da champ visuel.
On a vu quelques malades se plaindre A'kémiopie. La perversion da sens des couleurs était peu accusée et limitée seulement u retendue des scotomes.
Tous ces 8}inptômes concordent pour prouver que l'amblyopîe diabétique doit être rattachée à un processus dont la nature nous éefaappe, mais qui a probablement son siège dans le nerf optique. On pourrait objecter ici que l'amblyopie considérée comme d'origine diabétique a pu survenir indépendamment de l'état général; ■ais, comme presque toujours, le traitement, qui a réduit la quantité de sucre contenu dans l'urine, a amélioré aussi la vision, il est difficile d'admettre Thypothèsc d'une simple coïncidence.
AMBLTOPIES DANS LES INTOXICATIONS PROVOQUÉES PAR L'ATROPINE, LA MORPHINE, ETC.
Tout le monde connaît ai^jourd'hui Taction particulière exercée par l'o/ropine, Yhyoscyamtne et quelques autres alcaloïdes extraits àtAtolanées vireuses instillés en solution dans le cul-de-sac conjonctiral. Le sphincter de l'iris se rel&chc, les fibres radiées, au con- Wre, se contractent de telle sorte que la pupille atteint sa dilatation maximum et devient immobile.
Le muscle ciliaire inner\'é par la troisième paire subit également Tinflaence de ces diverses substances; il est paralysé, et la fonction de l'acconmiodation se trouve , par suite , nécessairement abolie. Dès lors, la vision de près devient extrêmement confuse, et si le sujet est hypermétrope, la vision à distance se trouve aussi notablement amoindrie.
Les mêmes sjrmptômes s'observent quand ces divers alcaloïdes, an lieu d'être appliqués localement, sont donnés à l'intérieur à titre de médicament, ou bien absorbés par mégarde. L'atropine à dose modérée, avant même de provoquer les sjrmptômes bien con- Utt de lïntoxication, c'est-à-dire la sécheresse et l'amertume de l* gorge, la fréquence et la dureté du pouls, les vertiges, etc., a déjà produit la dilatation de la pupille et la réduction de Vamplitode de laccommodation.
244 ÂMBLYOPIES ET ÀMAUROSES.
Vopium et quelques-uns de ses alcaloïdes, tels que la mo^ phine, etc., pris à dose toxique, produisent des effets opposés! ceux de l'atropine, et déterminent le rétrécissement de la pupilled le spasme du muscle ciliaire. De là l'idée toute naturelle, à laquelle on doit de nombreux succès, d'utiliser dans la pratique les propriétés antagonistes de ces deux substances.
Le sulfate de quinine y aux doses habituelles, détermine rapidi' ment des troubles fonctionnels du côté de Touîe. Il soirieotdes tintements, des bourdonnements d'oreille, et parfois même une surdité passagère. L'action de cette substance sur Torgane de la vision est beaucoup moins marquée; il est rare qu'elle produise dei troubles fonctionnels si la dose de 1 gramme à 1^,50 par jour n'est pas dépassée ; mais à dose plus forte, ce médicament peut provoquer une amaurose plus ou moins grave. Briquet a observé, à Ift suite de Tadministration pendant plusieurs jours consécutifs de 3 à 5 grammes de sulfate de quinine, une amaurose passagère qoi disparut dès que l'usage de ce médicament fut suspendu. Gaer« sant a rapporté l'histoire d'une femme qui, forcée par son miii atteint d'aliénation mentale, d'absorber une dose considérable de sulfate de quinine, perdit l'ouïe et la vue. De Grœfe a publié des faits analogues.
La santonine exerce une influence remarquable sur la perceptioi des couleurs. La rétine devient insensible à l'action des rayou violets, et les objets sont vus avec une teinte jaune^ couleur cob* plémentaire du violet. Administrée à haute dose, cette substanff détermine une dilatation de la pupille et de Tamblyopie.
ÀMAUROSES CONSÉCUTIVES AUX HÉMORRHAGIES