VERRES CORRECTEURS DANS L'HYPERMÉTROPIE. 3 H
lieu de s*en préoccupe r, ni de la corriger. Le cristallin, grâce à son élasticité parfaite à cet àgc, est en mesure de satisfaire à tous les efforts d'accommodation exigés de lui. Mais, si le degré de Thypermétropie est considérable, elle peut se manifester même chez les jeunes sujets et il esl nécessaire alors de choisir des verres correcteurs.
Gomme nous Tavons déjà vu, Doiiders a fait la remarque que le dénominateur de la fractiou exprimant le degré d'hypermétropie correspond précisément à Cage auquel l'hypermétropie devient
manifeste. Ainsi, une hypermétropie é/jale à — commence k se
manifester à l'âge de dix ans.
Nous avons, par conséquent, déjà là un point de repère pour le choix des verres correcteurs.
Chez les sujets qui présentent des troubles asthénopiques, on cherchera, soit par le procédé de Donders (emploi des verres convexes pour la vision à distance), soit à l'ophthalmoscope, à déterminer le degré d'hypermétropie manifeste^ c'est-à-dire à trouver le verre convexe le plus fort avec lequel la vision de loin est encore distincte. Ce verre suffît rarement pour faire disparaître toute fatigue, car il est loin de corriger l'hypermétropie totale^ qui se compose de l'hypermétropie manifeste, plus l'hypermétropie latente. On donnera donc des verres un peu plus forts que ceux qui neutralisent l'hypermétropie manifeste, sans toutefois corriger complètement d'emblée l'hypermétropie totale ; plus tard, si les symptômes d'asthénopie n'ont pas complètement disparu, leur force sera augmentée.
Ainsi, par exemple, a-t-on affaire à une hypermétropie manifeste
r-,on donnera des verres convexes n® 20 ; puis, s'ils sont insuffisants, les verres n® 18, et cnfîn n° 16 si cela devient nécessaire. En moyenne, Donders conseille les vers qui corrigent l'hypermétropie
manifeste, plus le - environ de Thypcrmétropic latente,
Chez Tadulte, les symptômes d'asthénopie se rencontrent plus fréquemment, et sont plus faciles à reconnaître que chez l'enfant. L*hypermétropie n'a pas besoin d'être très-prononcée pour devenir gênante ; pourtant, à moins qu'elle ne soit considérable, il sera innlile de prescrire des verres correcteurs pour la vision à distance, on se contentera de donner des verres appropriés à la vision de près.
Pour choisir ceux-ci, on cherchera par tâtonnement, tout en se KOidaiit sur les règles précédentes, les verres convexes qui procu«
3 1 2 HYPERMÉTROPIE,
reront la meilleure acuYtô et permettront sans fatigue la lecture n^ la même distance que si Toeil était emmétrope. Voici comment je? procède pour m'assurer qu'ils conviennent : je les place dans la. lunette d'essai, et le sujet examiné s'en sert, pour lire à la lampey. pendant une demi-hefure environ. Comme c'est à la lumière arli ficielle que les symptômes d'asthénopie deviennent surtout apparents, s'il subit cette épreuve sans que la vision se trouble, il y a tout lieu de supposer que les verres seront suffisants.
Il vaut mieux donner tout d'abord des verres un peu faibles, dont on augmentera par suite la force s'ils deviennent insuffisants, que de donner d'emblée un verre qui dépasse le degré de l'hypermétropie. Dans le premier cas, en effet, le muscle ciliaîre n'a plus à se contracter outre mesure, tout en étant obligé toujours de fournir une certaine somme de travail qui entretient son activité. Dans le second cas, au contraire, ses contractions n'étant plus nécessaires, sa puissance s'affaiblit rapidement, et Thypermétropie devient de plus en plus manifeste.
Dans les forts degrés d'hypermétropie, et lorsqu'en raison de l'âge du sujet, la presbytie vient encore s'y joindre, on devra prescrire des verres correcteurs pour la vue de loin et pour la vue de près.
Les premiers sans lesquels la vision à dislance est confuse et exige des efforts continuels d'accommodation seront ceux qui neutraliseront exactement l'hypermétropie manifeste. Quant aux verres pour la vision de près, ils devront être généralement trèsforts, pour corriger à la fois la presbytie et l'hypermétropie. Us seront choisis comme précédemment, c'est-à-dire qu'on prendra ceux qui permettent de déchiffrer les plus fins caractères du livre de Snellen à la distance proportionnelle correspondante, On est sûr qu'ils remplissent le but quand ils font cesser tout symptôme d'asthénopie et que l'hypermétrope n'est pas obligé de reculer instinctivement la tête pour mieux apercevoir les objets rapprochés. Si, pai' contre, celui-ci pouvait fixer impunément à une distance plus rapprochée que celle de la vision distincte sans que la vision se troublAt, ce serait une preuve que le verre donné serait trop fort.
En terminant, nous dirons d'une façon générale qu*un verre correcteur, procurant déjà une amélioration notable de la vision, une fois déterminé, il ne faudra pas hésiter à augmenter constamment sa force à mesure que, par suite des progrès de l'âge et de la réduction de l'amplitude d'accommodation, l'hypermétropie qui était restée encore latente se transformera en hypermétropie