‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 83 sur 146 · CAUSES D'£RREURS DANS LA DÉTERMINATION DE LA MYOPIE · texte numérisé non relu

CAUSES D'£RREURS DANS LA DÉTERMINATION DE LA MYOPIE

Dans la recherche de la myopie quelques causes d'erreurs sont h éviter. 11 faut d'abord tenir compte de ce fait qu'un myope possédant une bonne accommodation voit encore aussi bien avec un verre plus fort que celui qui lui convient exactement. Ce verre trop fort compensant au-delà l'excès de réfraclion de l'œil le rend, il est vrai, hypermétrope ; mais il suffit d'un certain effort d'accommodation à cet œil ainsi modifié pour que sa vision redevienne nette. On aura donc toujours soin de choisir, comme donnant lo degré de la myopie, le verre concave le plus faible, procurant le maximum d'acuïté.

Les rayons parallèles réfractés par un verre concave paraissent provenir d'un point situé au-devant du verre et à une distance égale ù sa distance focale. Ce point se trouve donc distant de l'œil d'une longueur égale à cette môme distance focale plus hi distance du

^erre à l'œil. Ainsi un verre concave -r - tenu à un pouce de

Tœil équivaut à un verre — - placé immédiatement devant la

<M)rnée. Ceci nous donne un moyen simple de savoir si le verre choisi est trop fort ou trop faible. L'éloigne-t-on de l'œil et la vision s'améliore-t-elle, cela prouve qu'il est trop fort. Inversement, si la vision devient plus confuse, cela indique qu'il est trop faible.

Dans certains cas les verres concaves faibles améliorent la vision %ans qu'il y ait pourtant de myopie. C'est ce que nous observons par exemple chez les malades atteints d'opacités nuageuses de la cornée. Le rétrécissement de la pupille qui se produit alors pendant l'acte de l'accommodation devenue nécessaire pour compenser l'hypermétropie provoquée par l'interposition du verre concave, diminue la grandeur des cercles de diffusion et rend la vision plus nette. Pour que cette amélioration soit très-sensible, l'opacité doit être placée de telle sorte qu'elle trouble surtout la vision quand la pupille est dilatée. Le verre concave diminuant indirectement Touverture pupillaire agit dans ce cas à la façon d'uno lunette sténopéique.

Une autre cause d'erreur sur laquelle nous aurons à revenir, c'est le spasme de l* accommodation^ complication assez fréquente chez les myopes et qui contribue à augmenter sensiblement le degré de leur myopie. En présence d'une contracture du muscle ciliaire on instillera quelques gouttes d'atropine de façon à paralyser complètement l'accommodation, et les verres correcteurs qui conviendront alors seront beaucoup plus faibles que ceux qui avaient été choisis tout d'abord.

De même quelquefois le degré de myopie déterminé en faisant fixer à distance avec les deux yeux est un peu plus élevé qu'en excluant un œil. Cela tient à ce que certains myopes atteints d'insuffisance n^usculaire des droits internes sont obligés, pour amener les lignes visuelles à Tétat de parallélisme dans la vision de loin de faire des efforts de convergence et par suite des efforts d'accommodation qui augmentent le degré de la myopie.

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