‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 85 sur 146 · VISION DES MYOPES · texte numérisé non relu

VISION DES MYOPES

sur lui de pouvoir vieillir sans être obligé de faire usage de

verres convexes pour la vision de près. Dès que la myopie atteint -,

comme la vision est toujours possible à cette distance sans que Taccommodation entre en jeu, peu importe que cette fonction s'affaiblisse, la presbytie n'est plus à craindre.

Quand la myopie dépasse --, -, les myopes ont une tendance

iO o marquée à rapprocher les objets, et à incliner la tête en les ve^

gardant; ils aiment à lire les petits caractères, récriture fine, ce

qui s'explique» car ils peuvent ainsi embrasser plus d'étendue à la

fois, et éviter les mouvements de la tête et des yeux, forcément

nécessaires avec de gros caractères.

La possibilité de pouvoir atteindre un âge avancé sans qu'il soit ntUe de recourir aux lunettes a fait considérer la myopie comme un vice de réfraction ayant plutôt des avantages que des inconvénients. De plus, bien des personnes croient que la myopie diminue avec le temps et que la vision va constamment en s*améliorant. Il est bon de s'expliquer une fois pour toutes sur ce sujet et de faire ressortir tout ce qu'il y a d'erroné dans un préjugé si universelle* ment répandu.

Les faibles degrés de myopie peuvent à la rigueur être considérés comme sans inconvénients ; mais il n'en est plus de même pour les degrésmoyens et élevés. Loin de s'atténuer la myopie a tou* jours de la tendance à augmenter, et quand elle dépasse une cer* laine limite, des complications graves, ramollissement du corps vitré, décollement de la rétine, etc., sont toujours a redouter. Aussi ces yeux-là sont véritablement malades et exposés à des dangers qu'on ne peut prévenir que par des soins assidus et en usant des plus grands ménagements. La seule chose vraie, c'est qu'avec Fàge le rétrécissement de la pupille augmente un peu Taculié visuelle ; la sclérose du cristallin vient aussi compenser en partie l'excès de longueur de l'axe antéro-postérieur ; mais ce sont là de minces avantages comparés aux lésions du fond de l'œil, qaionttovyoursde la tendance à faire des progrès menaçants.

Les myopes se plaignent fréquemment de mouches volantes; celles-ci peuvent être objectives, c'estrà-dire visibles à Tophthalmoscope; elles dépendent alors de lésions déjà connues, sclérochoroîdite, ramollissement, hémorrhagies du corps vitré, etc. Mais souvent elles sont purement subjectives, et les corps flottants qui leur donnent naissance sont tellement ténus, qu'ils échappent à l'exploration la plus minutieuse. La fréquence plus grande des

mouches volantes subjectives chez les myopes tient à lu conformation spéciale de leurs yeux, l'ombre portée sur la rétine par le> corpuscules qui flottent dans le corps vitré étant plus apparente que dans Toeil normal.

Sauf dans les faibles degrés de myopie où Vacutté visuelle est j^ouvcnt parftiite, elle est en général diminuée, et cela d'autant plus que la myopie est plus foiie ; c'est surtout quand la rayopie

atteint - et au delà que l'acuité visuelle se réduit d'une façon 1res-

sensible. En dehors des lésions spéciales qui se produisent en [jareil cas et qui ont été décrites dans plusieurs chapitres (sclérochoroïdite [)ostérieure, troubles du corps vitré), le seul fait de l'expansion du même nombre d'éléments sensibles de la rétine sur une plus large surface doit évidemment amoindrir la sensibilité de cette membrane. Chez le myope, en effet, le nerf optique possède les mêmes dimensions que chez l'emmétrope et par suite de Tectasie du globe il se développe sur une étendue beaucoup plus grande.

Les myopes ont une puissance d act^ommodation qui, dans les faibles degi'és et chez les jeunes sujets, est à peu près la m^me que chez l'emmétrope ; mais dans les forts degrés, où les faisceaox circulaires du muscle ciliaire sont aplatis et atrophiés, la puissance d'accommodation diminue considérablement et finit par être nulle; du reste, dans ces hauts degrés, cette fonction n'a jamais besoin d'entrer en jeu.

Il importe de fa ire remarquer que l'awijoWttrfere/flfit'e d'accommodation du myope est bien différente de celle de l'emmétrope. Alors tjue ce dernier ne peut faire un effort de convergence sans faire un effort d'accommodation correspondant, le myope, au contraire, a la faculté de fixer un objet rapproché sans contracter **on muscle ciliaire. Comme nous le verrons plus tard, cette considération doit être toujours présente à l'esprit quand il s'agit de donner aux myopes des verres correcteurs. Si, en effet, par des verres neutralisant exactement la myopie, on rend l'œil emmétrope, comme cet œil ainsi transformé n'est plus en état défaire l'effort d'accommodation désormais nécessaire, pour une convergence donnée, sa vue se fatigue et il lui est impossible deconti* nuer à se servir de ses lunettes pour le travail de près.

ftTlOLOGIE DE L.\ MYOPIE. 329

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