‹ Traité des maladies des yeux. v.2, 1876-77Chapitre 87 sur 146 · CAUSES DE LA PROGUESSION DE LA MYOPIE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA PROGUESSION DE LA MYOPIE

Parmi les principales causes susceptibles d^augmenter momentanément la pression intra-oculaire, d'agir conséquemment saria distension des enveloppes de l'œil et do contribuer au développement de la myopie, nous devons signaler en première ligne la«wgestion des vaisseaux de l'œil, les efforts cT accommodation et ceux de co}ive7*gence.

Des expériences de physiologie ont démontré que la réplélioD mécanique des vaisseaux de l'œil provoque une augmentation de la tension intra-oculaire ; rien d'étonnant, dès lors, si l'iurfnai'son de la tête pendant le travail et la congestion du globe ocu' laire qui en est la conséquence, exerce, chez les myopes, une influence si fâcheuse sur lo développement de leur infirmité. Nous verrons, à propos du traitement, quelles sont les précautions à prendre à cet égard.

Le rôle que joue l'accommodation dans les forts degrés de myopie mérite d'être pris en considération, non pas tant par les changements de pression que cet acte physiologique détermine

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dans l'œil, que par rirritation qu'il provoque dans son segment postérieur.

Hensen et Vôlckers ont démontré par d*ingénieusos expériences que lorsque le muscle ciliaire so contracte, la choroïde se déplace et se trouve entraînée en avant. Les tiraillements répétés de cette membrane, se faisant sentir principalement au niveau de son insertion fixe autour de la papille, sont une des causes les plus actives du développement de la scléro-choroïdite postérieure et lie l'amincissement des enveloppes de Tœil à ce niveau. De i)lus, le muscle ciliaire du myope (voyez fig. 61 ), ainsi que Font montré les belles recherches dlwanoff, possède une structure spéciale qui augmente encore cette traction en avant de la choroïde. "Les fibres longitudinales prédominent aux dépens des fibres circulaires, et Comme les premières vont s'insérer et se perdre dans l'épaisseur de la choroïde, leur contraction a pour résultat d'exagérer le dé- P'acement en avant de cette membrane.

Ûans les efforts de convergence, les muscles droits internes, par 'e seul fait de la forme ovoïde allongée du globe oculaire, sont obligés de se contracter énergiquement. Quant aux droits externes, appliqués fortement contre la sclérotique et tiraillés par le fait de l* convergence excessive, ils brident l'œil, le compriment et en augmentent nécessairement la tension.

Pendant cette rotation exagérée du globe oculaire vers le côté î^sisal, le pôle postérieur se déplace en sens inverse du centre de l^ cornée, c'est-à-dire en dehors; la distance qui sépare la macula du nerf optique augmente nécessairement à chaque effort de con- Vergence»et comme ce tronc nerveux jouit d'une fixité relative, la distensiott qui se produit à ce niveau a pour résultat de séparer, de disjoindre les feuillets fibreux de la sclérotique qui sont la contiimation des deux gaines du nerf. Cette dissociation des enveloppes s'accomplit peu à peu et a pour résultat d'affaiblir leur .résistance dans cette région et de favoriser le développement de l'ectasie.

D'autres causes^ moins accusées, il est vrai, que les précédentes, peuvent contribuer encore aux progrès de la myopie. Ainsi, nous devons citer toutes les lésions des milieux transparents ou des membranes profondes, affaiblissant l'acuïté visuelle et provoquant un certain degré d'amblyopie. Il est clair, en effet, que la nécessité, en pareil cas, de rapprocher les objets très-près pour arriver h les distinguer nettement, oblige précisément h ces efforts d'accommodation et de convergence exagérés dont rinfluencc nuisible vient d'être démontrée.

Mannhart a fait remarquer que plus la distance qui sépai'e les centres optiques des deux yeux d'un côté à l'autre de la face est grande, plus la flxation des objets rapprochés doit être pénible.

La situation et la grandeur de Tangle a (voyez fig. 40) ont aussi une certaine importance. La ligne visuelle passe- 1- elle en dehors du centre de la cornée, le muscle droit interne sera obligé de se contracter énergiquement pour Taraener sur le point fixé, et cet effort musculaire devra être d'autant plus considérable, que cet

écart de la ligne visuelle sera lui-même plus accusé.

Tant que la myopie ne dépasse pas --, elle ne présente que

de légers inconvénients, le sujet n'est pas forcé d'incliner la tête pour lire et la convergence n'a rien d'exagéré. Mais, au-dessus de ce degré, les conditions de la vision de près commencent à devenir défavorables, et plus la myopie est forte, plus l'acte de la vision binoculaire s'accomplit difficilement, et plus les diverses cctiises énumérées ci-dessus font sentir leur influence pernicieuse;

exuiln, à un moment donné, quand la myopie s'élève au-delà de

J île plus souvent un des yeux est exclu pendant la fixation et le

*^^jet évite ainsi des efforts de convergence devenus impossibles.

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