‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 100 sur 255 · MODE D'EXPLORATION DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

MODE D'EXPLORATION DE LA CORNÉE

L'examen de la cornée doit être fait daiiî; un ordre et avec une méthode tout particuliers. On y procède d'abord au grand jour, puis à l'éclairage d'une lampe.

1. Le malade est placé tout près d'une fenêtre et un peu obliquement au jour; on lui recommande de fixer un doigt, que l'on promène devant son œil dans toutes les directions. Pendant ce temps, le chirurgien examine attentivement le reflet de la fenêtre qui se projette successivement sur les différentes parties de cette membrane. L'image de la fenêtre, réfléchie sur la cornée, doit être luisante et polie ; lorsque, au contraire, le reflet apparaît brisé, irrégulier ou à facettes, on doit stqv poser l'existence d'un ulcère, d'un abcès ou d'une altération de l'épilhélium.

C'est dans le môme but que le professeur Laugicr a proposé de promener devant l'œil la lumière d'une bougie, dont le reflet cornéen se déforme et devient! inégal, aussitôt qu'il tombe sur une portion exulcérée de cette membrane.

(1) Claude Bernard, Loçoiis .<;i(r le système nerveux. Paris, 1858, t. II, p. 58.

MODE I) EXPLOllATION DH LA CORNÉE,

2. On cherche ensuite si la cornée a conservé partout sa transparence normale. Pour découvrir les opacités, qui sont quelquefois très-petites, on prescrit au malade de diriger l'œil dans tous les sens, en haut, en bas, à droite et à gauche, et, pendant ce temps, l'observateur fixe constamment tout le champ pupillaire. La moindre opacité de la cornée se plaçant devant la pupille apparaîtra comme une tache laiteuse sur le fond noir de la pupille.

3. Lorsqu'on soupçonne la présence d'un corps étranger métallique très-petit dans la cornée, on s'efforce de placer successivement chaque point de la cornée en face de l'iris; la couleur de ce dernier étant plus pâle que celle d'une paillette de fer, d'un morceau de charbon, etc., il sera assez facile de le découvrir.

h. Eclairage latéral. — Les opacités très-légères et superficielles de la cornée sont facilement reconnues au moyen de la méthode de l'éclairage latéral étudiée plus particulièrement par Liebreich.

On se sert pour cela d'une lentille biconvexe n" 2 \/lx, au moyen de laquelle on concentre sur la cornée la lumière d'une lampe, placée à 15 centimètres, un peu de côté et en avant de l'œil (fig. 108).

FiG. 108. — Éclairage latéral.

Pour bien éclairer la cornée, on doit en éloigner la loupe d'une distance égale celle de son foyer, et la tenir obliquement afin que le cône lumineux éclaire par son sommet la surface cornéenne.

Lorsqu'on veut reconnaître en détail les opacités ponctuées de la membrane de Descemet, ou les vaisseaux très-fins de cette membrane, nous conseillons d'exannner la cornée à travers une forte loupe simple on celle de Brûcke pendant qu'elle est éclairée par le cône lumineux.

5 La convexité de la cornée doit être explorée avec soin ; on reconnaît sa courbure normale en regardant l'œil de profil. De cette façon on se rend compte rte la profondeur de la chambre antérieure, et de l'exagération de courbure cornéenne, soit dans toute son étendue, soit dans une partie limitée

La cornée peut prendre une forme conique vers son cenire, ce qu'on reconnaîtra auss, en regardant 1 œil de côté, on bien en plaçant le malade dans une chan.bre sombre et en projetant sur l'œil la lumière réfléchie par un miroir concave.

S52 MAL.VDlLiS DK LA COUNÈE.

Lorsque la courburo de la cornée est normale, le reflet se déplace avec les mouveincnis de l'œil ; dans le cas de sfap/njlôinc conique, ce reflet reste au contraire lixe au centre de la saillie conique.

Au point de vue de sa conforuiation, nous devons faire remarquer que cette membrane est très-bombée chez les myopes, aplatie cliez les hypermétropes, et que dans le cas d'astigmatisme son diamètre transversal est relativement beaucoup plus grand que son diamètre vertical.

6. Un dernier moyen d'investigation de cette membrane est le degré plus ou moins grand de sa sensibilité au toucher, que l'on constate soit avec la pulpe du doigt, soit avec un petit morceau de papier. Ordinairement la cornée supporte difficilement cet attouchement, tandis que, dans les glaucomes et dans certaines hydrophthalmies, elle est presque insensible et aneslhésiéo.

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