TUMEURS DE LA SCLÉROTIQUE
La sclérotique peut être le siège de tumeurs inélanotiques ou épithéliales malignes. Sichel rapporte l'observation d'une mélanose superficielle de la sclérotique, coexistant avec des tumeurs mélaniques volumineuses du cerveau et d'autres organes; mais les faits de ce genre sont excessivement rares.
On rencontre bien plus souvent des tumeurs épithéliales ou cancéreuses situées au voisinage de la cornée et qui envahissent bientôt celte membrane. Elles prennent tantôt naissance dans la conjonctive, tantôt dans le tissu sous-conjonctival et la sclérotique. Leur étude n'offre rien de particulier , et ce que nous avons dit sur
(1) Bonnet, Traité des sections tendineuses. Paris, 1841.
MALADIES DK LA SCLÉROTIOUE.
les tumeurs de la cornée ou de la conjonctive leur est ajjplicable (voyez Conlono tive). '
Siclicl a rappelé aussi une observation très-intéressante d'une tumeur (ihroïdc et graisseuse de la sclérotique située au bord de la cornée, et dont la dissection avait été très-difficile à cause des adhérences intimes et des prolongements qui pénétraient jusqu'à dans la sclérotique elle-même.
Bibliographie. — Szokalski, Angcborene Geschw. cler Sclerolkn des rechtm iuoes [Walker's und voti ytmmo«',s Journ., 1842, t. I, 1). — Von Ammon, Zur Le/ire von dea Arigehorencnen Geschw. der Sclerotica {Walther's û. v. Ammon's Journ., d842 t, I, p. 90). — Sicliel, Iconographie ophtho.lmologique. Paris, 1859, p. 536. ' ' ' '
ARTICLE V
BLESSURES Eï RUPTURES DE LA SCLÉROTIQUE.
Les blessures de la sclérotique s'observent le plus souvent dans l'hémisphère antérieur de l'œil, et tout près de la cornée. Les éclats de capsules ou d'acier, les fragments de plomb, produisent des blessures excessivement graves ; cetie gravite ne provient pas de l'étendue de la plaie, mais plutôt du corps étranger qui reste souvent dans l'œil.
Les blessures faites par les corps contondants et les projectiles de guerre ne se bornent pas, comme le dit Legouest, à contusionner l'œil, mais elles le déchirent, le traversent et le désorganisent; après un pareil accident, on voit souvent l'œil se vider et s'atrophier.
Les plaies scléroticales rapprochées de la cornée donnent souvent lieu à une hernie de l'iris et d'une partie de la choroïde. Il se produit alors une tumeur grisâtre ou bleuâtre staphylomaieuse, qui peut entretenir une irritation permanente, tant que cette tumeur ne sera pas enlevée ainsi qu'une partie de Tiris située au voisinage de la plaie. C'est ainsi que je suis parvenu à guérir deux malades atteints de staphylômes traumatiques précornéens avec flocons dans le corps vitré. L'excision du staphylôme et d'une partie de l'iris amena la guérison complète de la tumeur et le rétablissement de la vue.
Les blessures de la sclérotique peuvent aussi donner lieu à un décollement de la rétine, à des flocons multiples dans le corps vitré, et à une luxation du cristallin, soit dans la corps vitré, soit sous la conjonctive. Mais ces accidents sont plus fréquents dans cette seconde forme de traumatisme, et notamment dans les ruptures de la sclérotique.
La sclérotique et la choroïde sont, d'après Gosselin et Denonvilliers, les parties de l'œil les plus susceptibles de se rompre, et cette rupture se produit dans un grand nombre des cas au devant de l'insertion des nmscles droits internes. Selon Gosselin, on peut facilement reconnaître la rupture de la sclérotique, même dans le cas où un épanchement sanguin soiis-conjonctival le masque complètement. Pour cela, on comprime la cornée avec la pulpe du doigt, et si une partie des milieux est évacuée, elle s'affaisse et conserve la forme que lui a donnée la pression exercée par le corps vulnérant.
C'est surtout dans la partie antérieure que la rupture de la sclérotique se por-