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ROBERT ET COLLIN ROBERT ET COLLIW

ROBERT ET CQLLII\1

FiG. 172 à 174. — Instruments pour la méthode de Critcheit (*).

(fig. 172), qu'il engage dans la pupille, et attire son bord en dehors de la plaie pour l'y fixer avec une ligature.

ModiGeation adoptée par Pagenstechcr e* Weckcr. — La modification de

Pagenstecher et Wecker est très-importante, puis((ue ces auteurs ont porté leur incision sur la sclérotique, et ont réussi à fixer le prolapsus iridien au moyen d'un simple bandeau compressif.

Mais, pour obtenir ce résultat favorable, il faut que la section ne dépasse pas 2 millimètres, comme le remarque fort justement Wecker, et qu'elle intéresse ZaU millimètres de la surface de la sclérotique.

Au bout de vingt-quatre ou de quarante-huit heures, on coupe le prolapsus irien et la cicatrisation a lieu sans le moindre accident.

Avantages et inconvénients de la méthode. — Voici les avantages : 1" la

pupille déplacée se rapproche par sa forme de la pupille normale; 2° elle conserve les fibres du sphincter de l'iris et reste contractile.

Parmi les inconvénients nous signalerons le suivant : dans les yeux granuleux, unesynéchie antérieure, même la plus petite, peut être l'origine d'un staphylôme plus ou moins grave, comme l'a constaté plusieurs fois mon excellent ami le docteur Cuignet (d'Alger).

Indications de la métliode. — L'euclavemeut de l'iris (iridésis) pourra être avantageusement appliqué : 1° dans les opacités partielles de la cornée, lorsqu'une grande partie de cette membrane reste transparente; 2° dans le siapliylôme pellucide, conique, on pratique, selon l'avis de Bowman, deux enclavements de l'iris, un en bas et l'autre en haut; 3" dans les cataractes cenirales congénitales, lorsque les couches périphériques restent complètement transparentes.

(*) Fig. ■172, crocUet. — Fig. 173, couteau courbe.— îng. 174, couteau droit.

PUPILLE ARTIFICIELLE ET SES INDICATIONS

S ni. — Iridodialyses ou décollement de l'iris.

Celte méthode a été découverte et mise à exécution par Scarpa et Schmidt; mais avec ces différences que le premier la faisait par la sclérotique et le second par la cornée. Ces deux procédés sont tombés en désuétude à cause des dangers que présentait leur exécution et des suites graves qu'ils entraînaient.

Le procédé d'iridorhexie de Desmarres remplace très-heureusement cette méthode dans l'immense majorité des cas.

Il faut avouer pourtant que la méthode de décollement de l'iris peut quelquefois offrir des avantages considérables, surtout lorsqu'on peut s'attendre à des adhérences étendues de l'iris sur une grande superficie du cristallin. Je me suis convaincu à plusieurs reprises que l'iridectomie reste alors sans résultat. Je pense donc qu'il sera utile, dans ces cas désespérés, de recourir au décollement de l'iris. Voici en quoi consiste cette méthode :

Manuel opératoire. — Après avoir fixé l'œil comme dans les méthodes précédentes, le chirurgien pratique une ponction de à 5 millimètres dans le point le plus rapproché du centre de la cornée^ et il introduit ensuite à travers cette plaie un petit crochet à décollement (Gg. 175) qu'il glisse entre l'iris et la cornée, de

FiG. 175. — Iridodialyses ou décollement de l'iris.

telle sorte que sa pointe soit placée en bas et sa convexité en haut. Arrivé au point d'insertion de l'iris au corps ciliaire, et derrière le bord sclérotical, il fait faire au manche un quart de tour, accroche l'iris par un petit coup sec d'avant en arrière et l'attire du côté de la plaie. Le plus souvent ce diaphragme n'oppose plus de résistance, et une fois entraîné hors de la chambre antérieure, il est excisé comme dans une iridectomie ordinaire.

J'ai eu l'occasion d'examiner cette année un malade que Fano avait opéré sur lœil gauche par cette méthode avec un succès complet, tandis que l'iridectomie pratiquée sur l'œil droit était restée sans résultat heureux

38^» MALADIES DE 1,'lHIS.

Avan<»;;e.s et inconvénients de la niétliode. — Ull décollement spODlailéde

l'iris s'observe très-souvent après les contusions, les blessures, les luxations du cristallin, etc. , et il est dans ce cas partiel. Je l'ai vu se produire chez une malade du professeur Broca à la suite d'un glaucome. Chez un malade que j'ai opéré, pour une irido-choroïdite, à peine avais-je saisi l'iris, que je l'ai vu sortir tout entier. L'iridérémic complète a été la conséquence de l'opération ; le malade guérit complètement, et ce qui est digne de remarque, c'est que l'éblouissement qui s'est manifesté à la suite de l'opération n'a duré que cinq mois; aujourd'hui il voit très-bien de cet œil.

J'ai pensé depuis qu'il y aurait, dans certains cas d'irido-choroïdite grave, un avantage réel à enlever l'iris tout entier. C'est dans ce but que je pratique Viridodyalise; mais, au lieu de me servir d'un crochet, j'ai recours à une pince droite à mors fins, mais saillants.

Le docteur Cuignet d'Alger m'a déclaré avoir fait deux fois l'extraction complète de l'iris pour une irido-choroïdite, et avoir obtenu dans les deux cas un succès complet; l'irido-choroïdite a été arrêtée.

En résumé, je pense que la méthode de décollement de l'iris en totalité et son extraction peuvent présenter des avantages incontestables pour la guérison de certains cas d'irido-choroïdite grave.

§ IV. — Gorélysis ou dégagement du bord pupillaire.

Celte opération a pour but de débarrasser la pupille des adhérences qui se sont établies entre Tiris et la capsule. Strealfield est l'inventeur de celle méthode. XI a pensé qu'il y aurait avantage à conserver à la pupille sa position et sa forme normales, et à ne lui enlever que des brides exsudatives ou los syné -. chies postérieures qui formaient son adhérence avec la capsule.

Manuel opératoire. — Les instruments nécessaires pour pratiquer cette opération sont: une large aiguille et une spatule-crochet (fig. 17(i).

FiG. 176. — Spatule-crochet.

On pratique avec une large aiguille une ponction de la cornée à 2 millimètres de sa circonférence, et dans un point diamétralement opposé à lasynéchie, lorsqu'il n'en existe qu'une seule ; lorsqu'il y en a deux, on fait la ponctibn dans un endroit intermédiaire aux deux synéchies. L'ouverture une fois faite, on introduit la spatule-crochet dans la chambre antérieure, et l'on cherche à la glisser entre l'iris et le cristallin ; puis, par des tractions modérées, on détache les adhérences en appuyant légèrement avec la spatule sur l'iris.

Pour éviter de trop fortes tractions, qui pourraient amener, soil une déclmure de l'iris, soit un décollement de ses attaches aux procès ciliaires, Desmarres lils a fait ajouter au crochet-spatule de Strealfield une lame Iranchauto qui peut couper les brides cl faire éviter les tractions.

Une fois la pupille dégagée, on instille une goutte de solution d'atropine toutes les dix minutes pendant une demi-heure, et on applique ensuilc sur lœil un bandage compressif.

* PUPILLE ARTIFICIELLE ET SES INDICATIOiNS. 385

; Malgré les avantages réels de cette méthode dans certains cas, elle n'est pourant pas exempte de danger, comme le démontre le fait signalé par Hasner (1). ious pensons donc, avec Weber qui a eu l'occasion de la pratiquer assez ouvent, que ce n'est que dans les cas exceptionnels qu'on peut y recourir, car 'un côté, dit-il, les cas sont fort rares où le malade, aiteint d'une synécliie (jolée, soit tourmenté par des douleurs et des troubles visuels. Dans d'autres cas, là la gravité du mal et le nombre des synéchies exigeraient l'opération, on trouve labiluellement un état Inflammatoire chronique de l'iris ou de la choroïde tcllenent prononcé qu'il rend la corélysis impossible (2).

Telle est aussi l'opinion de MM. Warlomont et ïestelin, et, malgré les succès ibtenus par quelques chirurgiens, ils ne la recommandent que sous toute réerve (3).

Bibliographie. — Guépin (de Nantes), Monographie de la pupille artificielle et Annales 'oculïstique, 2"= vol. suppl. 1"^" fascicule, p. 30. — Desmarres, Journal des connaissances lédico-chirurgicales, janvier 1850, et Traité des malud. des yeux. 1855, t. Il, p. 516. — owman, British med. Journal, 1862, et Annales d'oculist., t. XLIV, p. 222. — Critcliett, >phthalmic Hosp. Reports, t. V, et Annales d'oculis tique, t. LXII, p. 130, et t. XLIV, . 125. — Von Graefe, Archiv f. Opkthalm. 1856, Bd. 11, Ablh. Il, S. 202, et Bd. VIU, bth. II, S. 2^0. — Soelberg Wells, Ophthalmic Hosp. Reports. 1860-1861 , vol. III, p. 230, t A treatise of the Diseases of the Eye. London, 1869, p. 172. — (lalezowski. De la ille artificielle. 1862. Comptes rendus de la clinique de M. Desmarres (^Annales d'oculis- 'que. 1862, p. 224). — Sperino, Etudes cliiîiques sur l'évacuation répétée de l'humeur gueuse dans les maladies de l'œil. Turin, 1862. — Mollien, De la pupille artificielle, lèses de Paris, 1862. — Wecker, Bulletin général de thérapeutique, 30 mars 1863, p. 258, . Traité des malad. des yeux, t. I, p. 424. — Froebelius, Petersburger medizinische Zeit- 'tirift. 1863, p. 65. — Richet, Le Fort, Follin etDolbeau, Discussion sur r iridectomie lievant 1 Société de chirurgie en 1864 {Bulletin de In Société de chirurgie de Pains. 1865, t. V, «série, p. 388, 391, 402, 412, 444, 454).— Siebel fils, Des indications de l'iridedumie et e sa valeur thérapeutique, thèses de Paris, 1866. — Dubreuil, De l'iridectomie, thèse d'arégation, 1866.

(1) Hasner, Pragcr Vierteljahrschrift f. prakt. Heilkunde. 1862, p. 137.

(2) Weber, Compte 7'endu du Congrès d'ophthidniologie de Paris. 1863, p. 77.

(3) Warlomont et Testelin, Supplément à Mackenzie, t. III, p. 300.

GALEZOWSKJ.

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