‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 137 sur 255 · ABAISSEMENT · texte numérisé non relu

ABAISSEMENT

cercle ciliaire. La polioii morpiiinée, des morceaux de glace administrés à ntérieur combattent efficacement cet accident.

9. Réascension du cristallin. — Pendant les vomissements incoercibles, la ux, etc., le cristallin peut remonter et se placer en face de la pupille ; la même lose peut survenir sans cause apparente. Selon Lucien Boyer, la réascension du islaliin n'est pas un accident foriuit, mais elle est plutôt le résultat d'une opéram mal exécutée; pour prévenir cet accident, il conseille d'ouvrir très-largement capsule postérieure et de placer le cristallin d'abord directement en arrière, et le déprimer ensuite.

3. Jriiis et irido-choroïdite. — L'inflammation de l'iris est un des accidenls' plus fréquents après l'abaissement; il survient dès le troisième ou le quatrième ur, quelquefois an bout de treize ou quatorze jours. Des douleurs névralgiques iorbitaires nocturnes accompagnent cette inflammation, et elles sont souVent livies d'obstruction de la pupille par des exsudations plastiques. Le traitement antiphlogistique et l'instillation fréquente du collyre d'alropine éussissent quelquefois à enrayer cette pblegmasie. Dans d'autres cas, les douleurs Wralgiques apparaissent par crises et passent à l'état chronique ; la phlegraasie } l'iris se communique à la choroïde, et l'on a alors affaire à une irido-choroïdite ;s plus graves, dont les conséquences ne peuvent jamais être prévues d'avance. û phlegmon de l'œil ou d'autres altérations peuvent amener la perte de la vue. L'inflammation des membranesinternes de l'œil peut même surgir à une époque ès-éloignée de l'opération. De Graefe cite des cas où une irido-choroïdite se déclara X ans après l'opération. Pour ma part, j'ai vu une malade, opérée avec un succès Hnplet par abaissement, conserver la vue pendant deux ans ; puis, sans cause >nnue, le cristallin remonta et se précipita dans la chambre antérieure ; il était îtit mais très-dur et occasionnait beaucoup de soutlVances à la malade, et l'extracon linéaire devint nécessaire.

Les attaques glaucomateuses peuvent se développer aussi après l'abaissemeiït, t l'œil peut se perdre par suite d'une excavation du nerf optique.

J'ai observé aussi après cette opération des décollements de la rétine, des atrohies choroïdiennes étendues et des atrophies de la papille. Consécutivement à une ido-choroïdile grave et à un phlegmon, l'œil s'atrophie complètement. ' k. Mort. — Les cas de mort survenus après un abaissement sont rares, mais s ont été consignés par Dupuytren, Deval et Warlomont. Nous ne croyons pas e la mort soit, dans ce cas, la conséquence de l'opération ; selon toute probalité, elle n'est qu'une simple coïncidence, comme le disent justement Lusardi, arron du Villards et Desmarres.

Appréc-iation de la méthode d'abaissement ; résultats défliiitifs. — Un

es plus grands inconvénients de cette méthode est Timpcssibilité dans laquelle - trouve le cristallin de se résorber, probablement à cause du milieu dans lequel se trouve. Le corps vitré ne jouit, en effet, d'aucun pouvoir de dissolution et 'absorption. Les autopsies faites par Beer, Velpeau, Richet, sur les yeux opérés ar abaissement plusieurs années avant la mort, prouvent que le cristallin reste endant longtemps sur place sans subir de changement.

Dans les cas heureux, pourtant, le crislallin ^contracte des adhérences avec la yaloideet la rétiM(3, subit un travail de résorption progressive et se réduit au

MALADIES nu CHISTALLIN.

siniplc volume du noyau. Ce travail paraît s'accomplir alors peu de temps après l'opération.

L'impossibilité de l'absorption du cristallin est la cause des nombreux insucc('s que préseule cette méthode, insuccès qui se manifestent à des époques souvent très-éloignées de l'opération. C'est principalement j)our cette raison qu'on a dû , abandonner aujourd'hui la méthode d'abaissement comme dangereuse et incei- ) talne.

Les statisques nous donnent, au point de vue du succès de cette méthode, dos t proportions bien médiocres : ^

.Succès. Demi-succès. Insuccès.

Tarira, sur A3 abaissements 2A (55 p. 100) A 5

Dupuytren 201 — i58 (78 — ) » ,

Sichel 98 — 67 (67 — ) 19 12

Rivaud-Landrau 177 — 102 (57 — ) 25 50

Mais si l'on voulait faire remonter la statistique à cinq ou à dix ans après l'opérai tion, on obtiendrait très-probablement une proportion bien moindre ; c'est ce quiij lait que l'on commence aujourd'hui à renoncer complètement à cette méthode, ne la conservant que pour des cas tout à fait exceptionnels.

BiBLioCRAPHis. — Tartra, De l'opération de la cataracte. Paris, 1812, p. 83. — Dupuî tren, Leçons orales, t. III, p. 326, — Nélaton, Parallèle de divers modes opératoires dani le traitemènt de la cataracte, Thèse de concours. Paris, 1850, p. 16. — Gosselin, Déplacement subit de capsules deineurées dans le champ de la vision loi^s de l'abaissement de catm^^ ractes {Arch. gén. de méd., juin 1850). — Dingé, Gazette des hôpitaux, 185A, n" 7. Doumic, Archives d'ophthalm., 1855, p. 260. — Rivaud-Landrau, U7iion médicale, 186l5

t. III, p. 8. ilf)'

ARTICLE Vin.

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