EXAMEN DES YEUX AVEC L OPHTHALMOSCOPE
3. Exercice sur Cœil artificiel. — Pour apprendre plus facilement le manie nient de l'ophlhalmoscope, il est nécessaire de s'exercer pendant un certain temps, >()it sur des lapins, soit sur des personnes dont les yeux sont complètement sains. Mais, comme on n'a pas toujours à sa disposition des individus qui se laissent oiiglemps examiner, on pourra avoir recours à un œil artificiel de Perrin (fig. 244), |ui est muni des différentes figures représentant les variétés physiologiques et pahologiques de la rétine et de la choroïde, et qu'on peut changer à volonté.
h. Position du malade et du chirurgien. — Le malade doit être assis sur un )elit tabouret un peu plus bas que celui sur lequel se place le chirurgien. Il est iréférable de placer le malade de telle sorte, que sa tête soit appuyée contre le nur ou contre le dos d'une chaise ; autrement, il serait très-ditîicile d'empêcher es mouvements involontaires de la tête.
5. Position de la lampe. — Pour avoir une image nette de la rétine, on doit hercher à projeter une quantité suffisante de lumière dans la pupille, ce qu'on
Fig. 244. — (Eil artificiel de Maurice Perrin.
Fig. 245. — Lampe pour l'examen ophthalmoscopique (*).
nient en se servant d'une lampe à l'huile, et de préférence d'une lampe à l'usage ïs horlogers, dont le foyer peut être baissé ou remonté à la hauteur de l'fPil ■il malade (fig. 245).
ils haut on pins bas. Pour mes examens opl thâlllo^^^^ r''} ^'"^""'^ ^''^ Pl^^^ée
je m'en sers comme d'une lam™dinaire ' habituellement les deux tiges 6c eUlef,
GALEZOWSKI.
À82 Ol'HTIlALlVIOSCOHE.
l»our l'oxîiineii de l'image leinersée avec le pelii oplillialinoscope, il faul que la lampe soil du côté de l'œil examiné et dans un plan postérieur à la cornée, afin que celle dernière ne reçoive pas de reflets latéraux.
Pour l'examen à l'image droite, la lampe sera placée tout près de l'œil examiné, ainsi que du miroir.
6. Dilatation de la pupille. — Dans la majorité des cas, la pupille est assez t large pour qu'on puisse examiner le fond de l'œil avec l'ophtlialmoscope sans la i dilatation artificielle de la pupille. Mais, pour les personnes encore peu expérimentées, de même que pour l'examen des yeux dont les pupilles sont très-rétré-cies, la dilatation doit être faite préalablement au moyen d'une solution d'atropine, , à l'une des doses suivantes :
Hf Eau distillée 10 grammes.
Sulfate neutre d'atropine. . . 2 centigr.
Eau distillée 10 grammes.
Sulfate neutre d'atropine. . . 5 centigr.
Cette dilatation est aussi nécessaire pour l'examen à l'image renversée ou droites lorsqu'on veut voir et apprécier les détails des altérations rétiniennes.
L'application de mon ophthalmoscope à tubes, de même que des instrumenls fixes de Follin, deLiebreich et de Cusco, exige aussi une dilatation préalable de la pupille
7. Position du miroir. — Le réflecteur est tenu de la main droite devant l'œi droit, et il est légèrement appuyé contre le bord supérieur de l'orbite et à l'angleelji interne du nez. En imprimant quelques légers mouvements latéraux, on s'aper-- ë cevra que le miroir réfléchit une lumière assez vive. C'est cette lumière qui devrïj être projetée sur l'œil à examiner, pendant que la main gauche de l'observateuDi maintiendra soulevée la paupière supérieure du malade
8. Examen des milieux réfringents. — Avant de procéder à l'examen de \ià^ papille du nerf optique, on doit s'assurer de l'élat des milieux réfringents, et noo l'u; tamment de la cornée, du cristallin et du corps vitré. Pour cela, l'éclairage de Ici pjpj pupille avec le réflecteur suffit le plus souvent : on fait regarder le malade en hauii \. et en bas, à droite et à gauche, et, pendant que cette lumière éclaire la pupille?
on s'assure s'il n'existe pas sur sa surface des taches noires ou une sorte d'ombrr miroitante. La présence de taches ou stries noires ne peut être expliquée q
uu
par les opacités de la cornée, du cristallin ou du corps vitré, ce dont on s'assuprl(|,ç par les procédés d'examen propres à chaque membrane. Les milieux réfringeiiW étant opaques, on comprend très-bien que le fond de l'œil, et notamment la papilHjcef du nerf optique, apparaissent comme voilés.
9. Difficulté d'éclairer la pupille. — Il arrive quelquefois que, malgré 11 soin* avec lequel il a suivi ces indications, l'observateur ne voit pas la pupille roug© mais noire. Cela peut tenir, soit à ce que le malade regarde en face, — et alors •! y a au centre de sa cornée un reflet lumineux qui recouvre tout le champ de I ypille, — soit parce que la personne qui n'est pas habituée à l'examen ophlhal moscopique regarde de l'œil gauche ouvert et non de l'œil droit, devant Icquelt ^ irouve le miroir. On peut s'en assurer en recommandant à l'observateur de feK mer l'œil gauche pendant qu'il regarde dans le trou du miroir. Pour obvier
première
difficulté, on fait porter l'œil du malade forlement en haut ou de cdtà
le reflet étant déplacé dans ces condilions plus que la pupille, on apercevra imriM
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diatement celle-ci. Dans l'un comme dans l'autre cas, la dilatation artificielle de la pupille diminuera de beaucoup les difficultés de l'examen.
10. Direction de l'œil examiné. — Pour trouver plus facilement la papille, on fait regarder le malade en dedans et un peu en haut. Cette condition doit être remplie avant de placer devant l'œil la lentille de 2 pouces ifk, autrement on aura beaucoup de |)eine à trouver la papille du nerf optique. En effet, le nerf optique est situé, par rapport à l'axe optique, en dedans et en haut, et, pour le voir plus facilement, il faut le faire descendre plus bas et un peu en dehors, afln qu'il se trouve en face de la pupille, ce qu'on obtient en imprimant à l'œil la direction indiquée.
H. Position de la lentille. — La lentille, saisie de la main gauche entre le pouce et l'index, est approchée de l'feil observé à une distance égale à son foyer, et y est maintenue dans une position verticale, tandis que le petit doigt de la même main prend un point d'appui sur la tempe ou le front. Pendant que l'œil est éclairé, on interpose la lentille entre le réflecteur et la pupille , de sorte qu'elle se place en face de la pupille observée. L'observateur verra alors, non plus la pupille elle-même, mais l'image de la réline au devant de la lentille. Si celte image n'est pas trouvée, il lui suffit de faire quelques légers mouvements latéraux avec le miroir, d'avancer ou de reculer la lentille pour apercevoir l&fond de l'œil.
Afin d'éviter le reflet central de la cornée et du centre de la lentille, qui devient à ce moment très-gênant, on n'a, pour l'écarter du champ d'observation, qu'à faire basculer légèrement la lentille dans un sens ou dans l'autre.
12. La première image perçue est le fond rouge de l'œil. Ce sont les vaisseaux de la rétine qu'on doit chercher h y distinguer ; ils se présentent sous forme d'une arborisation irès-régulière. Ces vaisseaux se divisent dichotomiquement, et l'angle de bifurcation est toujours dirigé du côté de la papille, de sorte que lorsqu'on voit l'angle de bifurcation dont le sommet regarde en haut, on peut être sûr que la papille du nerf optique se trouve en haut, et ainsi de suite.
13. Pour trouver la papille, il faut observer les conditions suiv.iintes : a, l'œil observé doit être dirigé en dedans et en haut, et s'adapter à une grande distance ; b, après avoir aperçu l'angle de bifurcation des vaisseaux, il faut se déplacer avec le miroir dans le sens où l'on suppose que doit être la papille, c'est-à-dire du côlé où est dirigé le sommet de l'angle vasculaire ; c, en se déplaçant avec le réflccleur en haut, on verra que l'image rétinienne descend en bas ; si, dans ce changement d'image, le fond de l'œil devient plus paie et d'une teinte moins rouge, on peut conclure qu'on s'approche de la papille du nerf optique, et vice versa.
la. Si l'image rétinienne n'est pas assez nette, on cherchera à la voir en se rapprochant ou en s'éloignant avec le réflecteur de l'œil observé. En général, l'image renversée du fond de l'œil myope est vue plus distinctement à une petite distance, tandis que l'œil hypermétrope peut être mieux observé à une distance plus éloignée.
15. On peut reconnaître par l'examen à l'éclairage direct du réflecteur si l'œil st myope ou hypermétrope. La papille du nerf optique peut être vue très-distincement à une petite et à une grande dislance, sans le secours de la lentille objec- 've ni de la lentille concave derrière le miroir. Chez les myopes, la papille ne peut
' opiri HALMOsœi'i;.
èlre vu<! ((d'à iiiie coriiiiiKj dislaiice ; louL au contraire, si l'on veut se rapprocher avec le miroir loiil \)iv-i de lœil inyopo, on ne distingue absolunienl rien. L'n autre signe pour reconnaître la myopie de l'hypermétropie est le suivant : pendant (pie l'on projette la lumière dans l'œil du malade et qu'on le fait déplacer de haut en bas, on s'aperçoit que dans la myopie les vaisseaux, de même que l'image rétinienne tout entière, suivent les mouvements de l'œil ; dans les yeux hypermétropes, ces mouvements ont lieu dans un sens inverse.
16. Pour avoir une notion exacte de l'état de toutes les parties du fond de l'œil on procédera à cette exploration dans l'ordre suivant : on commence par examiner la papille (7) ; ensuite on explore la rétine en suivant les quatre vaisseaux
I iG. 2'iG. — Fond de l'œil normal 1 'y.
principaux partant de la papille, et qui se dirigent versi^, c, d, e: puis on revient de nouveau vers la papille et l'on explore son bord interne f, et de là on étend l'investigation plus loin en dedans et en haut vers le point m, où se trouve la macula. On termine l'examen ophthalmoscopique en explorant la région de Vora serrutd
et, dans ce but, on fait regarder le malade successivement à l'extrême droite et' l'extrême gauche, en haut et en bas.
En suivant cet ordre dans l'investigation ophthalmoscopique, on peut être sûr qu'aucune des altérations qui pourraient exister sur la réline ou la choroïde ne j)assera inapeixue.
17. Quand on a bien vu le fond de l'œil à l'image renversée, on doit aussi l'explorer à l'image droite.
Celte deinièrc méihode d'exi)loralion est surtout nécessaire lorsqu'il s'agit de
(*) rt, papille ilu liuri npliuiic; ; b, c, voiiios ; c, d, ai'li'rcs ; Imni interne de In papille correspondant « Ih nihcnla ; m. fosse eentrolo finnenln'.
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M préciser la nature d'exsudation que l'on a aperçue à l'image renversée sur la fl papille ou une autre partie quelconque du fond de l'œil. L'image renversée étant i': en effet relativement assez petite, et ne nous donne qu'une idée approximative I; de l'ensemble d'altération ; tout au contraire, en examinant cette même partie à ^ l'image droite sensiblement grossie, on se rend mieux compte de la nature d'alté-
I rations, de la profondeur des couches qui sont affectées et des rapports exacts qui existent entre l'exsudation et les vaisseaux rétiniens.
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