‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 149 sur 255 · MALADIES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

MALADIES DU CORPS VITRÉ

ians l'humeur vitrée qu'un corps transparent ressemblant à du blanc d'œuf ou à du iiucus, et qu'ils refusent à ce milieu toute espèce de structure, Weber, Doncan 't Iwanoff admettent l'existence des différentes formes de cellules, qui s'anaslouosent entre elles. Ces deux opinions sont, comme on voit, séparées par une diference radicale.

L'auatomie pathologique de ce corps n'a pas été mieux déterminée que l'auatonie physiologique, et il est difficile aujourd'hui de dire si les altérations que l'on y rouve sont dues à la transformation du corps vitré et de ses cellules, ou bien, ce jui me semble plus probable, si elles ne sont que la transformation ultérieure l'exsudats et d'épanchements provenant, soit de la rétine, soit de la choroïde. I Pour certains auteurs, la théorie passe avant les faits pratiques et avant toute ■ )bservatnon ; et, du moment que la présence des cellules dans le corps vitré a été ■onstatée, l'inflammation de l'humeur elle-même est jugée non douteuse. Ils adiieitent donc la hyalitis, non comme une inflammation de la membrane hyaoïdienne, ainsi que le pensait Midlemoore, mais comme une inflammation de humeur elle-même. Wecker est un des partisans les plus ardents de cette théorie; jeut-être est-il le moins modéré de tous; son assurance, sur l'existence de l'hyaliiis, va si loin, qu'il n'hésile pas à accuser d'ignorance tous ceux qui ne sont pas lie son avis.

Que répondre à cette affirmation? Si ce n'est de demander à l'auteur de mettre lun peu plus d'ordre dans la description de cette maladie et de nous dire ce qu'il entend |)ar inflammation du corps vitré. Voici ce qu'il dit : « La symptomatologie et la marche de l'hyalitis aiguë, qui seule doit figurer à litre de maladie propre, se confondent tellement avec celles des choroïdites suppuratives, que nous risquerions de tomber dans des redites inutiles, en en présentant ici la description détaillée. » Pour le traitement, il renvoie aussi « à la choroïdite suppurative ».

Que resle-t-il donc pour l'inflammation du corps vitré, si tout ce qui se trouve ilécrit comme symptomatologie, marche et traitement, doit être rapporté à la choroïdite suppurative ?

Macnamara (1 ) pense, avec raison, que les hyalitis idiopathiques non compliquées iloivent, si jamais elles existent, être très-rares chez l'homme. Pour moi, l'inflammation de la membrane hyaloïdieune peut être admise. Quant à l'humeur vitrée ( Ile-même, les altérations que nous connaissons jusqu'à présent ne sont que secondaires et proviennent de l'inflammation de la rétine ou de la choroïde, d'épanchements sanguins de ces mêmes membranes, etc. On y trouve aussi des cristaux de cholestérine, des corps étrangers, des cysticerques, etc.

Voici, en résumé, les altérations du corps vitré, que nous aurons à étudier :

1° Ramollissement simple du corps vitré.

Mouches volantes et flocons du corps vitré. 3° Apoplexie générale du corps vilré.

4° Corps étrangers, cysticerques et cristallin luxé. 5» Membranes organisées et vaisseaux dans le corps vitré. 6" Décollement de la membrane hyaloïdienne.

(1) Macnamara, A Mamnl ofthe Diseases ofthe Eye. London, 1868, p. 430.

COKPS VITRÉ.

ARTICLE PREMIER

SYNCHYSIS SJMPLIÎ OU KAMOLLISSEMENT DU CORPS VITHfl.

Le corps vitré, qui a une densité assez considérable, peut devenir Iluide et se liquéfier complètement. Cet état morbide est généralement désigné sous le nom » de synchysis. ^

Syinptoumtoiogic. — Les tremblements ou oscillations de l'iris sont un des | signes caractéristiques de liquéfaction de l'humeur vitrée. On reconnaît facile- ' ment ce symptôme en faisant remuer l'œil dans tous les sens; si, pendant ce temps, on fixe un point quelconque de la périphérie de l'iris, on ne larde pas à \. constater qu'il y a là comme une onde d'humeur aqueuse qui frappe la surface k antérieure de cette membrane.

Quelquefois il arrive que le cristallin lui-même n'ayant plus un appui assez solide, se laisse refouler en arrière et devient tremblotant. Dans ces cas, il y a un di véritable tremulus iridis, dont nous avons parlé plus haut. i

Le ramollissement du corps vitré existe dans un grand nombre de cas, sans que i pour cela sa transparence soit diminuée ou que la vue soit troublée.

L'ophthalmoscope ne nous fournit alors que des renseignements négatifs. Dans i d'autres circonstances, le synchysis est accompagné de flocons plus ou moins épais |j qui nagent dans cette humeur liquéfiée. L'ophthalmoscope permet de voir que !i ces corpuscules opaques et d'une apparence noire parcourent le champ pupillaire 'i avec une extrême rapidité, ce qui ne pourrait avoir lieu si l'humeur vitrée avait conservé sa densité normale.

D'après le déplacement plus ou moins étendu des flocons, on peut concluie i quelquefois qu'une partie antérieure du corps vitre seule est ramollie. C'est le ^ synchysis partièl.' Après l'abaissement de la cataracte, il ne se déclare habituellement i que dans le segmèiit' antérieur, tandis qu'il est presque toujours postérieur dans * la myopie et dans l'atrophie choroïdienne.

Étioiogie. — Le synchysis est le plus souvent consécutif à une altération de la ! membrane qui le sécrète, c'est-à-dire de la choroïde. On le voit en effet survenir à la suite des choroïdites atrophiques' généralisées et dans les hydrophthalmies. i C'est peut-être pour cette raison que la consistance du globe de l'œil est modi- > fiée dans ces cas; tantôt le globe devient plus dur, tantôt plus mou. Disons pour- i tant que, dans un grand nombre de circonstances, cette liquéfaction existe avec ' la conservation du volume et de la densité normale de l'œil.

.l'ai vu le ramollissement se produire presque constamment chez les myopes, ce qui explique la prédisposition que présentent ces sortes d'yeux pour le décollement de la rétine. 1

Warlomont et Tesielin parlent de synchysis congénital observé chez les hy- | drocéphales. Je l'ai observé chez les enfants atteints de luxation congénitale du cristallin, ou qui étaient atteints de nystagmus, de coloboma ou d'autres vices de conformation.

Pronostic et traitement. — Cet état ne présente au£un danger pour le ma- < lade et aucun traitement n est indiqué. Tout au plus faut-il prendre des précautions i lorsqu'il s'agit de pratiquer l'opération de la pupille artilicicllc, de cataracte, etc.

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