MOUCHES VOLA M ET FLOCONS DU CORPS VITRÉ
ARTICLE n MOUCHES VOLANTES ET FLOCONS DU CORPS VITRÉ.
Malgré la conservation complète de la transparence des milieux réfringents, une certaine quantité des corpuscules microscopiques occupent, soit la surface de la ■cornée, soil un autre milieu réfringent, et peuvent être perçus par l'œil malade, l-a perception de ces corpuscules, qui ont le plus souvent une certaine mobilité, 'st désignée sous le nom de mouches volantes.
A. Mouches volantes. — Les mouches volantes jicuvent être physiologiques ou pathologiques.
Les mouches volantes phijsiologiques s'observent dans des conditions Irès- :Uverses et chez des personnes qui ont les yeux fatigués par un travail assida, tel [jue la gravure, les recherches microscopiques^ etc.
Elles se présentent sous des formes variées : tantôt on aperçoit devant les yeux, dans l'air, comme des nuages lumineux et des gouttelettes claires, qui s'elTacenl t se modificnl avec le clignement des paupières, comme le montre la ligure 250
FiG. 2.)0. — iMouclics volailles, ilaprès llelmliollz.
(le Helmhoitz. Ces phénomènes enloptiques sont produits par de nombreux cor^ luscules contenus dans les larmes qui se répandent à la surface de la cornée.
Dans d'autres cas, ces mouches simulent des espèces de colliers de perles ou de petits cercles presque transparents; ces colliers apparaissent taniôt isolés tantôt en forme de grappes dont l'ensemble présente les figures les plus bizarres Quelque o.s ce sont des petites bandes pâles terminées par des boules claires, comme I mchque la figure 251; dans d'autres cas, elles prennent la forme de points noirs
' Quelques malades voient devani eux conune une sorte de mend)rane qui se plie
COUPS VITRÉ
et se déplace h chaque mouvement de l'œil, en décrivant souvent des zigzags. •Par moment, ce spectre visuel ressemble ài un petit nuage ou une aile de mouche* qui, en s'agrandissanl, pourrait ressembler à une toile d'araignée.
Ces mouches sont toujours mobiles, elles se déplacent avec une extrême rapidité et à une distance variable; souvent le malade croit que c'est une véritable mouche qui a passé devant l'œil.
On les aperçoit plus facilement au grand jour et lorsqu'on regarde fixement un ciel bleu, ou quand on regarde dans l'espace pendant une journée brumeuse ; le
FiG. 251. — Mouches volantes, d'après Mackenzie.
soir, ces mouches ne sont pas visibles. Lorsqu'on veut les suivre du regard, ou constate qu'elles descendent en bas et se perdent pour réapparaître en haut au bout de quelque temps.
Dans le champ de l'oculaire du microscope, on aperçoit aussi, avant tout autre phénomène, des mouches perlées et de petits tubes ou bandelettes transparentes, comme l'a irès-bien constaté Ch. Robin (1).
Les mouches physiologiques mobiles ne peuvent dépendre que des petits corpuscules qui nagent dans le corps vitré liquéfié, comme l'a démontré A. Donné (2). Mais, pour produire l'impression sur la rétine, il faut qu'elles se trouvent à une très-petite distance de celle-ci; autrement, elles ne seront point perçues par elle. C4'est donc dans la région voisine de la membrane hyaloïdieiine que doivent se trouver ces corpuscules microscopiques.
Les mouches sont souvent en forme de nuages ; c'est dans un de ces nuages que Doyle et Donné (3) ont représenté des filaments et des globules qui sont dans l'intérieur des filaments (fig. 252).
(1) Ch. Robin, Traité de microscopie. Paris, 1871, p. 533.
(2) Donné, Cours rfe microscopie. Paris, 1844.
(3) Donné, Ibid., p. 488, et Atlas- de microscopie. Paris, 1845, iii-folio, pl. XX, lîg. 83