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MODE D'EXPLOBATION DU NERF OPTIQUE ET DE SA PAPILLE

nieiil, il survient une gêne considérable el même impossibilité pour le travail et une difïiculté très-grande pour se conduire.

A en juger par cette description, l'héniiopie homonyme ou croisée, et, par conséquent, l'hémiopie cérébrale, devrait toujours être latérale. C'est une règle générale en effet et absolue, nous ne connaissons, pour noire part, aucun fait positif dans lequel l'affection cérébrale ait occasionné une hémiopie supérieure ou inférieure isolée, à moins que ce ne soit une forme de rétrécissement simultané et circulaire de tout le champ visuel. Une hémiopie supérieure ou inférieure est, selon iious, le symptôme constant d'une affeclion oculaire, telle que décollement rétinien, choroïdile exsudative, suivie de compression partielle delà membrane nerveuse, excavation glaucomateuse, etc.

Quelle est la cause dwecte de l'hémiopie? — Nous en trouvons l'explication dansla structure anatomique des bandelettes optiques et dans l'entrecroisement des fibres optiques dans le chiasma.

Nous savons, en effet, que l'entrecroisement des fibres du nerf optique dans le chiasma ne s'opère qu'entre les moitiés internes, tandis que les fibres externes ne sont point croisées, et se rendent directement d'un hémisphère à l'œil correspondant. D'où il résulte que, lorsqu'une hémiopie est homonyme, ce qui est le plus fréquent, et qu'il y a une abolition de la vue du côté droit de chaque œil, l'hémiopie est évidemment due à une lésion située dans l'hémisphère cérébral gauche, parce que le champ visuel externe ou droit de l'œil droit et l'interne ou droit de l'œil gauche correspondent à la moitié interne de la réline droite et à la moitié externe de l'œil gauche. Or, l'une et l'autre partie reçoivent leurs fibres de l'hémisphère gauche, conime on peut en juger par la figure 258. Dans une hémiopie croisée, par exemple, quand le champ visuel externe à droite et à gauche est paralysé, la compression doit se trouver au centre du chiasma ou dans les tubercules quadrijumeaux postérieurs, qui fournissent des fibres aux moitiés internes des deux rétines. Dans une hémiopie interne des deux côtés, il faut que ce soient les libres externes des bandelettes optiques ou les tubercules quadrijumeaux antérieurs qui présentent des lésions.

D. ExAMiiN DE LA FACULTÉ CHROMATIQUE. — Dyschromatopsie ou daltonisme. — La rétine est douée de la faculté de percevoir des sensations lumineuses, ainsi que les différentes couleurs et nuances de cette même lumière.

Le nerf optique, ainsi que ses fibres, épanouis dans la rétine, sont des organes de transmission de cette sensation au cerveau, qui est juge et appréciateur de CCS impressions.

Cette faculté de percevoir et de discerner les couleurs et d'en apprécier l'harmonie n'est pas développée au même degré chez tous les individus. Pour un œil bien conformé, il y a des conditions d'organisation spéciales qui permettent à un peintre de saisir avec ce sens exquis les plus faibles nuances des couleurs. Mais il y a d'autres individus qui sont loin d'avoir ce degré de sensibilité.

Tel homme qui a une vue excellente, sous tous les rapports, ne sait pas discerner des nuances délicates entre les différents tons d'une même couleur; tel autre reconnaît bien les couleurs principales, mais il a beaucoup de peine à distinguer les nuances secondaires : verte, jaune, bleu, etc. , soit le soir, soit à la lumière du jour; tel autre, enfin, n'a aucune notion d'une ou de plusieurs cm-

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leurs principales du speclre. Ces iniperfeclions du sens chromatique peuvem niLMiic être portées à un tel degré que les individus n'auront aucune notion des couleurs, et ne verront par conséquent que du noir et du blanc.

Celte gradation dans la perceptivité des couleur's ne nous empêche pas cependant de faire la distinction entre les yeux normaux, plus ou moins bien conformés, et ceux dont le sens chromatique est complètement perverti et altéré.

Depuis Huddart(l), et surtout depuis l'époque où Dalton (2) a communiqué ses propres impressions sur la cécité des couleurs dont il fut atteint, l'attention des physiologistes se porta sur ce sujet.

Les observations abondent dans la science sur la cécité des couleurs ou dysclnomatopsie congénitale. Herschell, Wilson , Brevvster, Thomas Young, en Angleterre ; Gœlhe, Seebeck, Kelland, Dove, en Allemagne ; Cunier, Szokalski, Sous et Gonbert, en France, se sont occupés, à diverses époques, de recherches sur celle anomalie, et ont rapporté des faits intéressants.

Toutes ces investigations n'ont porté cependant que sur les anomalies congénitales; quant aux faits pathologiques, ils n'ont été signalés d'abord qu'exceptionnellement par Benedikt, Schelske et moi. Ce n'est que plus tard, en 1867 (3), que j'ai démontré combien étaient fréquents les troubles chromatiques dans les altérations du nerf optique et de la réline.

La nécessité de ces sortes de recherches ne peut être aujourd'hui mise en doute. On comprend qu'une rétine malade ne peut pas distinguer aussi nettement les couleurs avec ses nuances que lorsqu'elle est saine et n'a subi aucune altération dans sa structure.

Ce que nous disons de la réline se rapporte aussi au nerf optique, qui transmet les impressions lumineuses et colorées au cerveau.

En comparant les altérations nombreuses des membranes internes de l'œil, et en étudiant dans chacune d'elles le degré de conservation ou de perversion de la faculté chromatique, nous sommes arrivé h tirer des conclusions pratiques qui peuvent être utilisées dans le diagnostic des maladies internes de l'œil.

Échelle de couleurs de (^auteur. — Pour ces recherches, nous avons établi deux échelles chromatiques différentes, l'une portative, composée de feuillets de diverses couleurs simples et composées, qui correspondent aux couleurs principales du spectre, et Tautre plus complète, conq)osée de onze gammes chromatiques, correspondant aux couleurs principales acceptées par Chevreul pour la construction de ses cercles et de ses gammes de couleurs. Ces gammes ou colonnes se suivent dans l'ordre des couleurs du spectre solaire : rouge, rouge orangé, orangé, orangé jaune, jaune, jaune vert, vert, vert bleu, bleu, indigo, bleu violet et violet. Chaque couleur est subdivisée en quatre tons, pris à égale distance dans les gammes de Chevreul, qui sont : 15", 10°, 5* et 1" tons. Cette disposition permet de juger non-seulement de chaque couleur séparément, mais

(1) Huddart, Tr anso cf. philos . de Lo7idres, 1777.

(2) Dalton, Mémoires uf fhe Literary and Philosophkal Society of Manchester, 1'" série, vol. V, p. 28. Manchester, 1798.

(3) Galezowski, Sur In choroïdiie syphylitiqne et sur F nchromntopsio patho/oy >,/>!<■ (Compte rendu du Congrès d'ophthalmoloyie, p. 168. Paris, 1868).

iU) Chevreul, Des couleurs et de leurs applications aux arts industriels. Pans, 186a.

MALADIES DU NLHF OPTfQUK.

il y a en même temps la possibilité d'apprécier chez les malades le phénomène et les lois de contraste simultané des couleurs (1).

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