CONGESTIONS DE LA PAPILLE
La coloration de la papille du nerf optique est extrêmement variée, suivant les individus et suivant l'âge. Ces variétés sont tellement nombreuses qu'il faut examiner des milliers d'yeux normaux pour parvenir à distinguer toutes les dilîérences qui existent dans l'état normal.
Les congestions ou hypérémies de la papille ne sont pas aussi fréquentes qu'on l'a cru jusqu'à ce jour; elles ne sont que très-rarement, nous dirons même exceptionnellement, idiopalhiques. Le plus souvent, elles sont sympioraatiques d'autres affections de l'œil, du cerveau ou de l'organisme tout entier. '
A. Hypérémie VEINEUSE. — Les hypérémies veineuses peuvent se rencontrer dans les deux yeux à la fois et à un degré plus ou moins égal, principalement quand elles sont occasionnées par les affections du cœur, telles que l'insuffisance des valvules aortiques. Dans d'autres cas, elles ne s'observent que dans un seul œil et à un degré moins prononcé.
Ces hypérémies n'ont aucune influence sur la vision, tout au plus occasionnent-elles des éblouissements et des troubles de la vue momentanés et |)assagers.
B. Hypérémie capillaire du nerf optique. — Diagnostiquer une congestion capillaire pathologique n'est pas toujours facile ; il n'est pas facile non i)lus de distinguer si la coloration de la papille est normale, ou si la leinlc rouge dépend d'un état morbide. Dans ce cas, les différences sont si vagues qu'il est souvent inipossible de les saisir : la vascularisation de la papille, en effet, chez tel sujet, sera physiologique; chez tel autre, elle sera occasionnée par un état pathologique. Ce n'est qu'en étudiant les autres symptômes physiologiques et en comparant l'éiat des deux papilles qu'on pourra reconnaître la congestion morbide.
A l'état normal, les deux papilles sont injectées au même degré; c'est pourquoi la moindre différence entre les deux yeux nous permettra de diagnostiquer l'affection. On reconnaît, en outre, qu'une partie de la circonférence de la papille est masquée par ses vaisseaux et par un léger trouble qui se produit en même temps dans la substance nerveuse. Souvent on ne remarque pas de vaisseaux congestionnés, mais on trouve une teinte rouge exagérée sur un côté de la jiapille presque toujours interne. C'est aussi l'injection des vaisseaux capillaires qui en est la cause.
Cette rougeur est quelquefois si bien limitée qu'on peut la prendre pour une ecchymose. On reconnaîtra facilement, selon moi, cette congestion, en comprimant légèrement le globe de l'œil avec le doigt pendant qu'on examine la papille; la taclie étant constituée par un lacet des vaisseaux capillaires, s'effacera sous l'influence