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CONGESTIONS DE LA PAPILLE

de la pression ; elle restera sans changement lorsqu'elle est due à une hémorrhagie.

Dans une hypérémie légère, la teinte blanche du nerf apparaît dans les intervalles des vaisseaux centraux qui conservent très-souvent leur volume normal.

Dans cette forme d'hypérémie, il est presque impossible de distinguer les artères des veines : elles ont le plus souvent la même couleur et le même volume. Les apoplexies peuvent se produire ici en plus ou moins grande quantité.

Jusqu'à ce jour, on avait pensé que la photophobie était un signe caractéristique de la congestion; telle n'est pas notre opinion; on peut la constater quelquefois, mais le plus souvent elle fait défaut. Jaeger considère pourtant ce symptôme comme constant, et il engage même à ne faire l'examen ophthalmoscopique qu'avec des miroirs faibles, de peur d'augmenter la photophobie. Nous pensons que la photophobie ne doit pas être considérée comme un symptôme de la congestion rétinienne, mais plutôt comme l'expression d'une hypereslliésie de la rétine ou du système nerveux ciliaire. Beaucoup de malades atteints de congestions de la papille la plus prononcée nous ont affirmé qu'ils supportaient plus facilement la lumière du soleil qu'ils n'auraient pu le faire avant la maladie. Évidemment, il y avait là une sorte de dépression fonctionnelle, à la suite de laquelle la transmission de la lumière au cerveau se faisait plus difficilement.

L'acuité de la vision n'est pas sensiblement diminuée lorsque l'hypérénn'e est légère ; mais à un degré plus prononcé, principalement quand elle est due à une affection cérébrale, elle peut être sensiblement affaiblie.

Étioiogic. — La nature des congestions capillaires du nerf optique est trèsvariée ; elle dépend aussi de causes nombreuses et différentes. Nous les examinerons en distinguant les causes locales ou oculaires des causes cérébrales.

Les hypérémies idiopathiques, celles qui sont provoquées par une irritation vive, directe de la rétine, par l'effet de la lumière, sont très-rares. C'est aussi l'opinion de Pilz (1), de Prague. Elles se rencontrent ordinairement chez les chauffeurs, les mécaniciens des chemins de fer, etc.

Les congestions de la papille symptomatiques des maladies des membranes internes de l'œil, telles que les apoplexies plus ou moins étendues de la macula, les décollements rétiniens, les choroïdites atrophiques disséminées, etc., s'observent au contraire fréquemment.

Les hypérémies capillaires de la papille ne doivent, par conséquent, être considérées que comme des symptômes d'autres altérations, et nous ne saurions trop insister sur la nécessité qu'il y a d'explorer soigneusement la choroïde dans toute son étendue.

Les maladies cérébrales, et notamment les congestions du cerveau, donnent souvent lieu à des congestions du nerf optique. Et, comme les causes prédisposantes ou efficientes des congestions cérébrales sont, selon Andral, Galmeil (2), Lasègue, Aug. Voisin (3), l'abus des boissons alcooliques, la suppression d'une liemorrhagie constitutionnelle, l'anévrysme du ventricule gauche, l'hyperlrophic (lu cœur, les émotions morales, etc., il faut admettre que ces mêmes causes pcu-

m r^'f' '^.^^''"^"^^^ Augen/ieilkunde, 1859, p. 570.

)i\ .^''"^''<'' maladies inflammatoires du cerveau. Paris, 1859

[6) Aug. Voisin, Ihion médicale, k août 1868.

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veut èUe occasionnelles de l'hypérémie piipillaire. Chez deux feinines alleiii d'hypérémie prononcée des papilles, nous avons pu constater l'influence non douteuse de chagrins très-vifs. « Chez quelques femmes, dit Andral, elles se montrent (les hypérémies cérébrales) d'une manière régulière au retour de chaque époque menstruelle (1). » Nous avons observé quelquefois la même périodicité dans l'apparition des congestions de la papille; entre autres, chez une malade du docteur Hérard, à Lariboisière, qui présentait une injection capillaire de la rétine et de la papille consécutive à la maladie du cœur.

Traitement. — Le traitement doit être institué en rapport avec la cause de la maladie; mais, comme le travail expose à des fatigues et à des congestions continuelles, il faut, avant tout, interdire aux malades toute application des yeux. On leur recommandera, en outre, d'éviter toute espèce d'émotions morales. Ils seront sobres dans leur régime et leurs boissons, éviteront de s'exposer à l'action d'une température élevée, qui pourrait occasionner de la congestion à la tête; les pieds seront, au contraire, tenus le plus chaudement possible. De temps en temps, on ordonnera des bains de pieds à la moutarde ou aux acides. Si ces moyens ne réussissent pas, on appliquera des sangsues, soit aux apophyses mastoïdiennes, soit à l'anus; des ventouses sèches ou scarifiées dans le dos une ou deux fois par semaine; les purgatifs pourront en même temps être prescrits avec avantage. Les compresses d'eau froide sur les yeux, pendant une à deux heures, renouvelées plusieurs fois dans la journée, sont employées avec beaucoup de succès.

Bibliographie. — Stellwag von Carion, Die Ophtlialmologie, Bd. II, Abth. 1, 1856, S. 556. — Wliarton-Jones, Traité des maladies des yeux. Paris, 1862, p. 268.— Galezowski,

Sur les altérations du 7ierf optique et sur les maladies cérébrales. Thèses de Paris, 1865. •

Macnamara, A manual ofthe diseases of the eye. London, 1868, p. 416. |

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