‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 167 sur 255 · ONZIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

ONZIÈME PARTIE

itnatoniic. — La rétine est une membrane nerveuse, transparente, très-ténue, et qui, par sa structure, se rapproche beaucoup, d'après Ch. Robin, de la structure di cerveau.

Le nerf optique, en arrivant dans l'intérieur du globe oculaire, s'étale à la surface interne de celte membrane pour y constituer la couche interne qui regarde le corps vitré. A cette couche s'ajoutent successivement une série de couches superposées, Irès-intimement adhérentes les unes aux autres, et dont la partie la plus externe est la couche des bâtonnets et des cônes.

L'épaisseur de la rétine n'est pas partout uniforme : de O^^jS au pourtour de la papille, elle s'amincit progressivement vers l'om serrata. Dans la partie centrale et postérieure qui correspond à l'axe optique, elle ne mesure pas plus de 0™™,1.

A. Structure. — Les deux couches principales de la rétine sont celles des bâtonnets et d'épanouissement des fibres nerveuses; l'une est placée à la surface externe,

FiG. 270. — Coupe de la rétine, d'après KOllilier (*).

FiG. 271. — Coupe des élément?

de la rétine de l'homme (**).

et l'autre à la limite interne de cette membrane. Entre Tune et l'autre se trouvent diverses autres couches qui se succèdent d'une manière assez régulière. Ce sont : la

(*) i, couche (les hninniicls ot coiies irtvcmx ; 2, cmu-lies grannliMises .1.; oi-lluk-s ; 3, 5, onurlips inlciWfliairoa grises; 6, grosses eelluies nerveuses; 7, 8, 9, niiimenls dn nerf opliqne.— Grossissement : lois.

(**) 1, a, renllemont du eoiie; h, prolongement nntéi ieiir ; tl, eollule nerveuse; c, fibres de Millier. — 2, <i lef Mtonncts ; c, llhres de Millier;//, couelio dos granulntions. - 3, «, une cellule se divisant en bh, et porl«ni bâtonnets dont un seul r est indiqué.

ANATOMIE

ouche granuleuse externe (fig. 270, 2), couche intermédiaire (3), granuleuse inirne (4), moléculaire (5) et ganglionnaire (6).

< , La couche des bâtonnets et des cônes, appelée aussi membrane de Jacob,, constile la partie la plus externe de la rétine. Elle se compose de deux éléments princianx, les bâtonnets et les cônes.

a. Les bâtonnets ont la forme de prismes polyédriques longs, occupant toute l'éaisseur de la membrane de Jacob (fig. 271 , 2, a). A l'extrémité, chaque bâtonnet orte un noyau sphérique, auquel il adhère intimement ; de son bout interne on voit uelquefois émaner, d'après Rilter, un fdet à peine perceptible qui est en commuication avec un grain de la couche granuleuse. On suppose même que ce filet ténu averse le bâtonnet dans la direction de l'axe, et communique avec sa base qui )rme une sorte d'élargissement en massue.

II. Les cônes se composent de deux articles ou plutôt de deux cônes, dont les bases n sont fondues ensemble (fig. 271 , 1 , rt, c). On y remarque, pour cette raison, une artie médiane un peu élargie, et deux parties effilées et coniques, dont l'une se porte ers la surface externe et l'autre du côlé interne. Le sommet de cette dernière porlon communique avec un noyau très-fin. 11 se trouve sur le trajet du filet nerveux, [Lii à son tour traverse le centre du cône dans toute sa longueur.

Fig. 272. — Coupe de la rétine, d'après Virchow (*).

La distribution de ces deux éléments varie dans les différentes régions de cette membrane, et tandis que dans la macula il n'existe que des cônes leur nombre diminue progressivement à mesure qu'on se rapproche de l'om serrata ; au contraire les bâtonnets n existant point dans la macula, ils deviennent de plus en plus nombreux a mesure qu'on s'éloigne de celte dernière. Vers Textrême périphérie au voismage du cercle ciliaire, les bâtonnets et les cônes disparaissent totalement avec les s'y retron'ïlm^ nerveux, et il n'y a que les couches cellulaires ou connectives qui

2. La couche granuleuse externe ou des noyaux se compose de deux sortes de

nvSi;œ';ir:o;:£;!:s<Ï:;ti?t^^^ par IVidcchromique; „,omhr«no limi.an.o

.erisr, finement 'Mnnuléo tn.v .s^n . ,. l n ''^V!'"''^ "orl opUqun ; eonclio des gani^lions ; n, , -ouche intergranul.ire; /c' c'o,?ehe nan '^^^^^^^^ mlmircs ; A-, oonchc gmnnl.n.so intérieure ("nt^rienrô, ro.u-l.e

sèment : 300 diamè n-s l? r - ' m ''"■A'"''"""''-'); S ««'urce de.s b,Monne,s et eùnrs. - < rossis-

uiametus. — n, d i.pre.s II. Mnller, libres radiaires isolées.

noyaux, ceux des cônes et ceux des bâtonnets. Pour le professeur Robin « que des myélocyles séparées par de la sulMance arnorpL I p ne '

3. Couche intermédiaire (/). — Elle est formép ,1^ m. hLJ u nombreuses fibrilles flexueuses. """'P^'' ""^^«'•«^^ de .

4. La couche granuleuse interne renferme de petites cellules anculensP. nm,.

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FiG. 273. — Cellules nerveuses. Fig. 274 — Noyaux de la rétine (*).

à contours bien précis. Ces cellules s'anastomosent entre elles, et fournissent en outre t'L des prolongements, ou cylinder axis, vers la couche précédente, ainsi que du cà\éjd« de la couche des fibres optiques. ÊÊÊ 7. La couche des fibres nerveuses est constituée par l'épanouissement du nerf^jj optique. Elle est partout très-vasculaire ; son épaisseur varie selon les différentes s dlj régions de la rétine. Près de la papille du nerf optique, elle est très-épaisse et me- • sure jusqu'à 0"'°,2 ; au voisinage de la macula^ elle disparaît presque complètement. A mesure qu'on se rapproehe de l'ora serrata, on la voit diminuer et disparaître complètement.

Les sept couches nerveuses constituent la partie principale de la rétine. D'après Schultze, la rétine est limitée à sa surface externe et interne par deux membranes s limitantes, Tune externe et l'autre interne. Elles sont reliées entre elles par système de fibres rayonnèes dont la découverte appartient à H. MùUer (1), et qiff sont appelées aussi fibres de Mûller (fig. 271 , 2, e).

B. Tache jaune et fosse centrale. — Le centre de la rétine, qui correspond à l'extrémité postérieure de l'axe optique, est occupé par la tache jaune [macula lutea)^ au milieu de laquelle on constate une forte dépression appelée fosse centrale.

La tache jaune présente une forme ovale, dont le grand diamètre est horizontal ei mesure 2 millimètres. Ici toutes les couches de la rétine ont subi des modifications ; la principale est certainement celle de la membrane de Jacob, qui ne se compose ici que de cônes. Les granulations des cônes et les fibrilles des cônes y sont conservées, tandis que les couches interniédiaires, granuleuse interne, moléculaire, ganglionnaire,

(1) H. Millier, Observations sur la structure de la rétine (Comptes rendus de l'Académie des sciences, Paris, 1856, p. 743).

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{*) a, 6, noyaux de la rétine, sans ôti avec «tries transtersaleg.

ANATOMIE

t des fibres nerveuses, s'effacent presque complètement, comme on peut s'en conaincre par la figure 275, empruntée au docteur Schultze.

Il importe de connaître exactement la disposition des libres dans la région de la macula \itea. 11 en est qui arrivent droit à la tache jaune, et se perdent insensiblement à sa •ériphérie; les autres la contournent en décrivant une courbe.

FiG. 275. — Coupe de la fosse centrale, d'après Schultze (*),

. Quant au foramen centrale de la rétine, dont parle Sœmmering, il est démontré aulourd'hui qu'il n'existe point sur les yeux très-frais, et n'est par conséquent que l'effet e la macération cadavérique. KoHiker a constaté l'intégrité parfaite de cette région m l'examinant sur les yeux des suppliciés. La même chose a été démontrée plus tard lar Coccius et Jœger sur les yeux des animaux.

G. Ora serrata de la rétine. — Les éléments nerveux de la rétine se raréfient le plus en plus, à mesure qu'on se rapproche de la partie équatoriale de l'œil. Toute a membrane s'amincit très-sensiblement, perd successivement tous ses éléments et l est plus représentée que par son tissu connectif. C'est cette partie de la rétine, qui Ta du reste que des limites de convention, qui est généralement appelée ora serrata / ' la rétine.

La membrane nerveuse visuelle se termine en avant d'une manière insensible, en ;e soudant avec la membrane hyaloïdienne. Dans la région ciliaire, la rétine n'est )lus rétine; elle n'existe plus comme membrane nerveuse, mais elle constitue là avec a hyaloïde un tissu q\ii peut faciliter l'endosmose et l'exosmose, et entretenir ainsi a nutrition et reproduction du corps vitré.

Vaisseaux de la rétine (fig. 276). — L'artère centrale de la rétine est la source principale de la nutrition de celte membrane. Après avoir franchi le trou optique de a sclérotique, elle se divise à la surface de la papille en deux branches, une supéieure, l'autre inférieure. Ces branches se divisent dichotomiquement, et forment sur oute l'étendue de la rétine une arborisation que nous voyons si bien à l'ophthalmo- ' ope. Les veines suivent partout les artères et aboutissent aussi à la veine centrale ^iir la papille.

Dans la région de la macula, les vaisseaux n'arrivent pas à son centre, mais ils lisparaissent insensiblement â une certaine distance d'elle.

Au pourtour de la papille, on trouve quelques ramuscules vasculaires de la gaîne lu nerf optique, qui se rendent plus spécialement vers la région de la macula.

■ ^fiLVf!T«"nL'i!'')f'"^"*[^'.'''*"*^''^ des cônes; 3, membrane limitante externe; 4, granulations des cônes; -u,dionnflirp. 40 L„ l°A Vl^e^'nédiaire ; 7, couche granuleuse interne; 8, «onche moléculaire; 9, couche ""ttiionnaire; 10, couches des fibres nerveuses optiques.

Les lymphatiques et les nervi nervorum n'ont pns été encore découverts dans la rétine, mais il n'y a pas de doute qu'ils y existent.

FlG. 276. — Vaisseaux capillaires isolés de In rétine d'un enfant d'un an (Ch. Robin).

wnmw.

Cll.f;o^t P,

CH ..tOl...u,

FiG. 277. — Coupe longitudinale de la tunique externe (*).

FlG. 278. — Coupe transversale de la luniqii» externe, fibres élastiques {**). I

La structure intime des artères de la rétine ne diffère pas beaucoup de celles du i cerveau. Leurs parois sont constituées par trois tuniques superposées : i

1° Tunique interne, recouverte d'une couche épithéliale ; '

2" Tunique moyenne, formée de fibres musculaires de la vie organique disposées*^ circulairement en anneaux. C'est dans cette même couche musculaire que le docteur ' Gimbert (1) a trouvé aussi des fibres longitudinales, qui jusqu'à lui avaient été mé- • connues (fig. 277 et 278);

(1) Gimbert, De In strudtir^ et de ht texture des artères, thèse de Paris, 18(55.

(*) r.lln a Olé Irnilrc |mr l'acule noétique, ol il(Miiniili'o la ilii'pctioii Iniigitildinale des libres élnstiqnes; on vnil '| leurs iinnstomnses d'avunt on nrrii'rc. — Ornssisspinoiit : 500 dinnic'trcs. (Giinliert.)

(**) r,c plus grand nnuibro dos fîbros olasliiinos est conpo en U-avcrs ; les intervalles qui existent eulie j élonionts, grnnpés en faisoeanx, sont oombli's par de la snbstanoe amoiplie cl des libres Uniinenses ponlloes p«i ' l'acide acétique. — Grossissement : 500 diamètres. (Piimbert.)

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