‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 168 sur 255 · PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE

3° La tunique extérieure ou adventice se compose de tissu conjonctif très-ténu.

4° La <^àîue lymplialique est mince, transparente, enkystée et incrustée de distance en distance de rares noyaux. Cette gaîne a clé découverte par Ch. Robin (1) dans les petites artériolesdu cerveau, de la moelle et dans la rétme. Les capillaires vrais en sont complètement dépourvus. La surface extérieure de cette enveloppe confine à la substance nerveuse, pendant que leur surface intérieure est recouverte, d'après His et Basthian, d'un épithélium.

Physiologie. — 1 ° Perception de la lumière et des couleurs. — La rétine est la seule membrane qui peut recevoir les impulsions lumineuses provenant des ondulations de réther. Parmi tous les éléments qui entrent dans la composition de cette membrane^ il n'y a que les bâtonnets et les cônes qui remplissent celle fonction. Pour s'en convaincre, il suffit de se rappeler les expériences de Listing et de Purkinje, qui nous permettent de voir les vaisseaux de noire propre réline. Or, ces vaisseaux occupent la couche la plus interne de la membrane nerveuse, et pour être vue par la partie visuelle de la rétine, il faut qu'ils se trouvent au devant d'elle : c'est ce qui est en réalité.

Lislint^ fait arriver sur un point quelconque de la sclérotique et à l'angle externe un faisceau lumineux, concentré au moyen d'une loupe. L'œil tourne pendant ce temps fortement en dedans, porte son regard vers un champ sombre ou noir. 11 ne se passe pas ordinairement quelques instants, sans qu'il aperçoive sur ce fond noir un réseau vasculaire composé des vaisseaux grisâtres au milieu d'un fond un peu plus clair. Le même phénomène peut être facilement reproduit d'après la méthode de Purkinje, en faisant regarder un fond noir pendant qu'on remue assez rapidement une flamme de bougie tout près de l'œil. Ces vaisseaux forment ordinairement un arbre vasculaire, que l'on appelle arbre vasculaire de Purkinje (fig. 279).

FiG. 279. — Arbre vasculaire de Purkinje (*)."^

Nous avons vu que la inacuïa est complètement privée des bâtonnets et ne coulienl que des cônes. Ces mêmes éléments prédominent d'une manière très-notable au p(îurtour de la macula; mais, à mesure qu'on se rapproche vers Vora serrata^ le nombre des cônes diminue, pour être remplacé par des bâionnets.

Nous pensons que les bâtonnets sont des organes de perception lumineuse exclusive, tandis que les cônes sont des organes deslinés à percevoir les couleurs Voici, en effet, quelle est noire manière de voir à ce sujet.

Théorie de l'auteur. — Nous savons que les ondes lumineuses blanches et les ondes colorées ne diffèrent que par leur vitesse de vibration, ainsi que par leur degré de

(1) Robin, Journal de la physiologie, etc., 1859, t. il, pl. 6, lig. 3.

(') «, b, vui38eaux; c, uerf optique; d, tache jauiiu.

réfrangibilité. Un oi-gane qui serait capable d'être ébranlé par des ondes vibrantes avec des vitesses différentes, et qui serait en môme temps en état de saisir le dp^ré de réfrangibihté, pourrait donner une idée plus ou moins exacte des couleurs Cette double faculté, selon nous, se trouve concentrée dans un des éléments de la couche la plus externe de la réline, et notamment dans les cônes.

Voici de quelle façon ce mécanisme optique se produit :

Représentons-nous la section d'un cône par la figure 280, A, et la base de même cône par la figure li.

FiG. 280. — Phénomènes de dispersion dans les cônes de la rétine.

Le faisceau lumineux s qui frappe la surface du cône près du sommet doit nécessairement, en traversant ce cône, se dévier et se décomposer selon les lois des réfractions, pour produire à la base des cercles concentriques du spectre solaire, d^ sorte qu'on aura à la base B des cercles rouge a, orangé h, jaune c, vert A, bleu e, indigo f, violet g. Les sept cercles concentriques de la base resteront ainsi toujours et constamment sensibles et impressionnables pour ces sept couleurs; de sorte que si une seule lumière arrive, par exemple la lumière bleue, elle ne pourra impressionner que la partie bleue e de la base, les autres restant sans excitation, mueltes. En supposant maintenant que la lumière blanche arrive sur le cône, elle se décomposera à la base; - mais comme à la fois les sept parties seront impressionnées, il y aura la production de la couleur blanche. Il est vrai que la base du cône n'est pas pianoconvexe dans notre figure, mais les cercles concentriques pourront se disposer de la façon analogue à la surface de la seconde moitié du cône, et produire le même phénomène.

Ainsi toute couleur simple, primitive, du spectre solaire, traversera le cône sans se décomposer, et ira ensuite impressionner une partie de la base qui correspond à la nature de couleur. La direction de celte déviation sera définie par le degré de réfraction que possède chaque couleur, et pendant que le rouge passera jusqu'à la base presque sans être dévié, les rayons violets subiront l'angle de déviation la plus considérable. Une couleur composée se décomposera dans le cône, pour produire simultanément à la base deux ou trois impressions que le cerveau ensuite transformera en une impression mixte.

Cette théorie nous paraît plus exacte que la suivante, émise par Young.

Hypothèse de Th. Young. — Au commencement de ce siècle, Th. Young a admis l'existence, dans l'œil, de trois sortes de fibres nerveuses, dont chacune était chargée spécialement de percevoir et de conduire au cerveau trois difl'érentes sensations colorées : le rouge, le vert et le violet.

La lumière objective homogène excite les trois espèces de fibres nerveuses avec une intensité qui varie avec la longueur d'onde. Celle qui possède la plus grande longueur d'onde excite le plus fortement les fibres sensibles au rouge, celle de longueur

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