ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA RÉTINE ET DE LA FOSSE CENTRALE
A. RÉTINE. — La rétine est complètement transparente à l'état normal, et à à l'éclairage ophthalmoscopique elle reste habituellement invisible. Mais lorsque \m fond de l'œil est fortement pigmenté, et que l'éclairage ophthalmoscopique est« relativement faible, on voit une certaine partie de^la lumière se réfléchir de lahj surface antérieure de la rétine. Elle apparaît, dans ces cas, comme une membrauei*^ blanc grisâtre, légèrement opaline, surtout au voisinage de la papille, où ceite^ membrane possède une épaisseur relativement plus grande qu'ailleurs. Cettei<< opacité physiologique de la rétine s'observe surtout chez les sujets jeunes, chez'l les enfants bruns, dont la choroïde est riche en pigment. On doit connaître ce:!.' phénomène pour ne pas le confondre avec les infiltrations pathologiques péripa^' pillaires qu'on rencontre dans les affections cérébrales. '
Un autre phénomène physiologique s'observe quelquefois dans la rétine, et quiî« provient aussi du reflet de lumière : je veux parler de reflet blanchâtre périvascu- • laire, apparaissant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre des vaisseaux, et qui peut" | faire penser à l'existence d'une exsudation périvasculaire. Il est facile pourtant de < I reconnaître la nature de ces stries blanchâtres; en faisant, en efl'et, des meuve- i ments légers latéraux avec le miroir, on s'aperçoit que ces stries blanchàtref^ i
(1) Delgado lugo, Atlas d'oftalmoscopia. Madrid, 1870, p. 20. j
changent de position en passant d'un bord à l'autre du vaisseau. Cela n'aurait pas lieu si la tache périvasculaire était due à une exsudation.
Les vaisseaux de la rétine ne sont pas très-nombreux ni très-serrés; on les voit se bifurquer dichotomiquement, devenir de plus en plus menus, à mesure qu'ils se rapprochent de Vora serrata, et s'y perdre ensuite en capillaires. Très-souvent l'arbre vasculaire est la seule et unique partie de la rétine que nous voyons, et tant que ces derniers ne sont pas masqués ni interrompus, nous concluons que la réline elle-même est saine.
B. Fosse centrale. — Cette région de la rétine se confond assez souvent avec le reste du fond de l'œil, et l'examen le plus minutieux n'y laisse voir aucune particularité.
Mais, dans d'autres cas, la macula se reconnaît par la teinte plus foncée de la choroïde, et qui forme une tache arrondie un peu plus large que la papille. C'est en fixant le centre même de cette zone foncée qu'on y découvre une tache rouge, grosse comme une tête d'épingle, pouvant même simuler une hémorrhagie. Quelquefois, au milieu de cette tache rouge, on constate un petit point blanc très-fin.
Il y a encore une troisième forme de la tache jaune, que nous avons fait figurer dans la fig. 1, pl. I, de notre Atlas opht/ialmoscopique. C'est une sorte d'ovale, placé horizontalement, dont les contours sont blanchâtres, et au centre duquel on voit aussi un point rouge. Le cercle blanchâtre qui entoure cette région n'est constitué que par une sorte de reflet se faisant au niveau du rebord de la macula s'élevant à pente rapide au-dessus de la fossette centrale elle-même. On rencontre cette forme de la fossette centrale, surtout chez les enfants blonds, chez lesquels le fond de l'œil n'est pas très-pigmenté.
Dans les yeux des albinos, la macula n'est point distincte. Chez les nègres, elle paraît presque complètement noire au miheu du fond gris brun de l'œil.
Dans le jugement qu'on veut porter sur l'état de la macula, on ne doit jamais se contenter de l'examen d'un seul œil;, mais on doit comparer l'aspect de l'une à celui de l'autre. Ce n'est souvent que dans l'examen comparatif de deux yeux qu'on trouve l'explication et la signification des signes ophthalmoscopiques.
Bibliographie. — Coccius, Ueber die Anwendwig des Augenspiegels. Leipzig, 1853 p. 46 à 60. — Schirmer, Ueber das ophtkalmoscopische Bild der Macida lutea {Archiv /.' Ophthalmologie, 1864, Bd. X, Abth. 1, p. 148). — Perrin, Traité pratique d'ophthalmoscopie. Paris, 1870, p. 139.