TROUBLES D'ACCOMMODATION
ARTICLE PREiUIER.
PRESBYTIE.
Deux conditions sont indispensables pour l'accomplissement régulier de l'acte d'accommodation, la contraction du muscle ciliaire et l'élasticité du cristallin. A une époque avancée de la vie, une de ces conditions tend de plus en plus à faire défaut; le cristallin, en effet, devient plus ferme, plus consistant et moins élastique (jue dans la jeunesse, ce qui fait que le point le plus rapproché de la vision dislincle ;j s'éloigne de plus en plus de l'œil, pendant que le point le plus éloigné r continue à rester à la même distance. L'œil voit toujours distinctement au loin, mais il y a une diminution de la force visuelle pour les objets rapprochés, et cet état porte le nom de presbyopie ou presbytie. Ce n'est donc pas, comme on disait dans le temps, une variété de réfraction opposée à la myopie, mais un affaiblissement progressif de la faculté d'acconunodalion.
Syinptomatoiogie. — 1. L'œil à l'extérieur ne présente que très-peu de chantj;ement,tout au plus si la chambre antérieure diminue de profondeur et si la pupille se rétrécit. Le cristallin subit des modifications sensibles; il se densific progressivement du centre à la périphérie, sans perdre de sa transparence; chez certains individus il jaunit très-manifestement, ce qui fait que la pupille prend souvent Line teinte verdâtre; quelquefois même les différents segments du cristallin se réparent par des lignes à peine ombré.es et (|ui ont été bien souvent confondues ivec les cataractes.
2. C'est ainsi que le presbyte éloigne d'abord le livre de 25 à 30 centimètres, )uis il le tient volontiers plus loin, et ainsi de suite; enfin, il arrive h ne plus pou- ,oir lire les caractères ordinaires de l'imprimerre qu'à 60 ou 75 centimètres. Tout ravail devient alors impossible, si ce n'est que lorsqu'il se sera servi des lunettes :onvexes convenables.
3. La vision au loin se conserve ordinairement dans son intégrité parfaite, et le naïade voit très-nettement les objets qui se trouvent même à de très-grandes disances. Donders parle aussi de la diminution de réfraction avec l'âge avancé, à peu très vers soixante-dix ans. iMais ne serait-ce pas là le fait d'hypermétropie latente ?
/i. Les presbytes ont besoin d'avoir beaucoup de lumière pour voir bien à lire ; e demi-jour ne leur convient point. Une lumière éclatante est nécessaire surtout )our que l'objet soit mieux éclairé, que ses contours ressortent davantage, autre nent il y a une diffusion trop grande qui empêche de le bien distinguer. C'est )our celle même raison que les presbytes, en lisant le soir, placent la lampe entre e livre et leurs yeux.
0. La presbytie commence généralement ^vers l'âge de quarante -cinq ou quaante-huit ans ; au moins c'est à cette époque de la vie que les personnes qui passent
RÉFRACTION liT ACCOMMODATION.
leur temps î» lire, i\ écrire, ou à tout autre travail d'application, sont obligées de prendre dos lunettes convexes. Pourtant nous convenons, avec Donders, qu'on ne peut fixer à la presbytie que des limites artificielles, puisque la densilicaiion du crislallin, qui est la cause de presbytie, commence déjà dans la jeunesse, et le punctum proximum s'éloigne constamment; mais puisqu'il ne se fait sentir comme trouble visuel que vers l'âge de quarante-huit ans, nous avons le droit de rapporter le début de la presbytie à cette date.
6. La progression de la presbytie est proportionnée à l'âge, ce qui fait qu'où peut choisir des lunettes rien qu'en s'informant de l'âge du malade, bien entendu si l'œil est emmétrope.
7. La presbytie peut exister dans un œil hypermétTope, comme elle peut aussi s'observer dans certains degrés de myopie (myopie à distance); nous nous en occuperons dans les articles consacrés à ces anomalies.
8. Un des signes caractéristiques de la presbytie se trouve incontestablement, d'après Giraud-Teulon, dans cette amélioration sensible et soutenue qu'on obtient même avec des verres convexes faibles et bien au-dessous du degré nécessaire à la correction.
Traitement. — Dès le Commencement de la presbytie, l'usage des verres convexes pour le travail est indispensable; ils facilitent l'accommodation en ramenant le foyer sur la rétine. La figure 338 montre la manière dont la lentille L reporte
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FiG. 338. — Correction* de la presbytie par les verres convexes.
l'objet de P' Q' en P Q. Donders a raison de condamner l'ancien préjugé de relarder autant que possible l'usage des lunettes ; non-seulement cela ne peut conserver la vue, mais tout au contraire il y a à craindre des altérations intra-oculaires à la suite des elTorls que ferait l'œil pour voir les petits objets vaguement et avec beaucoup de difficulté. C'est à quarante-cinq ou quarante-huit ans que la presbytie débute, et c'est à cette époque qu'on prescrira les lunettes convexes, d'abord pour le travail du soir et puis pour le jour aussi.
Pour choisir les lunettes aux personnes presbytes, on devra se conformer aux indications suivantes : 1° s'assurer si l'œil n'est pas hypermétrope ou myope à distance; 2° s'informer de l'âge du malade; 3° voir à quelle distance le malade tient le livre pour lire; apprendre des informations sur le genre de travail pour lequel les lunettes sont nécessaires; 5° si le malade a déjà porté des lunettes, il faut exa-